Les employés LGBTQ+ de Google sont en colère. Et pour cause : Google participe à la Marche des Fiertés, et ces employés peuvent faire partie du cortège à une condition : qu’ils ne s’opposent pas à leurs dernières décisions.

Le Mois des Fiertés touche à sa fin, et la période dédiée à la sensibilisation des problèmes rencontrés par les communautés LGBTQ+ s’achèvera par la traditionnelle Marche des Fiertés. Cette année, elle sera toute particulière, puisqu’elle fêtera le cinquantième anniversaire des émeutes de Stonewall, jugées comme le premier événement fondateur de ces luttes.

De nombreuses entreprises ont affiché leur soutien au fil de ce mois. Google en fait partie, et aura même son propre cortège lors de la parade de San Francisco. Pour autant, sa présence est controversée après que YouTube ait été accusé de favoriser les contenus anti-LGBTQ et démonétisé des vidéos informatives sur ces questions. Pour les employés LGBTQ de Google, la douleur est doublée par une nouvelle décision.

Google censure ses propres employés LGBTQ+

Nous apprenons en effet par le biais de The Verge qu’un mémo interne leur a été passé. Ce dernier indique :

« Les employés [de Google] sont libres d’exprimer ce qu’ils veulent à titre personnel, en dehors de notre cortège d’entreprise sponsorisé. Mais ils ne sont pas autorisés à utiliser notre plateforme pour exprimer des messages contredisant la communication de Google ». S’ils le faisaient, cela serait considéré comme une violation du code de conduite de Google.

Ce mémo a été passé alors que plusieurs employés prévoyaient de participer à cette parade tout en indiquant clairement, par le biais de pancartes et/ou t-shirts, leur mécontentement face aux dernières décisions de leur employeur. Malgré la récente promesse de Sundar Pichai de revoir la politique de harcèlement de la plateforme YouTube et ses excuses pour les manquements passés, les employés de Google sont dans les faits muselés.

Un employé de Google interrogé par The Verge a déclaré :

« Les Youtubeurs utilisant notre plateforme et en tirant parfois des revenus significatifs ont le droit de se protéger derrière la liberté de parole pour continuer d’utiliser notre plateforme… mais les employés LGBTQ de Google n’ont pas le droit à cette même liberté de parole pour déclarer que Google ne nous représente pas. […] C’est au mieux ironique, mais surtout hypocrite… et particulièrement ironique de vouloir modifier notre discours lors du cinquantième anniversaire des émeutes de Stonewall ».

Il n’a pas été précisé aux employés ce qu’ils encourraient s’ils décidaient de protester lors du cortège malgré tout.