Google serre encore un peu plus la vis sur les versions alternatives d’Android

 
Depuis de longs mois maintenant, Google s’est employé à compliquer la vie des développeurs et développeuses de ROMs alternatives en complexifiant l’accès au code source de son système. Le dernier changement a été vertement critiqué par les équipes de GrapheneOS.
Crédit : Corentin Béchade pour Frandroid

À quoi joue Google exactement ? À l’origine défenseur d’une certaine vision de l’open source, le géant de la recherche est largement revenu sur les promesses initiales d’Android ces derniers mois en verrouillant de plus en plus l’accès à son système, que ce soit pour les développeurs et développeuses ou les utilisateurs et utilisatrices.

Dernièrement, l’entreprise aurait ainsi inutilement complexifié son système d’accès aux noyaux Android, compliquant ainsi la vie des équipes en charge du développement d’OS alternatifs basés sur Android, remarque Android Authority.

Un processus « aussi pénible que possible »

Sur les réseaux sociaux, l’équipe de GrapheneOS explique que demander l’accès au noyau du système se fait désormais via un formulaire Google Docs plutôt que via un simple téléchargement sur une plateforme dédiée. Pour ne rien arranger, l’autorisation d’accès peut désormais prendre « des semaines » à arriver, compliquant le travail préliminaire de développement lors de la sortie d’une nouvelle version.

« Ils ont fait un maximum d’effort pour rendre le processus aussi pénible que possible », accuse GrapheneOS. Pire, ce choix mettrait Google en violation de la licence GPLv2 à laquelle est pourtant soumis le code, affirme l’équipe derrière l’OS. « Ils sont obligés de répondre à notre demande […] Ils ont choisi de faire perdre du temps à de nombreux employés avec cette décision », siffle GrapheneOS.

Autre point de friction relevé par Android Authority : le code n’arrive plus accompagné de son historique de modifications, mais compressé dans un fichier unique difficile à lire. Sans ce suivi étape par étape, les développeurs de noyaux perdent en visibilité pour retracer les corrections de bugs.

Cela fait suite à d’autres changements dans la méthode de distribution du code qui avaient déjà compliqué la vie des développeurs et développeuses de systèmes alternatifs et à un changement dans la méthode même de développement d’Android qui est devenu privé depuis l’année dernière.
Peu de temps après, Google « oubliait » de publier le code source d’Android 16 des semaines durant.

Pas d’incidence sur le téléphone Motorola

Relativisons tout de même. Ce changement ne concerne que les téléphones Pixel et ne portera nullement préjudice au projet d’association avec Motorola pour sortir un téléphone natif sous GrapheneOS. C’est même « l’une des principales raisons pour lesquelles nous avons noué ce partenariat », explique l’équipe de Graphene qui semblait s’être préparée à de tels agissements. C’est simplement le développement sur les téléphones Google qui va être complexifié à l’avenir.

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Entre les lignes cependant, on devine une certaine volonté de Google de verrouiller de plus en plus l’accès à son système. Les licences d’utilisation empêchent techniquement l’entreprise de rendre l’OS complètement propriétaire, mais il semblerait que la firme ait trouvé d’autres moyens pour décourager quiconque de s’en approcher.


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