Question de goûts sans doute. Alors même que la disponibilité des Google Glass auprès du grand public international se rapproche, Sony prépare sa riposte. Elle prendra la forme de SmartEyeglass dont l’arrivée sur le marché, sous forme de prototype destiné aux développeurs, est prévue pour le mois de mars 2015.

Sony SmartEyeglass

Un prototype avait déjà été présenté lors du MWC de Barcelone, en février 2014, et un mois plus tôt au CES de Las Vegas. Les SmartEyeglass de Sony ne sont autres que des lunettes connectées dans la veine des Google Glass, bien que leur allure, du moins dans leur version actuelle, soit loin de s’en rapprocher. Ces considérations mises à part, ces lunettes sont conçues pour se connecter sur un smartphone, sous Android 4.3 au minimum pour faire fonctionner l’enregistrement vidéo sur les lunettes.

Si les lunettes de Sony s’inscrivent dans une tendance actuelle à connecter les lunettes, elles s’éloignent de la démarche de Google. Au lieu d’un prisme permettant de projeter une image dans le champ de vision d’un œil, les SmartEyeglass misent sur un système binoculaire où l’information lumineuse circule à l’intérieur des verres : vous verrez donc vos applications ou notifications des deux yeux. Dans sa version prototype, l’appareil est doté d’une télécommande filaire séparée, ce que l’on imagine voué à disparaître par la suite, même si elle a l’avantage d’emporter la batterie des lunettes et un microphone. Un capteur tactile permet d’assurer la navigation.

Les montures elles-mêmes incluent des capteurs de toutes sortes : un accéléromètre, un gyroscope, une boussole, un capteur de luminosité, le tout pesant 77 grammes. Côté multimédia, les lunettes sont dotées d’un capteur de 3 mégapixels capable de filmer en VGA, le tout s’affichant en nuances de vert sur des verres de 419 x 138 pixels… Le Bluetooth 3.0 et le WiFi sont quant à eux utilisés pour se connecter au smartphone.
N’oublions pas qu’il ne s’agit encore que d’un prototype de développement et que son design, pour le moment bien peu discret, pourra être amené à évoluer. Sony semble y croire néanmoins, le Nippon annonçant aujourd’hui la disponibilité d’un SDK à destination des développeurs, avant de fournir un kit de développement hardware à ces mêmes développeurs d’ici la fin de l’année fiscale, soit en mars 2015. D’ici là, les applications en réalité augmentée et l’affichage d’informations – en vert (voir la vidéo ci-dessous) devraient s’être multipliées.

Un usage pas vraiment grand public

Et si Sony ne va pas jusqu’à mentionner une date, il ne cache pas son intention de mener son projet jusqu’à une commercialisation auprès du grand public. Ne nous leurrons pas toutefois : il ne s’agit pas pour la marque de proposer un produit très grand public tourné vers la navigation GPS ou le divertissement comme le feront des Google Glass, mais plutôt de fournir des lunettes adaptées à des usages professionnels ou très spécialisés. Elles seraient ainsi indiquées par exemple pour des chirurgiens ou des professionnels devant accéder à des informations alors même que leurs mains sont occupées. On pense également au cas de malentendants, qui pourraient, via un système de reconnaissance vocale, voir s’afficher devant leurs deux yeux des « sous-titres » lorsqu’ils conversent avec d’autres personnes. Même si la marque mentionne le grand public dans sa communication, on peut douter que ce modèle précis de SmartEyeglass ait de telles ambitions : avec un projet mené dans les laboratoires de Sony depuis la fin des années 2000, il s’agira certainement plus d’une démonstration technologique que d’un produit voué à relancer les finances de la marque, entamées par une division mobile à la peine ces derniers mois.

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Edit Baptiste : J’ai eu la chance de tester en 2011 une version préliminaire au produit montré dans la vidéo. Ce produit m’a, à l’époque, particulièrement enthousiasmé, car contrairement aux Google Glass qui ne fournissent que de l’information contextuelle, Sony est sur le chemin de la « mixed reality », montrée dans le film. La promesse de mixed reality, c’est de superposer des objets ou des informations à ce que nos yeux voient naturellement.
L’appareil donne l’impression d’avoir un simple « écran » translucide devant les yeux. La voie est longue pour aboutir au produit ultime. Un problème persiste par exemple : la distance ressentie entre soi et les informations projetées est fixe, alors que l’on voudrait que ces informations s’affichent là ou l’œil fait la mise au point. Comme pour les robots : les Japonais travaillent sur ce sujet depuis quelques années et savent qu’ils ont encore des décennies devant eux.