Sundar Pichai vient d’être nommé PDG de Google suite à l’immense restructuration annoncée hier par Larry Page, qui devient PDG d’Alphabet, la maison-mère de Google. Revenons en détail sur l’ascension chez Google de l’autre homme de l’affaire, Sundar Pichai, embauché dans l’entreprise en 2004 pour s’occuper de la fameuse barre d’outils Google, et qui est désormais numéro un de l’entreprise – ou plutôt de la nouvelle filiale d’Alphabet.

Sundar Pichai

Vous aimez le petit accent indien de Sundar Pichai, lorsque sa voix résonne lors des conférences Google ? Tant mieux, puisque l’homme n’est pas près de quitter l’entreprise américaine. En effet, Larry Page – désormais directeur d’Alphabet, la nouvelle maison mère de Google – vient de nommer Sundar Pichai au rang de PDG de Google. C’est une demi-surprise dans la mesure où la restructuration n’était certes pas attendue, mais où Sundar Pichai est présent depuis maintenant plus de 10 ans chez Google à des postes-clés.

 

Une enfance sans électronique

Sundar, né en 1972 à Chennai, en Inde, est issu d’une famille aisée au regard des standards du pays, constituée d’un père ingénieur, d’une mère sténographe et d’un petit frère. Il a été élevé sans télévision, ni voiture ou téléphone. Ce dernier est arrivé dans le foyer lorsque Sundar avait 12 ans. On imagine que son amour pour l’électronique est arrivé à la même période, un amour facilité par un père travaillant pour General Electric Company, entreprise spécialisée dans l’électronique. Par la suite, Sundar est entré à l’institut indien de Technologie à Kharagpur, duquel il a réussi à repartir avec un diplôme d’ingénieur en métallurgie en 1993. Par la suite, il a empoché un master de science à l’Université de Stanford ainsi qu’un MBA en gestion d’entreprises à l’Université de Pennsylvanie. Sa carrière universitaire a donc été placée sous le signe de la réussite.

 

Ses débuts au sein de Google : la barre d’outils

Après deux emplois dont un en tant que chef de produit chez Applied Materials, une entreprise du secteur des semi-conducteurs, Sundar est entré chez Google en 2004. À l’époque, sa mission était de superviser le développement de la barre d’outils Google : vous savez, celle qu’on installait sur Internet Explorer ou Firefox pour profiter de la recherche Google. Ce produit était en fait essentiel pour Google puisque Chrome n’existait pas à l’époque pour faciliter l’adoption et l’utilisation du moteur de recherche. En 2006, l’homme a eu le feu vert pour développer Google Chrome, qui a vu le jour en 2008. Deux produits qui ont permis à Google d’être omniprésent sur le Web.

google toolbar

 

De Chrome à Android en passant par Gmail : numéro 2 de Google

Sundar Pichai ne s’est pas arrêté là puisqu’il a également été à la tête de la division Chrome et Apps, en charge du navigateur, mais aussi du système d’exploitation Chrome OS, de Gmail, Calendar, Docs et Drive. En 2013, une décision de Larry Page a permis de propulser encore un peu plus haut Sundar Pichai au sein de l’entreprise. L’homme a en effet remplacé Andy Rubin à la tête d’Android en mars 2013. Une position qui a permis à l’homme de multiplier les conférences et de se faire connaître davantage aussi bien en interne que du monde extérieur. Plus récemment, en octobre 2014, l’ingénieur a pris la tête de six départements supplémentaires, en plus d’Android, Chrome et Apps : la recherche et le développement, le moteur de recherche, Google Maps, Google+, la partie commerciale et publicitaire enfin tout ce qui a trait à l’infrastructure de l’entreprise. L’homme était alors devenu, de fait, numéro 2 de l’entreprise.

Android SUndar Pichai

 

YouTube et Google+, avant-derniers obstacles pour le poste de PDG

Il restait toutefois encore un obstacle important pour que Sundar Pichai puisse devenir numéro 1 de Google : la présence de diverses divisions au sein de Google comme Google X, Calico, Nest et d’autres entités. En fait, il n’y a que YouTube et Google+ qui n’étaient pas encore sous le contrôle de l’homme, en dehors des divisions annexes. La restructuration a finalement simplifié la structure de Google en conservant uniquement les produits et services auparavant dirigés par Sundar Pichai, en plus de YouTube et Google+. Avec cette stratégie, il a pu devenir PDG de Google, au bout de 11 ans d’une carrière marquée par de nombreux succès pour l’entreprise. Chrome est en effet le navigateur le plus utilisé dans le monde, tout comme Android est l’OS mobile le plus répandu sur Terre.

 

Un collaborateur apprécié, chez Google et à l’extérieur

Si l’homme est apprécié à l’extérieur, que ce soit par la communauté Android ou Chrome, qu’en est-il en interne ? Si l’on en croit des collaborateurs qui ont pu travailler avec Sundar Pichai, l’homme est attaché à un travail de qualité, et réussi à souder les équipes, en privilégiant les compétences aux comportements opportunistes. Avec Larry Page, l’ancien directeur de Google, Pichai entretenait de très bonnes relations. En effet, Larry Page assure que Sundar « dit les choses comme je les aurais dites (et même parfois mieux !) ». L’homme précise également qu’il a « énormément apprécié leur travail commun ». Les deux hommes semblaient par ailleurs entretenir un rapport décontracté et chaleureux. Même chez la concurrence, l’homme est aimé, à l’image de Tim Cook, PDG d’Apple, qui l’a d’ailleurs félicité sur Twitter pour son nouveau titre. Sûrement grâce à la diplomatie de Sundar Pichai, qui a réussi, aussi bien en interne qu’en externe, à proposer des produits à succès sans se faire (trop) d’ennemis. L’homme avait en effet été approché par Twitter pour un poste de PDG, mais aussi par Microsoft, selon les rumeurs, avant que Satya Nadella prenne le relai de Steve Ballmer. Finalement, Sundar est resté chez Google et en est devenu PDG.

Google sundar pichai