J’ai testé un des premiers Googlebook et la déception est de taille

PC portables • 2026

Les Googlebook débarquent sur le marché et l'Acer Googlebook 14 fait partie des premiers ! Mais à l'usage, la nouvelle ère ressemble tout de même énormément à Chrome OS.
Crédit photo : OtaXou
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Google est loin d’abandonner ses efforts pour percer dans le milieu des PC portables. Si les Chromebook ont trouvé leur niche dans le milieu éducatif, particulièrement aux États-Unis, on ne peut pas dire que les précédents ordinateurs signés Google ou la gamme Chromebook Plus aient changé la donne du côté du grand public.

Avec la nouvelle gamme Googlebook, dont l’Acer Googlebook 14 est parmi les premiers représentants, la marque veut aller toujours plus loin vers le premium. Mais en vérité, on a pour le moment surtout l’impression d’être devant un Chromebook avec une moustache.

Fiche technique

Modèle Acer Googlebook CP714-2HN-54Z3
Dimensions 312 mm x 13,9 mm
Définition 2880 x 1800 pixels
Technologie d’affichage OLED
Écran tactile Oui
Processeur (CPU) Core Ultra 5 325
Mémoire vive (RAM) 16 Go
Mémoire interne 256 Go
Apparence Metal
Système d’exploitation (OS) Googlebook OS
Poids 1150 grammes
Profondeur 222,9 mm
Fiche produit

La machine est prêtée par Acer pour ce test.

Design

Il faut avouer que sur le design, ça en jette un peu plus. L’Acer Googlebook 14 n’hésite pas désormais à s’éloigner un peu du plastique pour proposer une coque supérieure en métal. Le reste fait toujours confiance au matériau le moins cher, certes, mais le design au complet est très cohérent et incroyablement agréable au toucher. Autant dire que le PC portable sait se donner des airs premium tout en optimisant un minimum son coût de fabrication.

Crédit photo : OtaXou

Son format 14 pouces est parfait pour le grand public, d’autant qu’il se conjugue à un poids plume de seulement 1,14 kilogramme qui n’est pas sans rappeler la gamme Acer Swift. D’autant que l’épaisseur aussi est bien gérée à 1,39 centimètre. Et clou du spectacle : le format se replie sur lui-même pour créer une tablette, ce qui trouve toujours sa place sur ce nouvel OS comparativement à Chrome OS.

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Tout est solide, il n’y a pas de flexibilité trop prononcée sur le châssis, et dans l’ensemble, Google réclame clairement de la sobriété à tout le monde puisque même les badges de SoC habituels dans l’univers sont aux abonnés absents. Par contre, nous avons bien la barre lumineuse dédiée aux Googlebook, sur le coin supérieur gauche du volet, qui représente une touche sympathique mais pas particulièrement utile. On aurait aimé que celle-ci soit plus visible pour l’utilisateur et qu’elle prenne essentiellement le rôle de voyant de notification par exemple, mais elle reste un signe distinctif agréable.

Clavier et pavé tactile

La configuration clavier propose des switchs ciseaux bien équilibrés et à la course plutôt profonde pour ce format 14 pouces. Rien à dire sur l’usage, mais du côté du toucher, on sent tout de même que le plastique utilisé n’est pas le plus fin du monde. Il faut bien quelques concessions, et celle-ci est parfaitement acceptable.

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Du côté du pavé tactile, c’est essentiellement la même chose. Bien sûr que sur ce segment, nous n’allons pas avoir un pavé à retour haptique, mais ce pavé métallique à bon clic et grande diagonale reste agréable à utiliser au quotidien et propose une glisse très confortable.

Connectique

À gauche, nous retrouvons un port USB-C 3.2 et un port USB-C Thunderbolt 4. À droite, un deuxième USB-C 3.2 et un combo jack.

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Bon… C’est limité. Un port USB A aurait été apprécié à dire vrai, et le port Thunderbolt 4 risque de ne pas être particulièrement utile sur ce nouvel OS avant un bon moment. Mais au moins, nous pouvons charger le PC qu’importe le placement du chargeur dans la pièce où nous arrivons.

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Côté sans-fil, tout est là : Wi-Fi 7 et Bluetooth 6 ! Mais hélas, ma connexion Wi-Fi 7 MLO 6+5+2.4 GHz plante régulièrement sur ce PC. Il y a fort à parier que le driver a besoin d’encore un peu d’optimisation pour fonctionner parfaitement. Mon SSID 5 GHz fonctionne parfaitement.

Webcam et audio

L’Acer Googlebook 14 intègre une webcam de 5 mégapixels qui capture en 1800p. Le résultat est très bruité et manque énormément de dynamique, il serait bon de calibrer un peu mieux tout ça, mais c’est utilisable pour de la visioconférence.

Les deux haut-parleurs placés des deux côtés du clavier font plaisir pour leur orientation, mais côté rendu… Bon. Comme souvent, c’est l’élément qui a pris le plus cher avec un rendu qui rappelle un smartphone d’entrée de gamme. Suffisant pour regarder du YouTube, sauf si vous regardez un créateur un brin obsessif sur la qualité de son audio.

Écran

L’Acer Googlebook 14 intègre une dalle OLED de 14 pouces de diagonale supportant une définition de 2880 x 1800 pixels, soit un ratio 16:10. La dalle est tactile et offre un taux de rafraîchissement variable de 120 Hz. C’est la star du show sur cette configuration, autant positivement que négativement.

Sous notre sonde et avec le logiciel CalMAN de Portrait Displays, nous retrouvons une couverture de 139% de l’espace sRGB pour 93% de l’espace DCI-P3. La température de couleurs moyenne est mesurée à 6366K, proche du parfait, avec une luminosité maximale de 665 cd/m² excellente, surtout pour ce tarif. Enfin, le delta e00 moyen est mesuré à 1,97, parfait, pour un écart maximal de seulement 3,78.

Ça, c’est la bonne nouvelle. La mauvaise est que la configuration est réglée par défaut en sRGB, et qu’il faut passer par les couleurs « réhaussées » dans les réglages pour profiter du DCI-P3. Mais surtout, la gestion des dalles OLED de l’OS Googlebook est… étrange. Si vous aimez les noirs profonds dans l’interface, oubliez-les : vous aurez essentiellement le même rendu qu’une dalle IPS LCD où les noirs profonds sont des nuances de gris. Ce qui fait que le ratio de contraste n’est pas illimité, mais mesuré à 1632:1.

Pour retrouver le comportement d’une dalle OLED, il faut obligatoirement regarder une vidéo HDR. C’est le seul moment où l’OS laisse la dalle se comporter naturellement. Nous avons pu le valider en connectant également un écran OLED externe qui subit le même traitement, quand bien même il fonctionne parfaitement bien sous Linux et Windows. Le réglage de contraste prévu par l’OS ne change rien à la situation : en utilisation bureautique, les écrans OLED sous Googlebook se comportent comme des IPS LCD. En plus d’être réglé par défaut en sRGB ici. Ça n’a tout simplement aucun sens, et Google doit revoir sa copie au plus vite.

Logiciel

Googlebook OS est essentiellement une version d’Android intégralement optimisée pour un usage sur PC portable. Et si vous avez déjà utilisé un Chromebook ou Chrome OS par le passé, vous savez exactement à quoi tout cela correspond, puisque depuis que cet OS a intégré les applications Android, nous avions exactement cette même philosophie auparavant.

Aussi, pour quelqu’un qui a déjà bien creusé le sujet… Il n’y a pas de grandes surprises sous Googlebook OS. L’entreprise a plus ou moins enterré les applis Chrome natives et laisse la place entière aux applis Android et aux applis web, qui se mélangent au sein du Play Store sans que tout cela ne soit particulièrement visible pour l’utilisateur final. Ce qui veut dire que l’on retrouve les mêmes avantages, notamment un usage hors-ligne, et les mêmes défauts, comme des applis loin d’être optimisées pour les grands écrans malgré leur validation. Netflix notamment paraît parfait jusqu’à ce que l’on se balade un peu dans son interface.

Deux points ont largement évolué par rapport à Chrome OS. Le premier est l’intégration de Gemini, l’IA de Google, au sein du système d’exploitation. Auparavant plus proche d’un assistant vocal, il est désormais profondément intégré au système pour permettre notamment d’analyser en profondeur les fichiers de votre disque et votre cloud, ou de poser des questions sur ce qui est affiché en secouant votre souris pour laisser Gemini analyser une capture de ce que vous voyez et l’intégrer à sa réflexion. Tout cela se fait heureusement en local, et vos données ne sont pas utilisées pour entraîner l’IA… pour le moment du moins.

Le deuxième est la notion d’écosystème avec les smartphones Android. Ou du moins ceux sous Android 17, qui sont les seuls à avoir pleinement accès aux nouvelles fonctionnalités. Nous retrouvons donc l’affichage des notifications ou le partage automatique de connexion déjà intégré à Chrome OS, et y ajoutons la possibilité de lancer les applications de son smartphone sur l’écran du PC et interagir nativement avec elles si les deux produits sont sur le même réseau. Ainsi que la notion de continuité, où le PC peut réagir à votre usage sur votre smartphone et vous proposer de continuer sur le PC. Pensez à une rédaction de mail par exemple, qui viendra s’afficher dans votre barre de tâche pour être reprise en un clic. Ce en prime d’un partage de fichiers facilité entre tous par le biais de la plateforme Quick Share.

Tout cela fonctionne plutôt bien, et la notion d’un écosystème interconnecté avec un smartphone Android a quelque chose de séduisant. Mais si le fait de devoir avoir un smartphone sous Android 17 pour en profiter pleinement est déjà un frein en lui-même, la vérité est que le talon d’Achille de cet univers continue d’être l’applicatif. Sans surprise, le Play Store ne regorge pas de grands logiciels de production, particulièrement optimisés pour un usage hors-ligne, et quand elles sont là… Elles ne sont pas forcément les plus agréables à utiliser sur PC.

D’ordre général, il est difficile de ne pas sentir une forme de limite ici. La philosophie de Google est parfaitement logique : toute une nouvelle génération d’utilisateurs produit directement sur smartphone et tablette, bien loin du modèle des anciennes générations et leurs machines desktop, et un écosystème optimisé pour leur usage fait sens. Mais jusqu’à quel point avant que ces mêmes utilisateurs veuillent aller plus loin encore, et découvrent cette limite applicative ? Difficile à déterminer en l’état, mais une chose est sûre : les avantages de Googlebook OS ne paraissent pas suffisants à sa sortie pour justifier son usage face à un Windows, macOS ou même Linux qui ne cesse de gagner en popularité même auprès des plus jeunes. En reste une bonne base de système d’exploitation qui pourra nous surprendre à l’avenir.

Performances

Voilà un point sur lequel on oublie quelque peu les Chromebook accessibles financièrement mais pas particulièrement puissants. Même si on n’oublie pas ici : le Pixelbook, le Pixel Slate, la gamme Chromebook Plus ont déjà essayé de rendre plus premium l’expérience PC de Google avant que les Googlebook n’arrivent aujourd’hui.

L’Acer Googlebook 14 intègre donc un SoC Intel Core Ultra 5 325 dernier cri de la génération Panther Lake, qui offre 8 cœurs — 4 performance, 4 efficients — et 8 threads pouvant turbo jusqu’à 4,5 GHz. Il est couplé à 16 Go de RAM LPDDR5X à 7470 MT/s et 256 Go de stockage en PCIe gen 4. Attention cependant : sur la partie graphique, on reste sur ce bon vieux Intel Graphics et pas l’Intel Arc.

Benchmarks

L’habituel Cinebench n’est pas disponible, mais nous pouvons compter sur Geekbench 7 pour retrouver des scores de 2378 en single core pour 11126 en multi core. Ces performances sont comparables à la plateforme Lunar Lake à son meilleur, intégrée à du Zenbook S 14 par exemple, ou un Apple M1 de base. À des années-lumière de ce qu’a offert Chrome OS jusque-là donc, mais pas non plus comparables aux meilleurs ultrabooks du marché dans l’univers Windows ou macOS.

La partie graphique n’est pas particulièrement puissante, c’est un fait. Son score de 1750 sur Steel Nomad Light le souligne bien. Et bien qu’il soit tête à tête avec le Steam Deck, les limitations de l’OS et la définition native de l’écran font que c’est incomparable. On pourra bien sûr faire tourner l’intégralité des jeux mobiles disponibles sur le marché, notamment Pokémon Champions officiellement disponible sur le Play Store des Googlebook, mais ne vous attendez pas à retrouver Steam de sitôt. Bidouillez pour du petit jeu 2D avec Gamenative et consorts.

Enfin, la mémoire de stockage en PCIe gen 4 se retrouve avec des scores tout à fait honorables pour sa technologie. Rien à signaler.

Refroidissement et bruit

Pas un pète de bruit. Pas un pète de chauffe. Il faut vraiment utiliser des benchmarks synthétiques pour entendre les ventilateurs s’activer, sans quoi, vous ne les verrez jamais tourner de votre vie.

Autonomie

L’Acer Googlebook 14 intègre une batterie de 71 Wh, qui se recharge par le biais d’un bloc d’alimentation à la norme Power Delivery. Europe oblige, ce sera à vous de le trouver : nous vous recommandons un minimum de 45W, bien qu’aller plus haut vous permettra une plus grande polyvalence.

Crédit photo : OtaXou

Sur un usage bureautique, écran réglé à 50% de sa luminosité, nous retrouvons une autonomie comprise entre 16 et 17 heures d’utilisation. Googlebook OS est très léger, et ça se ressent, aussi bien dans la fluidité que dans la consommation, ce qui permet à cette petite config d’être dans le haut du panier de la génération moderne.

Prix et disponibilité

Dans notre configuration de test, qui est la plus accessible financièrement, l’Acer Googlebook 14 de 2026 est vendu au prix de 1200 euros en France. Un prix accessible au milieu de la crise de la RAM pour un châssis très agréable ; c’est le système d’exploitation qui représentera le plus grand frein ici.

Notre avis sur L' Acer Googlebook 14 2026

Design
8
Acer s'est donné la peine de faire un vrai bon châssis pour ce lancement, qui est très agréable malgré ses concessions et respire la qualité.
Écran / affichage
7
Une vraie bonne dalle OLED gâchée par un Googlebook OS qui la limite aux performances d'une IPS LCD en dehors de la lecture vidéo. sRGB par défaut qui plus est, pourquoi ?
Performances
8
L'Intel Core Ultra 5 325 se comporte merveilleusement bien sur un OS aussi léger, et garde une fluidité et une polyvalence certaine.
Logiciel
5
Googlebook OS est moins une nouvelle ère qu'une énième évolution des principes de Chrome OS, avec les mêmes forces dans l'écosystème Android... et les mêmes grosses faiblesses dans l'applicatif. En 2026, difficile de le justifier plus avant alors que Windows, macOS et Linux évoluent à vitesse grand V face à lui.
Autonomie
8
Excellente autonomie qui n'a pas peur du haut de gamme de l'année.
Note finale du test
6 /10
L'Acer Googlebook 14 est un super petit PC portable très réussi côté matériel dont l'intérêt est étouffé par Googlebook OS.

Le châssis est réussi, la dalle OLED est sublime, et l'Intel Core Ultra 5 325 confirme son grand intérêt sur ce type de gamme où l'on tente de conserver un maximum l'expérience premium tout en maîtrisant les prix.

Mais hélas, Googlebook OS ne traite pas avec autant de déférence qu'il le devrait cette dalle et l'empêche de fonctionner à sa pleine capacité, quand l'univers applicatif n'est tout simplement pas assez intéressant pour justifier un tel SoC. Pour tout ce que la communication de Google fait pour présenter une nouvelle ère du PC Google, la réalité est que nous sommes sur le 4e essai de faire un Chromebook premium... et ça ne marche toujours pas.

Mais il faut le dire : le PC est si agréable qu'on aimerait beaucoup le prendre pour y installer un Linux, et conserver un OS léger qui fera chanter la config.

Points positifs de l'Acer Googlebook 14 2026

  • Léger, fin, transformable

  • Puissance et fluidité grâce au SoC Intel

  • Superbe dalle OLED

  • Autonomie moderne

Points négatifs de l'Acer Googlebook 14 2026

  • Chrome OS avec une moustache

  • Grosses limites sur l'applicatif

  • Gestion de l'OLED très limitante

  • Haut-parleurs bas de gamme

  • Un PC pour qui ?

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