En quatre années, HTC a livré quatre itérations de son smartphone haut de gamme, désigné initialement sous le nom de One, et succédant à une génération One X, S ou V dont le design faisait la part belle au polycarbonate. Un peu avant que ne se lancent ses concurrents sur ce domaine, le Taïwanais, dont les finances étaient alors encore dans le vert, présentait un One – rebaptisé One M7 à la sortie de son successeur – dont le boîtier était alors entièrement composé de métal. Retour sur une saga, mais aussi une période difficile pour HTC.

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HTC One (M7) : en 2013, le smartphone de la rupture

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C’était en 2013. Samsung lançait un Galaxy S4 au design légèrement amélioré par rapport au Galaxy S3, avec des tranches coloris métal et un design très arrondi. Le One M7 tranchait alors, avec son design très métallique, un peu anguleux, et une fiche technique résolument haut de gamme. À l’époque, HTC misait sur un écran de 4,7 pouces Full HD (Super LCD 3), mais aussi sur un Snapdragon 600 couplé à 2 Go de RAM, sur une batterie de 2300 mAh et était animé par Android 4.1.2 Jelly Bean associé à Sense 5.0.

Une fiche technique alors intéressante, d’autant que HTC prenait des risques : son smartphone était en effet doté d’un capteur photo UltraPixel, une technologie maison alors inédite. Il s’agissait de proposer un capteur doté de plus gros pixels que la moyenne de ses concurrents, mais n’affichant que 4 mégapixels. Une caractéristique qui lui avait à la fois valu éloges (pour les bonnes performances de cet appareil photo en basse luminosité), mais aussi critiques, puisqu’il n’était pas vraiment question d’agrandir les clichés réalisés pour les regarder sur de grands écrans.

HTC One (M8) : en 2014, l’arrivée d’un double capteur photo

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Un an plus tard, HTC se félicitait des ventes de celui qu’il appelait alors HTC One, ajoutant entre parenthèses la mention (M8). Le smartphone ressemblait à s’y méprendre à son prédécesseur, mais privilégiait un écran un peu plus grand, cette fois de 5 pouces. Il en conservait la définition Full HD, passait à un SoC Snapragon 801 plus au goût du jour, comportait 2 Go de RAM, un boîtier tout en métal et proposait une batterie de 2600 mAh. Côté logiciel, il tournait sous Android 4.4 KitKat associé à Sense 6.0.

S’il conservait le capteur photo de 4 mégapixels UltraPixel du M7, le One M8 lui ajoutait un assistant notable : un deuxième capteur photo dorsal de 2,1 MP, censé lui permettre de mieux mesurer la profondeur de champ, et permettre d’obtenir des clichés à la fois détaillés, et montrant de jolis effets de flou. Dans les faits, c’était un détail assez superflu, bien qu’il soit, dans des versions améliorées, de nouveau au goût du jour en 2016. HTC se félicitait néanmoins du succès de son appareil : « sur les cinq dernières semaines de ventes du HTC One (M8), les deux dernières semaines ont battu en termes de vente les meilleures semaines du One (M7) de l’année dernière », déclarait la marque peu après la sortie de l’appareil.

HTC One M9 : le cas Snapdragon 810

Le HTC One M9

Le HTC One M9

En mars 2015, HTC poursuivait sa route en présentant son One M9, qui signait la fin de l’UltraPixel. Du moins au dos du smartphone, puisque l’appareil photo frontal du terminal était bien doté d’un capteur UltraPixel (4MP), dédié à la réussite des selfies. Au dos toutefois, le smartphone faisait appel à un unique appareil photo de 20 mégapixels, fourni par Toshiba. Il était d’ailleurs correct, mais sans réellement se démarquer (il a tardé à adopter le support du RAW), de même que les haut-parleurs BoomSound du téléphone, moins puissants que ses prédécesseurs.

Le M9 a eu bien du mal à se distinguer de ses concurrents. La faute à un écran de 5 pouces Full HD, quand ses concurrents passaient au Quad HD, mais surtout à l’intégration d’un Snapdragon 810 souffrant de problèmes de chauffe, ce dont le M9 a pâti. Ce n’est pas son design « bicolore » qui est parvenu à redresser la barre.

HTC 10 : sans M, mais au niveau des standards de 2016

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À charge du HTC 10 d’apporter au grand public l’effet de (bonne) surprise qu’était parvenu à susciter le One M7. Il signe le retour de l’UltraPixel, dans sa version 2, dans un capteur de 12 mégapixels. L’audio est également mis en avant chez ce smartphone, certifié Hi-Res, qui s’offre en outre des caractéristiques dans l’air du temps : un écran QHD de 5,2 pouces, un Snapdragon 820 qui n’a souffert jusqu’ici d’aucun problème particulier, mais aussi un port USB Type-C 3.1 et un flash frontal logiciel. Même si HTC perd un peu de son identité en abandonnant la fameuse barre noire située sous l’écran de ses One Mx, c’est au profit de l’intégration d’un capteur d’empreintes digitales.

Peut-être un peu moins original que ses prédécesseurs – la démocratisation du métal lui a ôté une partie de sa particularité – mais aussi plus en accord avec les standards du premium actuel, le HTC 10 aura un nouveau défi auquel répondre : parvenir à se faire une place au côté des Samsung Galaxy S7 et LG G5, alors même qu’il coûte 50 euros de plus (749 euros) et sort quelques semaines après ces compétiteurs de renom.

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