
La tension et l’inquiétude au sein de Xbox semblent atteindre leur paroxysme, alors que l’on attend, d’un jour à l’autre, l’annonce de licenciements massifs de la part de Microsoft.
Les salariés du groupe se sont réunis au sein du syndicat CWA depuis le rachat de Bethesda et Activision Blizzard par Microsoft. Engadget rapporte que Frank Arce, vice-président du district 9 du syndicat CWA, a résumé l’état d’esprit en une phrase : les salariés de Xbox « ne seront pas traités comme jetables ».
On n’attend plus de savoir si les coupes vont tomber, mais quand et combien. Les premiers concernés ont décidé de ne pas subir en silence.

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Comment en est-on arrivé là ?
En octobre 2023, Microsoft bouclait le rachat d’Activision Blizzard pour 75,4 milliards de dollars (environ 70 milliards d’euros), l’acquisition la plus chère de l’histoire du jeu vidéo. L’opération faisait passer le groupe de la cinquième à la troisième place mondiale du secteur, derrière Tencent et Sony. Sur le papier, Xbox récupérait Call of Duty, Diablo, Warcraft, Overwatch, Candy Crush. Tout cela s’ajoute aux studios que Microsoft possédait déjà, avec des franchises comme Gears of War, Halo, Fable, Doom, Elder Scrolls ou encore Minecraft.
Depuis, c’est la saignée. En 2024, une première vague avait touché 1 900 postes dans le jeu vidéo. En juillet 2025, Microsoft a supprimé plus de 9 000 emplois, soit environ 4 % de ses effectifs mondiaux, avec au moins treize studios impactés, trois jeux annulés et un studio fermé. C’était la troisième charrette de l’année. Et une nouvelle se profile, après la clôture de l’exercice fiscal le 30 juin.
Cette restructuration est pilotée par Asha Sharma, qui dirige désormais Xbox avec un objectif clair : rendre l’activité plus rentable. À la mi-juin, Sharma et le directeur des contenus Matt Booty avaient préparé le terrain dans un mémo. Il décrivait les 100 prochains jours de Xbox et expliquait que Xbox s’était « trop étendu » au cours des dernières années, avec ses rachats de studios.
Ce que réclament les salariés
Le CWA représente environ 3 500 employés de la division Xbox de Microsoft, une présence syndicale sans précédent dans un groupe tech de cette taille. Tout part d’un accord de neutralité signé en 2022, qui a permis aux salariés de se syndiquer sans crainte de représailles. Depuis, les studios ont suivi : ZeniMax, Raven Software, ou encore Blizzard.
Leurs demandes sont concrètes : un préavis avant les licenciements, des indemnités substantielles pour les contractuels, un droit de réintégration de deux ans en cas de réouverture du poste occupé, et un gel des embauches externes pour laisser aux salariés en place une chance de bouger en interne. Ils veulent ces protections pour tous les employés de Xbox, syndiqués ou non.
Les représentants de ZeniMax affirment que Microsoft n’a pas répondu à leur proposition de protection depuis des mois. Côté Activision Publishing, un syndiqué dit attendre des réponses sur 20 propositions. Le temps alloué aux négociations serait passé de 12 à 4 heures par mois. De son côté, un porte-parole de Microsoft assure négocier « de bonne foi » et respecter le droit des équipes à s’exprimer.
Pour les studios, le couperet est déjà au-dessus de plusieurs noms. Les rumeurs visent Compulsion Games, Double Fine et Ninja Theory, voire Undead Labs derrière State of Decay 3. Tous auraient la possibilité de négocier une sortie plutôt qu’une fermeture sèche, mais rien n’est garanti. Compulsion venait pourtant de livrer South of Midnight, l’un des rares jeux Microsoft récemment salués par la critique, sorti en avril 2025.
Pour les salariés de Xbox, les prochains jours se joueront entre la peur du licenciement et l’espoir d’arracher des garde-fous.
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