Il y a quelques temps, je vous avais partagé ma méthode pour transformer votre appareil Android en moniteur PC. Très pratique. Voici une nouvel usage de son appareil Android : le transformer en PC, en adaptant son interface. Nous avons testé quelques solutions, et nous en avons retenu quatre.

Quelle est la différence entre un appareil Android et Windows 10 ? Finalement, d’un point ergonomique, assez peu de choses. Windows 10 a été conçu pour être utilisé avec une souris et un clavier, Android a été conçu pour des écrans tactiles. Le premier tente de faire évoluer son interface pour être utilisé plus facilement depuis un écran tactile. Le second accepte les souris et les claviers, mais son interface n’a pas été prévue pour un usage PC.  

Evidemment, il manque quelques éléments d’interfaces à Android : une barre de tâches (taskbar) pour afficher l’ensemble des fenêtres et programmes ouverts, du multi-fenêtres redimensionnables, le double clic de la souris ou encore le clic droit. Certaines applications doivent également être repensées, les menus conçus pour le tactile ne sont toujours pas simples à utiliser à la souris. Heureusement, il existe des alternatives et des solutions pour adapter Android à un usage PC. Voici les solutions que nous avons testé.

 

Pour quels usages ?

Effectivement, avant de se lancer : autant savoir pourquoi se lancer. Android n’a pas encore été conçu pour être utilisé comme un PC. Dans certains cas, cela peut néanmoins être pratique. Vous pouvez vous servir de votre smartphone comme PC d’appoint, en déplacement ou pour remplacer votre ordinateur portable. Vous pouvez également utiliser votre smartphone pour de simples tâches de bureautique, comme de la consultation de pages Web ou du traitement de texte. Nos smartphones sont désormais suffisamment puissants pour réaliser des tâches avancées, d’ailleurs le Snapdragon 835 sera capable de faire tourner Windows 10. Vous pouvez également utiliser des anciens smartphones mais également des tablettes Android en les transformant en véritables machines de bureau.

 

Chez les autres

Avant de vous présenter les solutions Android, place à une mini bibliographie. Transformer son smartphone en PC, ou son PC en smartphone, ce n’est pas nouveau : Motorola avait déjà conçu l’Atrix avec son Lapdock.

Plus récemment, Windows de son côté a mis en avant un mode pré-intégré : le mode Continuum permet d’utiliser son Windows 10 Mobile comme un PC. Canonical, également, pousse les développeurs à proposer des applications unifiées, capables de tourner aussi bien sur smartphone que sur PC avec les mêmes fonctionnalités. 

Pendant le CES, nous avons découvert le Mirabook. Les Français de l’entreprise Miraxess ont présenté au CES le Mirabook, un dock ressemblant à s’y méprendre à un ordinateur portable avec son écran Full HD de 13,3 pouces. Mais dans les faits, le Mirabook n’intègre aucune intelligence. Il suffit en fait de brancher son smartphone grâce au port USB Type-C pour déporter l’affichage (et donc la puissance) du smartphone vers le Mirabook.

Lien Youtube
Chaine Youtube FrAndroid

 

Andromium OS

C’est la solution la plus simple et efficace, mais… elle est loin d’être finalisée pour le moment. Pour le coup, quand vous la lancez actuellement sur votre smartphone, il ne faut pas manquer de puissance et de mémoire vive. C’est une application qui demande beaucoup de ressources. Ce projet est né en 2014 après une campagne de financement participative ratée, il s’agit d’un launcher assez spécial. La partie la plus intéressante de cette solution est sa capacité à s’installer sur n’importe quel appareil, sans avoir à bidouiller son système. Elle ne nécessite aucun accès root, et s’exécute sans broncher. 

L’équipe derrière ce projet a réalisé un travail remarquable, avec la conception d’apps sur-mesure. Malheureusement, les applications Android traditionnelles ne sont pas encapsulées dans des fenêtres ce qui limite l’intérêt de ce système. Nous pouvons néanmoins souligner la présence d’un navigateur dédié, d’un explorateur de fichiers et même d’un jeu démineur. Ces fenêtres peuvent être minimisées et déplacées, comme sur un PC. Enfin, quelques réglages sont accessibles en bas à droite de l’écran, comme l’autonomie restante ou la gestion de la connectivité.

Ce qui reste dommage, c’est la lenteur générale de l’application qui manque cruellement d’optimisations. Les développeurs se focalisent pour le moment sur le déploiement des nouvelles fonctionnalités, le système ne sera pas prêt avant plusieurs mois. Il reste néanmoins utilisable, nous l’avons donc tout de même sélectionné. Vous pouvez modifier la densité de l’interface, mais cela nécessite de redémarrer votre smartphone, et vous pouvez l’utiliser facilement avec un Chromecast sur un écran de PC ou de TV.

Sentio Andromium Inc.

La campagne SuperBook

L’équipe derrière Andromium s’est lancée dans la conception d’un ordinateur portable équipé d’un écran 11,6 pouces, le SuperBook. C’est un réceptacle pour votre smartphone vendu à 100 euros. 

Pour l’utiliser, rien de plus simple : il suffit d’installer l’application Andromium OS sur votre téléphone puis de le connecter au port USB du Superbook, et le PC prend le relais tout en rechargeant votre téléphone. Sachant qu’il vous faudra un téléphone compatible USB OTG, ce qui est le cas de la plupart des smartphones de nos jours. Pour vérifier la compatibilité du vôtre, n’hésitez pas à consulter notre article sur l’USB OTG.

Les français de Miraxess prévoient de réaliser la même chose avec le Mirabook, la solution pour transformer un smartphone en PC portable.

 

Leena Desktop

Leena Desktop est comme Andromium, je trouve que l’application est un peu plus aboutie. Elle nécessite beaucoup moins de ressources que notre première solution, avec une interface épurée et efficace.

Elle reprend, globalement, l’interface de macOS avec une barre de tâche et de raccourcis en bas, et une barre de statuts (comme Android). Le navigateur Android pré-intégré est plutôt efficace, ainsi que l’explorateur de fichiers. 

Vous pouvez modifier à la volée la densité des éléments de l’interface, en fonction de la définition et de la taille de votre écran, mais aussi de la distance entre vos yeux et l’écran. Enfin, certaines options permettent d’affiner l’interface, on retrouve un thème sombre et la position de désactiver les animations, par exemple. Une application gratuite sous la forme d’un launcher qui mérite d’être essayée (et adoptée). 


 

MaruOS

Ce système nécessite un peu plus d’installation que les deux solutions précédentes. C’est une ROM Android qui intègre du Debian Linux. Sur l’écran du smartphone, MaruOS affiche du CyanogenMod, lorsque le smartphone est branché à un écran, c’est Debian Linux qui prend le relais. Effectivement, ce double système nécessite un minimum de ressources, le projet est limité aux derniers Nexus pour le moment. Par défaut, on retrouve donc quelques programmes Linux, comme  Gimp, Firefox ou encore LibreOffice. ais une fois que le téléphone est relié à un écran, Debian se lance automatiquement en moins de 5 secondes et s’affiche sur le grand écran, laissant Android tourner sur la dalle du smartphone pour pouvoir utiliser les deux en même temps.

 

 

Remix OS et Phoenix OS

Dans l’option : j’utilise un vieux PC, un vieux smartphone ou une vieille tablette pour les transformer en machine de bureau, voici deux solutions intéressantes. Intéressons-nous à la première, étant donné que la seconde est basée sur la première. Remix OS est un système Android modifié. Très simple d’installation sur une clé USB, Remix OS est un système nomade prévu pour être lancé sur à peu près n’importe quel appareil. À ce titre, il est léger, polyvalent, facile d’accès et surtout… transportable. 

Vous trouverez une barre des tâches et un bureau. Les éléments Android ont tout simplement été déportés, comme les notifications en bas à droite, et les application en bas à gauche. Cela ressemble beaucoup à une distribution Linux classique, à l’exception près que c’est de l’Android. Vous pouvez donc (plus facilement) lancer des applications Android, et vous retrouvez les Google Play Services (dont le Play Store).

Phoenix OS est basé sur Remix OS, cela reste néanmoins une alternative intéressante utilisée par Alcatel (sur la tablette Xess), mais aussi Lenovo (qui reprend des bouts de code sur la Yoga Book)

Lien Youtube
Chaine Youtube FrAndroid

Un autre projet a été conçu dans une solution 100 % Android, à travers une ROM dédiée. Le projet se nomme OXI, contrairement aux deux autres projets (cités plus haut), le tout tourne sur smartphone. 

 

Chrome OS

Chrome OS a adopté le Play Store et les apps Android, cela reste un OS très intéressant. Certes, il ne répond pas à la problématique du dossier, mais c’est un OS à surveiller de près. Google est en train de réaliser un travail très intéressant, les Chromebooks vont devenir des machines très polyvalentes avec un bon prix. En espérant qu’il soit possible, plus tard, d’intégrer Chrome OS dans un smartphone. Google démontre sa capacité à encapsuler proprement les applications Android, sans que cela nécessite un travail supplémentaire pour les développeurs.

D’ailleurs, dans les premières versions de Nougat, nous pouvions découvrir un mode fenêtré baptisé Freeform Windows. Ce mode permettait de redimensionner les fenêtres des applications et de les déplacer librement à l’instar d’un OS de bureau. Encore buguée, cette fonctionnalité n’est finalement pas présente dans la dernière version d’Android, elle reste cantonnée pour le moment au stade de projet et peut être débloquée en passant par des lignes de commandes et l’installation d’un recovery alternatif.

 

 

Cloud computing

Enfin, il est possible d’accéder à un environnement PC depuis un smartphone grâce au cloud computing. Nous avons ainsi essayé Shadow, qui donne accès à Windows 10 (l’équivalent d’un Core i7, 12 Go de RAM et une NVIDIA GeForce GTX 1070) à distance. La start-up française promet aucune latence, néanmoins il faut être équipé d’une connexion Très Haut Débit pour en profiter. Nous avons justement essayé l’application Android sur cet article.

À lire sur FrAndroid : Nous avons testé Shadow sur Android, la puissance d’une GeForce 1070 sur mon smartphone

 

Comment connecter votre Android à un écran ?

Une fois le système prêt, il faut être capable de brancher son smartphone à un écran, comme une TV ou un moniteur PC. Pour le coup, plusieurs possibilités sont disponibles : la première consiste à connecter son smartphone grâce à un câble. Cette méthode n’est pas disponible pour tous les appareils, vous devez vous assurer que votre appareil est compatible MHL. Il faut ensuite vous munir d’un adaptateur, microUSB ou USB Type-C. Attention, peu de smartphones USB-C sont compatibles MHL, ce n’est pas le cas des derniers Nexus (par exemple). 

Vous pouvez également utiliser un Google Chromecast sur votre écran, ce dernier sera capable de retransmettre l’interface de votre Android. Cette solution n’est pas idéale pour consulter des vidéos, le framerate est trop faible. Par contre, c’est largement suffisant pour de la bureautique.

Vous pouvez également transmettre votre écran à travers un service de type VNC, mais cet usage me semble assez superflu : cela nécessite un PC. 

 

 

Comment connecter une souris ou un clavier à Android ?

Vous aurez ensuite besoin d’une souris et d’un clavier, vous avez… ils existent depuis au moins 30 ans et permettent de contrôler une interface. Deux possibilités s’offrent à vous. La première consiste à utiliser un adaptateur OTG, vous pourrez ainsi brancher votre souris ou votre clavier filaire directement à votre smartphone. 

Vous pouvez également utiliser des accessoires Bluetooth, la très grande majorité fonctionneront nativement avec Android. Personnellement, j’utilise un clavier Logitech compatible PC, Mac, iOS et Android. C’est du très bon matériel.

Enfin, il y a également des claviers qui intègrent un touchpad, idéal si vous vous retrouvez devant la télévision.