Antitrust : Google se défend en assurant être une entreprise comme les autres

Google n'impose rien à personne... du moins selon Google

 

Accusée par les régulateurs américains d'abus de position dominante en matière de recherche sur le web et sur le terrain de la publicité en ligne, Google se défend en assurant être une entreprise comme les autres. La firme assure être soumise aux mêmes impératifs et se dit astreinte à payer d'autres groupes, comme Apple et Microsoft, pour promouvoir ses services.

Google se défend en négligeant l’importance de sa force de frappe et de ses capacités financières

Google se défend en négligeant l’importance de sa force de frappe et de ses capacités financières // Source : Kai Wenzel / Unsplash

Pour se défendre contre les régulateurs américains après une plainte déposée pour abus de position dominante, notamment sur les domaines de la recherche web et de la publicité en ligne, Google essaye de se faire plus modeste qu’il n’est… en minimisant notamment la force de frappe de ses services, et l’impact que peuvent avoir ses imposantes disponibilités financières. C’est en tout cas ce que l’on retient globalement d’un long billet publié par Kent Walker, Senior Vice President de Google en charge des activités du groupe à l’échelle mondiale. Épluché par 01Net, le texte permet aussi à l’intéressé de se livrer à un exercice de comparaison avec certains concurrents.

Google doit, lui aussi, payer un tribut… surtout à Apple

Le Senior VP du groupe assure notamment que ses services ne sont pas imposés aux utilisateurs : c’est eux qui les préfèrent et les utilisent. À titre d’exemple, Kent Walker cite les appareils Windows 10 qui, par défaut, ne proposent pas les services de Google, mais seulement le navigateur Edge et la recherche Bing (à la fois sur le navigateur et dans la barre de recherche de l’OS). Google estime ici être dans les clous puisque l’utilisateur doit, manuellement, aller chercher ses services pour les utiliser sur PC.

Pour les autres appareils, la firme assure être soumise aux mêmes impératifs promotionnels que les autres. Google explique ainsi être, lui aussi, contraint de payer Apple, Samsung, LG, Microsoft ou encore de nombreux opérateurs mobiles pour mettre en avant ses services sur leurs appareils et plateformes.

« Oui, à l’instar d’innombrables autres entreprises, nous payons pour faire la promotion de nos services, comme une marque de céréales qui paierait un supermarché pour être en tête de gondole. Quand vous achetez un smartphone ou un ordinateur, il y a aussi une tête de gondole : l’écran d’accueil. Sur mobile, cet écran est contrôlé par Apple, ou par des entreprises comme AT&T, Verizon, Samsung ou LG. Et sur les ordinateurs, cette tête de gondole est largement contrôlée par Microsoft », avance Kent Walker.

Google oublie néanmoins de préciser les montants dépensés pour assurer à ses services la plus belle place au soleil possible. Comme le rappelle 01Net, la chose s’est récemment chiffrée à près d’un milliard de dollars. Une somme colossale versée à Apple pour profiter, justement, d’une place en « tête de gondole » et en recherche par défaut pour Safari sur Mac et iPhone. Il est clair que de plus petits acteurs de la recherche comme DuckDuckGo ou Qwant n’auront pas les mêmes disponibilités pour promouvoir aussi efficacement leur moteurs.

Quid d’Android ?

Quant à la question d’Android, Google est bien forcé d’admettre avoir une place prédominante sur son OS maison, pourtant gratuit, relativement ouvert et développé à partir d’un noyau Linux.

« Sur les appareils Android, nous avons des accords promotionnels avec les opérateurs et les fabricants d’appareils pour afficher les services Google », reconnaît Google. « Ces accords nous permettent de distribuer Android gratuitement, donc ils réduisent directement le prix que les gens paient pour leurs téléphones », lit-on plus loin. Google explique que les utilisateurs sont néanmoins libres de télécharger d’autres applications que celles de Google, tout en configurant un autre moteur de recherche par défaut sur leur smartphone.

Kent Walker conclut enfin son billet en indiquant que « la chose qui compte le plus, c’est que les gens n’utilisent pas Google parce qu’ils y sont obligés, mais parce qu’ils choisissent de le faire ». S’ils sont dans certains cas attaquables, ce sont sur ces arguments que Google compte pour convaincre les juges de sa bonne foi. Nul doute que les régulateurs américains auront de quoi titiller la firme, notamment sur les domaines de la publicité en ligne et du SEO, sur lesquels le groupe semble maintenir une forte emprise.

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