« Nous rejetons fermement cette spéculation » : Volkswagen refuse de céder son usine mythique à BYD (mais il y a un mais)

 
L’usine emblématique de Volkswagen à Dresde, longtemps vitrine du groupe allemand, alimente depuis quelques semaines des rumeurs persistantes : BYD voudrait y fabriquer ses voitures électriques. Volkswagen dément. Cela n’empêche pas pour autant certains constructeurs chinois de garder un œil sur certaines usines en difficulté du groupe allemand.

Volkswagen a beau avoir l’image d’un groupe hyper rationnel avec une gamme de produits sérieuse, mais pas forcément palpitante en dehors de quelques modèles estampillés GTI, il n’empêche que le constructeur allemand a eu ses quelques coups d’éclat.

Des coups d’éclat d’ailleurs assez onéreux qui ne passeraient aujourd’hui plus du tout, comme la légendaire Phaeton, une limousine ultra-luxueuse de plus de 5,00 mètres de long motorisée par un W12, ou encore la Gläserne Manufaktur (littéralement la « manufacture de verre ») qui était en quelque sorte l’ambition de Volkswagen de faire de la production automobile un spectacle en soi.

Construite à Dresde, une charmante ville allemande au début des années 2000, la Phaeton y était assemblée sous les yeux des passants, dans un écrin de verre et d’acier poli. Plus récemment, certaines ID.3 y ont été produites en plus de l’essentiel de la production qui se concentre à Zwickau, avant que Volkswagen ne tranche : l’usine cessera de fabriquer des voitures. Depuis fin 2024, les chaînes sont à l’arrêt.

Le groupe a annoncé la reconversion d’une partie du site en centre d’innovation, en partenariat avec le Land de Saxe et l’université technique de Dresde. Un projet sérieux, mais qui ne concerne qu’une partie des bâtiments. Le reste, à savoir, les ateliers de production proprement dits, reste pour l’instant vide et sans affectation claire.

BYD intéressé ? Une rumeur tuée dans l’œuf

C’est dans ce contexte que le site spécialisé CarNewsChina a jeté un pavé dans la mare. BYD serait en discussions avec Volkswagen pour reprendre justement ces ateliers de production.

L’objectif affiché, selon la source citée, serait d’y assembler des véhicules électriques. Argument supplémentaire avancé : le label « Made in Germany » représenterait un atout de communication non négligeable pour la marque chinoise sur le marché européen.

Mais visiblement, la source de nos confrères chinois était pour le moins bancale. Volkswagen n’a d’ailleurs pas tardé à réagir : « Nous rejetons fermement cette spéculation », a déclaré un porte-parole de Volkswagen. Court, catégorique, sans nuance.

BYD passera ailleurs pour s’immiscer en Europe

Ce qui est certain, en revanche, c’est que BYD avance ses pions en Europe. Des usines sont en cours de construction en Hongrie et en Turquie, et une troisième implantation, en Espagne, aurait été envisagée pour des raisons de compétitivité sur les coûts. Une usine allemande aurait une valeur symbolique d’une autre nature : s’implanter dans le bassin historique de l’industrie automobile mondiale.

Mais voilà : BYD a déjà ses chantiers en cours. Ajouter un troisième site, dans un pays au coût de main-d’œuvre élevé et dans un contexte politique délicat vis-à-vis des importations chinoises, paraît peu probable à court terme.

D’autres constructeurs chinois, à savoir Xpeng, MG, Dongfeng ou encore Xiaomi pour ne pas les citer, sont également dans des discussions potentielles avec des capacités industrielles européennes, notamment au sein de Stellantis.

Reste une usine vide, un nom qui résonne, et des rumeurs qui circulent. Pas suffisant pour faire une transaction, mais assez pour entretenir l’incertitude sur ce que deviendra ce site chargé d’histoire et symbole d’une époque d’opulence désormais bien révolue chez Volkswagen.

Puis le groupe ne compte sûrement pas se mettre à dos les constructeurs chinois, bien au contraire. Face à des ventes décevantes, Volkswagen envisage une solution radicale puisqu’il pourrait vendre en Europe ses voitures électriques conçues pour la Chine. Et ce n’est pas tout, car Volkswagen, via son PDG Oliver Blume, n’a jamais fermé la porte aux constructeurs chinois pour éventuellement partager leurs usines en Europe, notamment celles en sous-capacité.


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