« Nous nous sommes trompés » : pourquoi les ID.3 et ID.4 électriques vont laisser place à de « vraies Volkswagen »

 
Après des débuts compliqués et des critiques acerbes sur l’ergonomie de ses ID.3 et ID.4, Volkswagen fait son grand mea culpa. Terminé le tout-tactile et les designs clivants : la direction de Wolfsburg annonce un changement de cap radical pour sauver son ADN. Un retour aux sources et aux « vraies » voitures qui débutera très prochainement avec la nouvelle ID.3 Neo.
Volkswagen ID.3 Pure // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Le lancement de la gamme ID devait marquer une révolution technologique pour le constructeur allemand. Pourtant, l’adoption de la toute première voiture électrique de cette nouvelle ère, l’ID.3, ainsi que de son pendant SUV, l’ID.4, a rencontré d’importants obstacles.

Entre une ergonomie logicielle souvent pointée du doigt et des choix d’interface clivants, la firme de Wolfsburg a dû affronter de nombreuses critiques de la part de ses utilisateurs. Aujourd’hui, la direction de l’entreprise dresse un bilan sans concession et annonce un changement de cap radical pour ses prochains modèles, à commencer par la nouvelle ID.3 Neo.

Un constat d’échec sur l’ergonomie et l’identité de la marque

Thomas Schäfer a pris la direction de la marque Volkswagen en 2022. Lors d’un événement organisé à Hambourg, rapporté par le média Auto Express, le dirigeant a tenu un discours empreint d’une rare franchise concernant les erreurs de conception des premières générations de la gamme ID. « Vous voyez immédiatement où les choses ne fonctionnent pas », a-t-il déclaré.

Le constat s’est imposé de lui-même face à des designs extérieurs qui s’éloignaient de l’ADN historique et à des commandes peu intuitives, à l’image des fameuses commandes tactiles utilisées pour le réglage de la climatisation.

Volkswagen ID.3 Pure // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Ce virage technologique mal maîtrisé a eu des répercussions profondes sur l’image du constructeur. « Il était clair pour moi que nous étions en train de perdre notre cœur de métier : ce que représente vraiment Volkswagen, le sentiment particulier de Volkswagen, pour les clients, pour les fans et pour nos équipes », a souligné Thomas Schäfer.

Pour rectifier le tir, le grand patron a orchestré une vaste remise en question en interne. « Nous devions changer nous-mêmes, nous devions créer un nouvel état d’esprit », a-t-il affirmé.

Le client redevient le centre du développement

Cette nouvelle dynamique s’accompagne d’un changement de philosophie dans la conception des véhicules. L’époque des décisions unilatérales dictées par le sommet de la hiérarchie semble révolue. Kai Grünitz, le responsable du développement de la marque qui exerce au sein du groupe depuis de nombreuses années, a rappelé la culture d’entreprise passée. « Piech et Winterkorn avaient le sentiment de ce que voulait le client », a-t-il expliqué au média britannique, en référence aux anciens grands patrons.

À propos des choix imposés plus récemment par l’ancien dirigeant Herbert Diess, Kai Grünitz a ajouté : « Changer de PDG signifie que tout le monde suit le nouveau, et s’il dit : « hé, nous avons besoin d’une nouvelle commande », les ingénieurs pourraient discuter un peu, mais ils font le curseur. C’est quelque chose que nous avons tous les deux radicalement changé. »

Volkswagen ID.3 Pure // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

Désormais, le pragmatisme prend le pas sur l’intuition. « Nous faisons beaucoup de panels de consommateurs », a précisé l’ingénieur en chef. Les équipes soumettent des listes de fonctionnalités aux clients potentiels pour recueillir leurs retours concrets. « Nous demandons : avons-nous vraiment besoin de boutons pour la climatisation et la température ? C’est un changement fondamental. » Une démarche qui s’inscrit dans la volonté assumée du constructeur de proposer des habitacles avant tout faciles à appréhender pour le conducteur au quotidien.

Le retour des vrais boutons et d’un design pensé pour l’usage

L’aspect esthétique et fonctionnel des habitacles, tout comme les lignes extérieures, ont été entièrement repensés sous l’impulsion d’Andy Mindt, recruté à la tête du design à la fin de la première année de mandat de Thomas Schäfer. Avant cette réorganisation, le PDG confie avoir fortement douté de la trajectoire prise par la marque : « Je me souviens de mes premières réunions de design et elles étaient, disons, pas si faciles et plutôt frustrantes. Je n’arrêtais pas de penser : ce n’est pas Volkswagen. »

Le cahier des charges du nouveau designer était donc de renouer avec les fondamentaux. Selon Thomas Schäfer, « Andy a dessiné la façon dont il voyait Volkswagen et a dit que le design devait être clair, intemporel, confiant et toujours beau après 10 ans de service. »

Volkswagen ID. Polo // Source : Volkswagen

Ce retour aux sources se traduit par des choix très concrets, visibles dès le récent concept-car ID. 2all, qui préfigure les futurs modèles abordables de la marque, à commencer par l’ID. Polo (dont la Cupra Raval est la cousine technique).

La firme réintègre par exemple des poignées de portes extérieures de format classique afin de faciliter la préhension. « Cela semble être une petite décision mais chez Volkswagen, cela doit être intuitif, cela doit être sympathique. Et c’est pourquoi nous ramenons de vrais boutons, la facilité d’utilisation, et aussi de vrais noms de voitures que vous pouvez comprendre immédiatement », a détaillé le PDG, confirmant le retour en grâce d’appellations emblématiques comme Golf ou Polo. D’ailleurs, L’ID.4 restylée pourrait s’appeler Volkswagen ID. Tiguan.

La validation finale de cette restructuration reposera inévitablement sur la réponse du marché face à une concurrence de plus en plus rude. L’accueil du public lors de la présentation imminente de la nouvelle ID.3 Neo constituera un premier véritable test pour cette stratégie de reconquête.


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