Les premiers réseaux et mobiles pouvant atteindre jusqu’à 1 Gb/s sont désormais disponibles en Europe. Quels débits délivrent-ils vraiment ? Voici un premier aperçu.

Qualcomm, Sony Mobile et EE nous ont convié au Wembley Stadium à Londres pour assister à « la première démonstration en Europe d’un appareil mobile et d’un réseau Gigabit LTE ». L’occasion de se faire une idée des débits réellement pratiqués en conditions (quasi) réelles.

Pour commencer, soulignons que ce n’est pas vraiment une première européenne. Il n’exploite certes qu’une dizaines d’antennes, mais c’est l’opérateur Monaco Telecom qui a lancé le premier réseau Gigabit LTE d’Europe, au mois d’avril 2017. Cette technologie n’était jusqu’alors disponible qu’en Australie, depuis le mois de février 2017.

L’événement était quoi qu’il en soit l’occasion de mettre les mains sur un terminal Gigabit « commercial » sous couverture d’un relais Gigabit « commercial » (quoi que fermé au public).

 

Qu’est-ce qui relie nos trois hôtes ? Qualcomm est le concepteur de la plateforme Snapdragon 835 et du modem Snapdragon X16, l’une des premières solutions compatibles, Sony Mobile est le concepteur du Xperia XZ Premium, seul téléphone compatible à ce jour, et EE est le premier opérateur britannique à avoir mis en service des relais 4G de catégorie 16, la plus élevée standardisée à ce jour (et probablement à jamais), il y a quelques semaines à Cardiff et à Londres.

Précisons d’ailleurs qu’un Snapdragon 835 ne suffit pas : la connectivité cellulaire débute au modem intégré au SoC, mais elle se poursuit avec un RF chipset puis avec des frontends, qui doivent capter suffisamment de bandes de fréquences et de flux MIMO.

L’opérateur EE par exemple agrège deux bandes contiguës (2 x 20 MHz sur la bande des 2600 MHz) en MIMO 4×4 et une troisième bande (20 MHz sur la bande des 1800 MHz) en MIMO 2×2, soit un total de 60 MHz et de 10 flux.

Tests de débits

Nous avons assisté à un premier test de débit au cours duquel le Sony Xperia XZ Premium a atteint 750 Mb/s en réception et 110 Mb/s en émission. Ce test a été réalisé dans les meilleures conditions possibles avec des équipements commerciaux : le terminal utilisé était alors le seul connecté à l’antenne. Les scores obtenus sont donc ceux qu’on pourra espérer obtenir par chance au milieu de la nuit.

Puis j’ai profité plus tard de moments de flottement pour lancer quelques tests de débit en solo, alors que d’autres démonstrations avaient lieu sur d’autres terminaux connectés à l’antenne (Amazon Prime Video, Google Drive, réseaux sociaux…). J’ai alors obtenu des débits plus représentatifs de l’ordre de 400 Mb/s en réception et de 80 Mb/s en émission.

Ces débits correspondent à une précédente démonstration réalisée « en conditions réelles », à l’occasion du lancement du Sony Xperia XZ Premium, au cours duquel les trois partenaires avaient atteint jusqu’à 428 Mb/s sur un relais ouvert aux clients.

1 Gb/s, pour quoi faire ?

De tels débits peuvent paraitre indécents à des ruraux victimes de zones blanches ou captant au mieux la 3G.

Mais nous expliquions au mois d’avril en quoi les relais 4G de catégorie 16 profiteraient à tous : les transfert plus rapides sont achevés plus rapidement et laissent ainsi plus de ressources aux possesseurs de smartphones de catégories inférieures.

L’opérateur EE se focalise quant à lui sur l’amélioration de l’efficacité spectrale : en passant du 64QAM au 256QAM, on passe de 3 à 4 bits par seconde et par Hertz. Ce qui constitue aussi une baisse du coût par bit, et pourrait profiter à terme aux zones aux densité de population plus faibles.

EE ambitionne d’ailleurs de généraliser la 4G pour abandonner la 3G dès 2025 (mais pas la 2G).

Plus il y a de terminaux Cat 16 connectés à un relais, plus les terminaux Cat 6 vont vite

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