
Les centres de données sont régulièrement pointés du doigt pour leur soif intense d’énergie. Avec l’essor de l’IA, leur nombre explose. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la capacité des data centers dédiés à l’IA a plus que triplé dans le monde en seulement 18 mois. Cette expansion continue d’alimenter les inquiétudes concernant leur approvisionnement en électricité, mais aussi leur impact sur le climat. Une grande partie de l’électricité qui les alimente reste en effet produite à partir d’énergies fossiles.
Ces préoccupations se reflètent désormais dans les bilans des géants américains de la technologie. Dans leurs derniers rapports annuels, Google et Amazon font état d’une nouvelle augmentation de leurs émissions de gaz à effet de serre en 2025.
Des émissions en hausse pour les géants américains
Dans son dernier rapport environnemental, Google indique que ses émissions de gaz à effet de serre ont progressé de 18 % entre 2024 et 2025. Amazon affiche, de son côté, une hausse de 16 % sur la même période. Les émissions du groupe atteignent désormais 81 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent des rejets annuels d’environ 19 millions de voitures à essence.
Pour les deux entreprises, cette hausse est directement liée à la multiplication des centres de données destinés à alimenter les services d’IA. Google le reconnaît d’ailleurs dans son rapport : « l’empreinte environnementale des centres de données qui alimentent l’IA continue de croître ».
Le phénomène ne se limite pas à ces deux groupes. Microsoft a publié début juillet son rapport 2026, qui fait état d’une hausse de 25 % de ses émissions sur la seule année 2025, là encore imputée à l’expansion de ses centres de données pour l’IA. Chez Meta, la hausse atteint 64 % par rapport à l’année précédente, selon son dernier bilan environnemental.
Des objectifs climatiques devenus hors d’atteinte ?
Alors que la plupart des centres de données restent alimentés (au moins en partie) par des centrales à gaz, ces entreprises s’étaient fixé des objectifs climatiques bien ambitieux. Google vise la neutralité carbone d’ici 2030. Mais cet objectif a été défini avant l’explosion de l’IA générative. Depuis 2025, le discours du groupe semble ainsi avoir changé : les engagements précis à l’horizon 2030 se font plus discrets.
Microsoft, de son côté, ambitionne de devenir « carbone négative » d’ici 2030, c’est-à-dire de retirer plus de CO2 qu’elle n’en émet. L’entreprise s’est engagée à ce que, dès 2030, chaque heure d’électricité consommée par ses centres de données soit entièrement compensée par un achat équivalent d’électricité décarbonée.
Cependant, selon Bloomberg News, cet engagement pourrait être revu à la baisse, les nouveaux centres de données dédiés à l’IA étant construits bien plus rapidement que les capacités de production d’électricité bas carbone.

Tout porte ainsi à croire que les objectifs climatiques des géants américains deviennent de plus en plus difficiles à atteindre. « Même si elles n’ont pas officiellement revu leurs objectifs, [les entreprises technologiques], commencent à reconnaître que ‘oui, nous ne sommes peut-être pas sur la bonne voie‘ », résume un analyste du cabinet Wood Mackenzie, cité par l’Associated Press.
Des gains d’efficacité qui peinent à suivre le rythme
Les progrès réalisés sur l’efficacité énergétique des puces et des serveurs permettent certes de limiter la consommation électrique de certaines tâches liées à l’IA. À performances équivalentes, une requête textuelle consomme aujourd’hui moins d’énergie qu’il y a quelques années grâce aux améliorations du matériel et des logiciels.
Mais ces gains sont largement compensés par la montée en puissance des modèles d’IA et par l’explosion des usages. En effet, la technologie ne se limite plus aux échanges textuels. La génération d’images, de vidéos ou de contenus multimédias mobilise des ressources de calcul bien plus importantes.
Selon l’AIE, la génération d’une vidéo par IA peut ainsi nécessiter jusqu’à 1 000 fois plus d’électricité qu’une simple requête textuelle. Cette consommation toujours plus élevée complique davantage l’atteinte des objectifs fixés par les entreprises.
Envie de retrouver les meilleurs articles de Frandroid sur Google News ? Vous pouvez suivre Frandroid sur Google News en un clic.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.