Pourquoi la nouvelle percée d’ASML change tout

Des puces qui ont la frite

 
Vous ne connaissez peut-être pas ASML, mais cette entreprise hollandaise possède les clés de votre vie numérique. En boostant la puissance de ses machines à 1 000 W, elle vient de s’assurer que nos futurs produits technologiques ne soient pas de simples luxes inaccessibles.
Source : ASML

Fabriquer des puces de plus en plus fines coûte une fortune monumentale. Si on ne trouve pas un moyen de les produire plus vite, le prix de votre prochain PC ou de votre console va simplement exploser. C’est là qu’ASML entre en scène.

Le géant néerlandais, seul au monde capable de fabriquer les machines de lithographie extrême ultraviolet (EUV), vient d’annoncer une percée majeure. Ses ingénieurs ont réussi à pousser la puissance de la source lumineuse de leurs machines à 1 000 W. Sur le papier, ça ressemble à un détail technique. Dans la réalité, c’est ce qui permet de passer de 220 à 330 plaquettes par heure d’ici 2030.

Pourquoi c’est important pour vous ? Parce que la lithographie est le goulot d’étranglement de toute l’industrie. Aujourd’hui, pour graver une puce moderne, il faut multiplier les étapes d’exposition. Plus c’est long, plus c’est cher. En augmentant la cadence de 50 %, ASML permet aux fondeurs comme TSMC ou Intel de sortir plus de puces du même hangar.

Des lasers et des gouttes d’étain

La manière dont ils y arrivent est impressionnante. Pour créer cette lumière EUV, la machine bombarde 50 000 gouttelettes d’étain par seconde avec un laser ultra-puissant. Chaque gouttelette est pulvérisée pour créer un plasma qui émet la fameuse lumière nécessaire à la gravure.

Source : ASML

Pour passer à 1 000 W, ASML a dû ruser. Au lieu d’un seul coup de laser, ils en utilisent désormais trois. Une première impulsion pour aplatir la goutte d’étain, une deuxième pour la préparer, et enfin l’impulsion principale pour créer le plasma. C’est cette gestion millimétrée de l’énergie qui permet de doubler la puissance sans transformer la machine en fournaise incontrôlable.

L’entreprise évoque déjà la possibilité d’atteindre 2 000 W à l’avenir. C’est une course à la puissance brute mise au service d’une précision chirurgicale, là où la moindre erreur se compte en nanomètres.

Le vrai défi, c’était d’augmenter la fréquence des gouttes d’étain. Plus il y a de gouttes, plus il y a de lumière, et donc plus on grave vite. Mais cela demande une synchronisation laser que personne d’autre sur la planète ne sait maîtriser. D’ailleurs, chaque machine d’ASLM coûte 350 millions d’euros l’unité.

Source : ASML

Sans cette montée en puissance, les puces de 2 nanomètres et moins seraient restées des produits de niche, réservés à des serveurs de luxe ou à des smartphones très chers.

En visant 330 plaquettes par heure, ASML stabilise le marché. Cela signifie que les usines géantes qui sortent de terre aux États-Unis ou en Europe seront rentables plus vite. Pour nous, c’est la garantie de voir arriver des processeurs plus puissants, plus économes en énergie, sans que la facture ne devienne délirante.

ASML continue de faire la loi. On peut regretter ce monopole, mais il faut saluer la performance : ils ont transformé un problème de physique fondamentale en un levier industriel massif.


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