Presque un mois après la promulgation de la « taxe GAFA » en France, plusieurs grandes firmes américaines du numérique ont fait part de leur sentiments négatifs devant une agence gouvernementale de Washington.

Ce n’est pas une surprise : la « taxe GAFA » des autorités françaises ne plaît pas aux grandes entreprises du numérique. Ces dernières, dont Google, Facebook et Amazon, l’ont fait savoir ce lundi dans une audience devant le bureau du représentant américain au Commerce. Pour Alan Lee, directeur de la politique fiscale de Facebook, de telles « mesures unilatérales » sont « dommageables pour Facebook et l’économie numérique ».

Matthew Schruers, CEO de la Computer and Communications Industry Association (CCIA) — qui représente des entreprises comme Intel, Netflix ou eBay — a déclaré à l’audience que la taxe en question « sape le progrès accompli » sur un nouveau système fiscal pour l’économie numérique et « soutient une réponse agressive à ce problème »« Le CCIA pense que cette action nécessite une réponse substantielle et proportionnée de la part des États-Unis », poursuit-il.

La taxe nécessiterait « une réponse substantielle et proportionnée de la part des États-Unis »

D’après la chambre américaine au Commerce, la taxe devrait générer des revenus annuels de 500 millions d’euros, « dont la grande majorité sera payée par des firmes américaines ». L’institution ajoute que ces entreprises devraient débourser encore plusieurs millions de dollars pour mener « une reconception significative des systèmes de comptabilité pour assurer la bonne estimation » des sommes d’argent dues.

La loi avait été promulguée le 25 juillet dernier, et impose la taxation à 3% des revenus des entreprises du numérique dont le chiffre d’affaire dépasse 25 millions d’euros en France et 750 millions d’euros dans le monde. Le président américain Donald Trump avait alors menacé de taxer des produits français en retour.

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