Fini le goulot d’Ă©tranglement entre processeur et mĂ©moire grâce Ă  cette nouvelle puce intelligente

 
Des chercheurs de l’École polytechnique de Milan ont mis au point une nouvelle puce intelligente capable de rĂ©duire drastiquement la consommation d’énergie tout en accĂ©lĂ©rant le traitement des donnĂ©es massives. En dĂ©localisant le calcul directement au sein de la mĂ©moire, ce composant bouscule l’architecture traditionnelle des ordinateurs.

La course Ă  la puissance de calcul, dopĂ©e par l’intelligence artificielle, se heurte Ă  un mur Ă©nergĂ©tique. Aujourd’hui, le dĂ©placement incessant des donnĂ©es entre la mĂ©moire et le processeur constitue le principal frein Ă  l’efficacitĂ© des systèmes.

C’est ce « goulot d’Ă©tranglement » que l’Ă©quipe du professeur Daniele Ielmini a dĂ©cidĂ© d’attaquer avec une architecture de calcul analogique en mĂ©moire.

Briser le goulot d’Ă©tranglement de Von Neumann

L’architecture classique des ordinateurs et PC portables repose sur un principe immuable : les donnĂ©es font des allers-retours incessants entre la mĂ©moire et le processeur. C’est ce qu’on appelle le goulot d’Ă©tranglement de Von Neumann. Ce transfert d’informations est lent et extrĂŞmement gourmand en Ă©nergie.

La puce italienne change la donne. Elle repose sur le concept de In-Memory Computing. Dans un ordinateur classique, les donnĂ©es voyagent constamment entre l’unitĂ© de traitement et le stockage. Ce trafic interne gĂ©nère de la chaleur et ralentit les opĂ©rations.

Le nouveau dispositif utilise deux rĂ©seaux de 64×64 mĂ©moires rĂ©sistives programmables. Cette structure en grille permet d’effectuer des calculs complexes sans jamais sortir les informations de la mĂ©moire. « En Ă©liminant ce trafic interne, les systèmes deviennent plus rapides et plus Ă©conomes en Ă©nergie », expliquent les chercheurs.

Des gains de performance vertigineux

Les résultats préliminaires sont impressionnants. Le temps de calcul tombe à environ 100 nanosecondes, un chiffre qui reste stable quelle que soit la taille du problème à résoudre.

CĂ´tĂ© Ă©nergie, le gain est massif. Selon les chercheurs, cette technologie nĂ©cessite 5 000 fois moins d’Ă©nergie que les ordinateurs numĂ©riques de pointe pour une prĂ©cision Ă©quivalente.

Vers une IA plus durable

L’enjeu de ce projet baptisĂ© ANIMATE (ANalogue In-Memory computing with Advanced device TEchnology) est de taille : l’entraĂ®nement des grands modèles de langage consomme actuellement des volumes d’Ă©lectricitĂ© colossaux.

En rĂ©duisant la consommation des serveurs, cette puce pourrait limiter l’explosion de la demande Ă©lectrique liĂ©e Ă  l’IA. Pour rappel, ces centres de donnĂ©es pèsent dĂ©jĂ  pour environ 1 % de la consommation mondiale d’Ă©lectricitĂ©.

Elle est aussi pressenti pour équiper les infrastructures 5G et les futurs réseaux 6G. Sa rapidité de traitement (100 ns) permettrait de gérer des flux de données massifs avec une latence quasi nulle.

Idem pour la robotique. La puce permet d’effectuer des calculs complexes localement, sans dĂ©pendre du cloud. C’est un atout majeur pour les robots et vĂ©hicules autonomes qui nĂ©cessitent une rĂ©activitĂ© immĂ©diate.

Au final, cette percĂ©e milanaise propose une alternative crĂ©dible pour le calcul haute performance (HPC) et l’IA durable.


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