
Depuis son lancement à la fin des années 2000, l’App Store est devenu une des briques essentielles de l’écosystème Apple. Le magasin en ligne est non seulement responsable pour la grande majorité de la distribution d’applications sur mobile, mais il est également une source de revenus non négligeable pour la firme.
Plusieurs sources estiment que la plateforme rapporterait environ 30 milliards par an à Apple. Mais ce chiffre ne satisferait plus Apple selon des informations obtenues par Bloomberg. Son patron en aurait d’ailleurs fait les frais.
Phil Schiller, défenseur d’un App Store plus ouvert
D’après le toujours bien informé Mark Gurman, la firme chercherait actuellement à dégager plus de revenus depuis l’App Store, sans qu’on sache exactement comment pour le moment. En désaccord avec ce nouvel axe de développement, l’historique responsable de la plateforme Phil Schiller aurait préféré claquer délicatement la porte, semblant penser que cela allait provoquer l’ire des développeurs, développeuses et gouvernements un peu partout dans le monde.
Il faut dire que, très tôt déjà, Schiller souhaitait réformer les règles autour de l’App Store pour en faire un magasin virtuel un peu plus accueillant pour celles et ceux qui y hébergent leurs applications. Dans un courrier de 2011 déterré à l’occasion du procès Apple vs Epic, il détaillait à Steve Jobs et Eddy Cue (alors PDG et responsables des services logiciels respectivement) un plan pour basculer sur un ratio de partage de revenus plus avantageux que le 70/30 % longtemps martelé par la firme.


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« Une fois que nous générerons plus d’un milliard de dollars de bénéfices par an grâce à l’App Store, pourrait-on envisager un modèle de partage où nous passerons de 70/30 % à 75/25 %, voire même à 80/20 % ? » Depuis, ces règles se sont un peu assouplies sous la pression de la concurrence et des lois antitrust, mais Apple semblerait tout de même vouloir mettre un peu plus de pression sur sa poule aux œufs d’or.
De l’IA dans l’App Store ?
L’une des manières qu’Apple pourrait avoir d’augmenter ses revenus issus de l’App Store serait évidemment de baisser les coûts associés à la plateforme. Et pour ça, rien de mieux que de mettre une petite dose d’IA dans le processus. Pourquoi pas au niveau du contrôle qualité encore largement assuré par des humains ? À l’heure des IA agentiques et d’autres modèles spécialisés dans le développement logiciel, cela pourrait suffire, même si Apple prendrait ici le risque de perdre ce qui le démarque face au Play Store de Google.
L’autre piste serait d’augmenter le coût de la barrière d’entrée sur l’App Store de 99 dollars à quelque chose de plus élevé. Là encore, la justification pourrait venir de l’IA. Puisque beaucoup d’équipes souscrivent des abonnements à Claude Code qui leur coûte 100 à 200 € par mois, qu’est-ce qu’une petite augmentation du tarif de la certification Apple ?
Pour aller plus loin
Dans le procès qui l’oppose à Epic Games, Apple mis à mal par… un cadre d’Apple
Dans ces deux cas-là, il serait certain que la qualité ou l’accessibilité des applications présentes sur l’App Store en prendrait un coup. Et comme, malgré tous les efforts de la Commission européenne, Apple contrôle encore l’immense majorité de la distribution d’app sur ses plateformes mobiles, la plupart des équipes de développement seraient obligées de s’y plier. La définition de la « merdification » en somme.
Pour rappel, la merdification est est la francisation du concept d’enshittification théorisé au Canada par Cory Doctorow. Il décrit un phénomène que l’on a bien connu avec certains services sur Internet.
Première étape, l’arrivée d’un nouveau service innovant et à bas prix ou gratuit, qui proposent une expérience améliorée pour les utilisateurs, en fonctionnant à perte.
Deuxième étape, le service met à contribution sa base installée d’utilisateur pour aller séduire les annonceurs avec de l’affichage de publicité à prix cassé, toujours à perte.
Troisième étape, la fameuse merdification, quand le service se dégrade dans une recherche de rentabilité maximale, au détriment à la fois des utilisateurs, mais aussi des annonceurs. Le service étant suffisamment populaire pour être jugé incontournable malgré la baisse de qualité de service.
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