
Prise en étau entre la concurrence brutale des plateformes chinoises de vente en ligne et la redoutable force de frappe, notamment logistique, d’Amazon, la marketplace Rakuten France, autrefois PriceMinister, pourrait fermer définitivement. C’est ce que l’on apprenait le mois dernier du magazine Capital, dont les informations ont été cette semaine confirmées par l’entreprise à l’AFP.
Rakuten France a « présenté le mardi 7 avril dernier aux représentants du personnel un projet de cession ou d’arrêt de son activité de marketplace (site d’e-commerce, NDLR), en France », lit-on dans une déclaration officielle fournie ce 4 mai 2026 à l’AFP.
« La reprise des activités par un acquéreur est privilégiée, dans la continuité des investissements et innovations menés ces dernières années pour soutenir le développement de la marketplace de Rakuten en France. À défaut, la fermeture de l’activité serait envisagée », explique la place de marché française, rachetée en 2010 par le groupe japonais Rakuten, dont elle avait fini par adopter le nom.
Rakuten France sur le point de fermer…
En l’occurrence, cette cessation d’activité interviendrait dès le troisième trimestre 2026, rapporte l’AFP. Pionnier du e-commerce en France, l’ex-PriceMinister pourrait donc fermer dans les tout prochains mois faute de repreneur.
Comme le rappelait Capital en avril, PriceMinister souffrait déjà d’une activité déficitaire en 2010, lors de son rachat par Rakuten.
Son passage sous pavillon nippon avait pourtant donné lieu à d’importants investissements, notamment autour du programme de fidélité Club R et de son système de cashback, pensé pour attirer et retenir de nouveaux clients.
Plus récemment, et toujours selon Capital, Rakuten France a également beaucoup misé sur la seconde main et le reconditionné pour mieux concurrencer les ténors de ce segment, comme Leboncoin, Vinted et BackMarket ; mais aussi sur l’intelligence artificielle pour tenter de doper son activité… sans grand succès : en 10 ans, la marketplace tricolore a vu son nombre de clients reculer de 33 %, tandis que la fréquentation du site chutait de 42 % sur la même période.
À noter que cette fin de partie probable pour Rakuten France ne devrait pas être synonyme de désengagement de sa maison-mère en France ou en Europe. Rakuten devrait ainsi maintenir ses filiales Rakuten Symphony, Rakuten TV, Rakuten Viki, Rakuten Kobo, Rakuten Viber et Rakuten Advertising, tout en maintenant aussi en place son Centre technologique Rakuten Europe, ouvert l’année dernière à Paris.
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