Profitant d’une grosse enveloppe 4G mensuelle, j’ai décidé de me passer de box Internet pendant un mois à la maison. Grâce au partage de connexion, j’ai pu tenir 30 jours en faisant un minimum de concessions sur mes habitudes d’utilisation du web.

Le partage de connexion est une fonctionnalité bien pratique sur nos smartphones. Depuis qu’elle a fait son apparition sur Android 2.2 FroYo (mai 2010) et iOS 4.3 (mars 2011) — entre autres —, cette option en a sorti plus d’un de la galère. Récemment, j’ai pu à nouveau remercier mentalement les personnes ayant eu cette fabuleuse idée de partager sa connexion Internet avec un autre appareil. 

Et c’est le propos de la petite expérience que j’aimerais vous conter dans les lignes qui suivent.

Avare scientifique

J’ai récemment déménagé. Oui, on est d’accord, vous n’en avez pas grand-chose à faire, mais, promis, c’est un détail important pour l’histoire. En arrivant dans mon nouveau chez-moi, je fais un premier constat : après avoir bien profité du Wi-Fi des personnes qui m’ont hébergé sous leurs toits pendant mes premiers mois à Paris (la crise du logement dans la capitale bat toujours son plein), il est enfin temps d’avoir ma propre box Internet.

Mais c’est pile à ce moment-là que mon opérateur téléphonique, dans sa grande mansuétude, décide de m’octroyer 20 Go supplémentaires par mois sur mon forfait 4G. Profitant déjà d’une enveloppe mensuelle de 20 Go, j’atteins ainsi les 40 Go par mois. L’occasion de faire un petit calcul.

« L’occasion de faire un petit calcul. »

En temps normal, je consomme en moyenne 6 à 8 Go de données avec mon smartphone chaque mois. Cela me laisse, minimum, 32 Go non utilisés. Une idée me traverse l’esprit : je peux me servir de ce surplus pour surfer sur le web chez moi sur mon ordinateur, par le biais du partage de connexion. Le radin que je suis est alors ravi de trouver un prétexte pour repousser la souscription à une offre Internet pour la maison.

Et puis, outre mon avarice, l’idée est de savoir s’il est possible de tenir tout un mois uniquement avec ce total de 40 Go. Pingre, certes, mais j’aide la science.

Vidéovore acharné

Afin que vous vous fassiez une meilleure idée sur ma consommation Internet habituelle, je précise que je suis un grand amateur d’animes sur les services de SVoD et je regarde régulièrement des films sur ces mêmes plateformes. En dehors de cela, mon utilisation d’Internet consiste essentiellement à surfer sur le web sur des sites d’actualités, des forums et les réseaux sociaux — j’adore notamment me perdre dans les limbes de YouTube. Néanmoins, mon humble demeure est équipée uniquement d’un ordinateur portable. Je n’ai pas encore investi dans une TV connectée ou une console de jeu et ma tablette ne me sert plus à rien depuis des lustresJe me connecte donc uniquement via mon PC, le soir, et mon smartphone, pendant la journée.

Devant l’ordinateur.

Sans changer mes habitudes de consommation, j’ai pu profiter d’une connexion Internet presque normale depuis mon ordinateur à la maison. Le chargement des pages ou des vidéos prenait un peu plus de temps certes, mais j’ai toujours pu accéder à tous les contenus que je voulais sans problème. Pour information, chez moi,  je jouis d’une connexion 4G avec un débit moyen d’environ 156 / 44 Mbps entre 20 heures et 1 heure. Oui, je n’ai vraiment pas à me plaindre.

Un des speedtest que j’ai réalisés pendant le mois.

Au bout de deux semaines, je vois que j’ai consommé près de 25 Go. C’est plus de la moitié, mais je me rassure en me disant que mon programme des prochains jours est plus chargé sur le plan personnel et que j’aurai par conséquent moins de temps à passer sur le web, puisque je serai plus régulièrement de sortie avec des proches.

Les jours suivants confirment mes prévisions. Ma consommation ralentit et j’attaque la dernière semaine avec un petit peu plus de 9 Go.

Mon suivi conso.

Fin de mois compliquée

Mais je craque. Un dimanche, où le manque de motivation pour sortir de chez moi me cloue devant mon PC, je grille 3 Go en une journée. Me voilà donc avec seulement 6 Go disponibles à cinq jours du renouvellement de mon forfait. Bon, je ne perds pas espoir : en réduisant légèrement mon temps passé sur le web, je peux tenir. Mais je n’arrive pas à redresser totalement la barre et à trois jours de la réinitialisation de mon enveloppe, je n’ai plus que 3 Go. Je me résous donc à faire de plus grosses concessions. Je diminue encore plus considérablement ma consommation de vidéos, mais ne me prive pas totalement de regarder un ou deux épisodes de mes séries favorites.

On arrive à la fin : au soir du dernier jour du mois, il ne reste plus que 200 misérables mégaoctets et il est 20 heures. Je m’avoue vaincu. Je m’autorise simplement à lire deux articles et faire un tout petit tour sur Twitter, sans rien publier dessus. Contraint de me réveiller tôt le lendemain pour prendre l’avion, je ne peux pas me permettre de sortir avec des amis. Résultat : je me replonge dans un bon bouquin que je connais déjà par cœur — je vous conseille au passage l’excellente trilogie Le Puits des mémoires de Gabriel Katz — très heureux malgré tout d’avoir pu économiser un mois d’abonnement Internet.

C’est toujours agréable de se replonger dans un bon bouquin.

Le lendemain, mon forfait est renouvelé. Je pousse cette mini expérience pendant encore deux semaines avant qu’un technicien ne vienne chez moi pour installer la délicieuse fibre optique.

L’heure du bilan

Se servir pendant un mois uniquement de sa connexion 4G ne conviendra évidemment pas à tout le monde. Toutes les personnes qui passent plusieurs heures sur des jeux en réseau ne pourront jamais tenir tout un mois dans ces conditions. Néanmoins, pour tous les utilisateurs dont la consommation est inférieure ou égale à la mienne, 40 Go de données 4G à partager entre votre smartphone et votre ordinateur peut se révéler bien pratique. En deçà de ce seuil, cela me paraît beaucoup plus compliqué.

Quoi qu’il en soit, pensez à bien choisir votre forfait mobile et à profiter d’une des régulières promotions engendrées par la guerre que se livrent les opérateurs. Quant à moi, je vous avoue que je suis tout de même bien content de pouvoir aujourd’hui profiter d’un très haut débit illimité en toute tranquillité. Mais je ne regrette toutefois pas du tout d’avoir pu mener cette petite expérience que je réitérerai sans hésiter si je me retrouve éventuellement dans la galère.

À lire sur FrAndroid : Orange, Bouygues, SFR et Free : quel est le meilleur réseau mobile ?