Nucléaire et gaz : comment la voracité de l’IA pousse les géants de la tech à produire leur propre énergie

 
Aux États-Unis, le nombre de centres de données ne cesse de croître. Une expansion qui fera exploser leurs besoins en électricité, au point de pousser les géants technologiques à investir eux-mêmes dans de nouvelles capacités de production énergétique.
Centre de données d’Amazon // Source : AWS

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les centres de données ont consommé près de 485 TWh d’électricité dans le monde en 2025. Si ces infrastructures représentent environ 1,5 % de la consommation électrique mondiale, leur poids est nettement plus élevé aux États-Unis, berceau de l’industrie numérique.

Dans le pays, elles absorbent déjà 5,9 % de l’électricité consommée, une proportion d’ailleurs appelée à progresser rapidement. D’après une analyse de BloombergNEF, les centres de données pourraient représenter près d’un cinquième de la demande électrique américaine dans moins de dix ans.

L’intelligence artificielle accélère l’explosion des besoins électriques

Les centres de données sont en passe de devenir l’un des principaux moteurs de la demande électrique aux États-Unis. Selon BloombergNEF, ces infrastructures pourraient représenter près de 20 % de la consommation totale d’électricité du pays en 2035, contre seulement 5,9 % aujourd’hui.

Une progression fortement tirée par les besoins énergétiques liés à l’essor de l’IA. Les modèles d’IA générative nécessitent en effet des capacités de calcul toujours plus importantes, poussant les entreprises technologiques à multiplier la construction de centres de données spécialisés.

Ces installations abritent des milliers de serveurs qui doivent fonctionner en continu pour traiter d’immenses volumes de données. À cela s’ajoute la consommation des systèmes de refroidissement, indispensables pour maintenir ces équipements à température optimale.

La hausse de la demande sera toutefois loin d’être uniforme sur l’ensemble du territoire américain. Les régions concentrant une forte densité d’infrastructures numériques devraient connaître une consommation bien supérieure à la moyenne nationale. C’est notamment le cas de la Virginie du Nord, surnommée la « Data Center Alley », ainsi que du Texas. Les deux territoires sont devenus des pôles majeurs du développement des centres de données.

Les géants du numérique investissent dans leur propre énergie

Selon le rapport de BloombergNEF, la puissance électrique nécessaire au fonctionnement des centres de données américains pourrait atteindre 194 GW en 2035, contre 47 GW en 2025. Une augmentation qui équivaut à l’ajout de plusieurs dizaines de réacteurs nucléaires. Les réseaux électriques devront donc répondre à cette nouvelle demande tout en continuant à assurer un approvisionnement fiable pour les autres consommateurs.

Cette révision montre surtout à quelle vitesse les estimations grimpent : les 194 GW dépassent de 83 % la prévision que BloombergNEF avait publiée en décembre dernier. Ce bond s’explique par le nombre de projets d’infrastructures dédiées à l’IA entrés dans les cartons ces derniers mois, plus que par des chantiers déjà lancés.

Face à cette pression croissante sur les réseaux, les géants technologiques cherchent désormais à sécuriser directement leurs sources d’électricité. Plusieurs entreprises investissent ainsi dans de nouvelles capacités de production afin de garantir une alimentation stable à leurs infrastructures. Ces dernières années, Google, Amazon, Microsoft, OpenAI et Meta ont largement multiplié leurs investissements dans le gaz ou le nucléaire pour assurer leur approvisionnement.

Centre de données de Google, dans l’Oregon, USA

Mais à part la pression exercée sur les réseaux électriques, l’essor des centres de données suscite également des préoccupations environnementales. La multiplication de ces infrastructures contribue à augmenter les émissions des géants technologiques, qui se sont pourtant engagés à réduire leur impact climatique.

Sans parler de leur énorme consommation d’eau, nécessaire pour le refroidissement des serveurs. Selon les Nations unies, les installations mondiales pourraient nécessiter jusqu’à 9 300 milliards de litres d’eau par an d’ici 2030.


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