Bientôt le clap de fin pour la Dacia Spring électrique : voici la voiture qui la remplacera sur les lignes de production chinoises

 
La Dacia Spring telle que nous la connaissons s’apprête à faire ses adieux. Pour la remplacer sur ses lignes de production chinoises, le constructeur roumain prépare un projet radical : le Dacia Hipster. Un micro-véhicule électrique à moins de 15 000 euros qui pourrait voir le jour fin 2027.
Dacia Hipster Concept // Source : Cetadi Prod

La transition est en marche chez Dacia. Alors que la carrière de la Dacia Spring actuelle (tout juste restylée) doit s’arrêter fin 2026 au profit d’un nouveau modèle plus onéreux (un peu moins de 18 000 euros) basé sur la Renault Twingo électrique et produit en Slovénie, une question restait en suspens : qu’allait devenir l’usine chinoise de Shiyan, qui assemble aujourd’hui la Spring ?

La réponse tient en un mot, selon des informations relayées par Auto Infos : Hipster. Ce concept de micro-voiture électrique, dévoilé à la fin de l’été 2025, est en passe de devenir une réalité industrielle. C’est en tout cas ce qu’il se murmure en interne, avec une annonce potentielle par François Provost, le directeur général de Renault, lors de la présentation du plan stratégique du groupe le 10 mars prochain.

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3 mètres, 800 kg : le retour aux sources de Dacia

Avec le Hipster, Dacia ne cherche pas à faire une « petite voiture », mais à repenser la mobilité urbaine et périurbaine. Le cahier des charges est drastique : le véhicule mesurerait seulement 3 mètres de long (soit un mètre de moins qu’une Sandero) pour 1,53 mètre de haut et 1,55 mètre de large. Sur la balance, la cure de minceur est radicale avec un poids contenu autour des 800 kilos, soit 20 % de moins que la Spring actuelle.

Cette approche minimaliste enthousiasme Romain Gauvin, responsable du design avancé de la marque : « C’est le projet le plus Dacia sur lequel j’ai travaillé, un projet qui a la même portée sociétale que la Logan il y a 20 ans. C’est un objet qui n’existe pas aujourd’hui. »

Dacia Hipster Concept // Source : Cetadi Prod

Techniquement, on se rapproche davantage du quadricycle lourd à quatre places que de la berline classique. La vitesse maximale pourrait d’ailleurs être bridée à 90 km/h. Des compromis nécessaires pour tenir la promesse tarifaire fixée à moins de 15 000 euros, ce qui en ferait la future voiture électrique la moins chère de Dacia.

Katrin Adt, qui a pris la direction de Dacia en septembre dernier, ne cache pas son impatience : « On en a très envie, il n’y a plus qu’à appuyer sur le bouton. À partir du moment où on le décide, il suffit d’un an et demi de développement. »

Elle confirme que ce modèle proposerait « un prix très Dacia », confirmant l’objectif d’une commercialisation fin 2027. Ce calendrier serré aurait d’ailleurs une conséquence directe sur le reste de la gamme : le lancement de la prochaine Sandero glisserait à 2028.

Le casse-tête (résolu) des droits de douane européens

Produire en Chine en 2026 pour vendre en Europe peut sembler contre-intuitif. L’Union européenne a en effet mis en place fin 2024 de lourds droits de douane (pouvant dépasser les 45 % pour certains constructeurs comme MG) sur les véhicules électriques importés de l’Empire du Milieu. De plus, Bruxelles s’apprête à proposer ce 25 février un quota de contenu local européen minimum pour la production automobile.

Alors pourquoi confier le Hipster à eGT New Energy Automotive, la co-entreprise réunissant Renault, Nissan et Dongfeng à Shiyan ? La réponse tient en deux points.

Tout d’abord, des coûts imbattables : produire en Chine coûte toujours environ 30 % moins cher qu’en Europe. C’est un prérequis industriel pour sortir un véhicule à moins de 15 000 euros de manière rentable.

Dacia Spring 2026 // Source : Dacia

Ensuite, une fiscalité contournée : selon Dacia, le Hipster échapperait aux surtaxes douanières grâce à sa catégorisation e-car (le texte européen ne ciblant a priori pas ce type de micro-véhicules). De plus, Renault milite activement à Bruxelles pour que le quota de « contenu européen » imposé aux constructeurs soit calculé sur la moyenne de leurs ventes globales, et non modèle par modèle. En produisant massivement en Europe ses autres véhicules, le groupe se garde ainsi une marge de manœuvre pour importer le Hipster.

Par contre, en étant produit en Chine, le Hipster ne bénéficierait pas de la nouvelle réglementation européenne adoptée mi-décembre 2025. Cette dernière accorde aux petites voitures électriques un gel des normes pendant dix ans et un système de « super crédits » : jusqu’en 2034, chaque « petite » voiture vendue comptera pour 1,3 véhicule zéro émission dans le calcul de la moyenne CO2 du constructeur.

Une aubaine pour faire baisser artificiellement le bilan carbone de l’alliance Renault-Nissan, mais qui pourrait ne pas s’appliquer au Hipster en cas de production en Chine.

Face à une concurrence qui s’organise, notamment Stellantis avec son projet Eurocar (qui proposera bien des véhicules à 15 000 euros, mais en version thermique), Dacia semble avoir trouvé la formule pour dominer le marché des voitures abordables et de petite taille en Europe sur la fin de la décennie.


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