Le Snapdragon 810 de Qualcomm est un SoC qui déçoit. Comme nous l’avons vu dans différents tests et comparatifs, il parvient parfois à être plus lent qu’un Snapdragon 801 pourtant vieux de plus d’un an. Nos confrères du site Arstechnica ont réalisé un comparatif entre plusieurs téléphones pour tenter de cerner le problème.

Snapdragon 810 G Flex 2

Quelques mois avant le lancement commercial du Snapdragon 810, les rumeurs se multipliaient autour de problèmes de chauffe. Les premiers tests du LG G Flex 2 – premier smartphone a intégrer la nouvelle puce de Qualcomm – confirmaient plus ou moins les rumeurs. Le One M9 n’a fait qu’enfoncer le clou comme on a pu le voir dans notre comparatif avec le One M8. Pour mieux comprendre le phénomène, le site Ars Technica a travaillé en collaboration avec Primate Labs, l’éditeur de GeekBench. Les développeurs du benchmark ont autorisé au site à utiliser une version non publique de l’outil permettant non pas de stresser tous les cœurs en même temps mais seulement deux pour simuler un scénario plus réel. De plus, la quantité de données à traiter lors du benchmark est fixe, ce qui permet aux processeurs les plus rapides de passer moins de temps en charge, encore une fois pour simuler un scénario qui se rapproche le plus de la réalité. En tout, cinq smartphones ont été testés avec l’outil pendant 15 minutes pour vérifier leur comportement : le HTC One M8 (Snapdragon 801), le Nexus 5 (Snapdragon 800), le Galaxy S6 (Exynos 7420), le Galaxy Note 4 (Snapdragon 805) et les G Flex 2 et One M9 (Snapdragon 810).

L’idée est de mettre en avant un quelconque problème de surchauffe des cœurs du Snapdragon 810 par rapport aux autres SoC. Au vu de ses résultats, le test d’Ars Technica ne fait que confirmer les rumeurs et tous les tests parus depuis la sortie du LG G Flex 2. Le Snapdragon 810 a bel et bien un problème avec les scénarios un peu trop gourmands faisant massivement appel à sa puissance. On peut voir sur les différents graphiques que le Snapdragon 810 peine à atteindre sa fréquence maximale de 2 GHz. Pire, au bout d’une petite minute, la fréquence chute pour se placer sous la barre des 1000 MHz avec quelques pics à une fréquence légèrement supérieure (un phénomène appelé le throttling). Ce test met aussi en avant un comportement étrange : les Cortex-A57 s’éteignent parfois totalement, pour laisser la main pendant quelques secondes aux Cortex-A53, beaucoup moins performants. Un comportement aussi remarqué sur l’Exynos 7420 mais de manière largement moins marquée. De plus, les fréquences du SoC de Samsung sont davantage stables et restent beaucoup plus élevées par rapport à la puce de Qualcomm.

Snapdragon 810 ars HTC One M9 HP

 

Snapdragon-810-throttling exynos 7420

La comparaison avec les Snapdragon 800, 801 et 805 est également en défaveur du 810. On voit clairement que les trois premières puces parviennent sans mal à tenir une fréquence de fonctionnement relativement élevée. Le 801 du HTC One M8 se paie même le luxe de conserver sa fréquence maximale pendant toute la durée du test. C’est pour cette raison que les terminaux en Snapdragon 810 se révèlent parfois moins performants que ceux en Snapdragon 805, 801 voire 800. Les raisons de ces mauvaises performances du Snapdragon 810 ne sont pas connues avec certitude mais il y a plusieurs pistes à envisager. La première, c’est la gravure en 20nm qui handicape Qualcomm face à Samsung et son 14nm, permettant de conserver une fréquence plus élevée sans chauffe excessive. L’autre piste, c’est celle d’un design plus ou moins réussi, réalisé à la va vite pour contrer Apple et ses puces 64 bits. Le futur Snapdragon 820 avec ses cœurs Kryo conçus en interne et sa gravure en 14/16nm devrait alors relever la barre.

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