Le mois de mars avait vu Orange passer à la vitesse supérieure dans le déploiement de la 4G sur le territoire hexagonal, quand ses concurrents ralentissaient la cadence. Une tendance clairement confirmée au mois d’avril, haute période de négociations et de tractations financières dans le monde de la mobilité française.

ANFR

Comme chaque mois, l’Agence Nationale des Fréquences Radioélectriques (ANFR) publie les résultats de son observation des télécoms français. C’est bien sûr l’avancée de la 4G qui nous intéresse le plus, ce réseau étant encore en pleine construction. Et pour le mois d’avril qu’analyse l’agence, c’est d’un certain immobilisme que souffrent trois des quatre opérateurs, tandis que le nombre de sites autorisés par ses soins pour l’installation d’antennes a crû de 4,8 % (soit sensiblement la même chose qu’un mois plus tôt, avec 5,1 % d’augmentation, après un net boom en tout début d’année). Qui dit nombre de sites autorisés ne dit pas pour autant installation d’antennes effective : en témoignent les chiffres portant sur ce mois d’avril 2014.

Avril a été un mois compliqué pour les opérateurs français. D’un côté SFR à vendre, Bouygues Telecom cherchant à convaincre Vivendi de soutenir ses offres, revues à la hausse à plusieurs reprises, et Free Mobile espérant racheter les antennes de ce dernier s’il remportait le marché. Un ballet savamment orchestré que la victoire d’Altice, la maison-mère de Numericable, est venue troubler, tandis qu’Orange, sérieusement fâché de la situation, n’a cependant pas cédé à une forme d’immobilisme.

La fin de mois du mois a connu une véritable apogée, puisque l’on apprenait la semaine dernière que devant la menace Bouygues Telecom-SFR, l’accord de mutualisation unissant les réseaux des deux acteurs devant mener à une couverture de 57 % de la population (hors zones denses) à l’horizon 2017, Stéphane Richard choisissait de déposer plainte contre le duo auprès de l’autorité de la concurrence : il s’agit autant de mettre en suspens l’accord jusqu’à la fin de l’année que d’empêcher la cession d’antennes que Bouygues et SFR céderont consécutivement à leur accord (plusieurs milliers) à un autre opérateur file entre les mains de Free Mobile sans qu’Orange ait sa chance de les acquérir.

 

Orange près de rattraper Bouygues Telecom

En attendant le dénouement de l’affaire, le nombre d’antennes de Bouygues Telecom a peu augmenté : de 6056 supports 4G actives fin mars, c’est à 6061 qu’est passé l’opérateur en un mois, chaque support comptant toutefois plusieurs antennes. Un peu mieux chez SFR, qui gagne 71 supports 4G, pour en totaliser 1617, tandis que Free Mobile en a acquis 82 dans la même période. C’est chez Orange que le mouvement a été le plus perceptible durant le mois d’avril : l’opérateur y a gagné 476 supports 4G, passant de 5424 à 5900 supports. Les bandes de fréquence 800 MHz ont d’ailleurs le plus profité de cette augmentation. Ce sont également elles qui, tous opérateurs confondus, recensent le plus d’autorisations délivrées par l’ANFR. Selon les derniers chiffres dévoilés par Bouygues Telecom, le troisième opérateur français couvrait 69 % de la population hexagonale avec ses antennes : la tendance actuelle conduit Orange à le rattraper sensiblement.

ANFR

Les supports sont des infrastructures supportant une ou plusieurs antennes.

Si la tendance de ce dernier mois se confirme jusqu’à la fin du trimestre, Orange pourrait fort rejoindre son concurrent durant l’été. Néanmoins, la finalisation de l’achat de SFR par Numericable, stabilisant la posture de chacun, devrait permettre à ce marché des antennes de reprendre de plus belle au deuxième semestre, d’autant plus que l’autorité de la concurrence aura d’ici là rendu son verdict concernant la mutualisation des réseaux de Bouygues et de SFR.