Vendre des voitures électriques chinoises en Europe : pourquoi le patron de Volkswagen y songe

 
Face à des ventes encore décevantes, Volkswagen envisage une solution radicale. Le constructeur allemand pourrait vendre en Europe ses voitures électriques conçues pour la Chine.
Volkswagen ID. Unyx 09 // Crédit : Volkswagen

Cela fait quelques années maintenant que Volkswagen traverse une période difficile. Ce fut tout particulièrement le cas en 2024, où la firme avait connu une crise sans précédent. Depuis, et à force de plans de relance divers et variés, elle était parvenue à sortir un peu la tête de l’eau. Mais tout n’est pas encore joué non plus pour le constructeur allemand. Car la tempête n’est pas encore terminée, alors que le marché automobile est mis à rude épreuve.

Car le groupe a publié des résultats en demi-teinte pour le premier trimestre 2026, avec des ventes en baisse de 4 % dans le monde. Certes, l’Europe a quelque peu sauvé les meubles, mais les immatriculations ont en parallèle dégringolé de 14,8 % en Chine. Globalement, le bénéfice d’exploitation de l’entreprise a chuté de 14 % pour atteindre environ 2,5 milliards d’euros. La crise est donc encore loin d’être terminée pour la firme de Wolfsburg. Et ce, tandis que son patron, Oliver Blume, a déclaré qu’elle avait réalisé « des progrès tangibles ».

Volkswagen ID. Aura T6 // Source : Volkswagen

Mais ce n’est pas encore suffisant pour l’homme d’affaires, comme le rapporte l’agence de presse Reuters. Ce dernier déclare que « nous devons accélérer notre plan de transformation. ». Et pour cela, plusieurs mesures sont envisagées, dont une qui pourrait sembler surprenante. Car le groupe allemand pourrait produire des voitures électriques destinées à la Chine en Europe. Parmi elles, citons notamment les nouvelles ID. Aura T6 et l’autre ID. Unyx 09 ; récemment dévoilées au salon de Pékin.

Tirer profit des capacités de production

Ainsi, le patron de Volkswagen s’est dit ouvert à l’idée de produire en Europe des modèles chinois. Et ce qu’ils soient conçus par le constructeur en interne ou issus d’une coentreprise, comme celle formée avec Xpeng depuis peu. Cependant, tout cela n’a pas encore été officiellement confirmé pour le moment. Et ce, alors qu’Oliver Blume indique qu’il « est trop tôt pour décider si nous voulons localiser une plateforme chinoise en Allemagne. Mais si nous devions le faire, notre priorité serait d’abord d’adapter l’une de nos propres plateformes. ».

L’objectif de cette nouvelle stratégie serait tout simplement de tirer parti de la capacité de production des usines européennes. Et ce, alors que les ventes trop faibles ont pour effet de réduire la cadence dans ces dernières. Or, le PDG veut à tout prix éviter des fermetures. Pour lui, il s’agirait de la « pire option, la plus coûteuse ». Le patron rappelle que « cette année, nous accélérons le développement de la plateforme CMP, dont le lancement en Chine est prévu pour 2027. ».

Volkswagen ID. Aura T6 // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Il poursuit : « ce travail doit être réalisé en premier lieu, et ensuite nous pourrons envisager des options en Europe et vérifier quels produits pourraient convenir. »Par ailleurs, il explique attendre les premiers retours du marché chinois. Puis, « en fonction du succès rencontré […] nous déciderons ensuite quels modèles seraient adaptés au marché européen. ». Enfin, Volkswagen pourrait aussi ouvrir ses usines européennes à d’autres constructeurs chinois, comme MG, SAIC ou encore FAW. Et ce, afin de « réduire les capacités excédentaires » comme l’indique Autocar.


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