Depuis plusieurs années, il semblait que Huawei travaillait, en parallèle de ses appareils Android, sur le développement d’un autre système d’exploitation mobile. Une information qui a finalement été démentie plus de deux ans après par le responsable du logiciel du constructeur chinois.

À l’occasion de la présentation de la nouvelle interface EMUI 9.0, Wang Chenglu, président de la division logiciel de Huawei, a pris le temps de répondre aux questions de la presse chinoise sur sa vision d’Android, des logiciels et surtout des ambitions de Huawei sur le mobile et de ses projets de développement de son propre système mobile. Interrogé quant à savoir si Huawei comptait développer son propre système, concurrent d’Android, le responsable de Huawei a été catégorique. « La réponse est non ! Tout du moins, il n’y a aucun projet en ce sens pour l’instant », a indiqué Wan Chenglu, repris par le site My Drivers.

Selon le chef de la division logiciel de Huawei, cela n’aurait que peu d’intérêt en raison de la difficulté de nouer suffisamment de partenariats, notamment avec les développeurs, pour rendre l’écosystème attractif. Un défi auquel se sont déjà frottés Microsoft avec Windows Mobile, ou Samsung avec Tizen pour smartphones, sans succès. Par ailleurs, d’après Wan Chenglu, les relations entre Google et Huawei sont au beau fixe et il n’y a aucune raison pour le constructeur de se passer de la solution de la firme de Mountain View.

Des risques de sanction de la part des États-Unis

La réponse du responsable de Huawei vient enfin clore plus de deux ans de rumeurs. En juin 2016, le site The Information faisait état du développement en interne chez Huawei d’une alternative à Android. À l’époque, il s’agissait surtout pour le constructeur chinois de pouvoir prendre son indépendance au cas où Google cherche à trop contrôler l’écosystème Android. Depuis le début de l’année, ces informations sont revenues, notamment depuis la sanction infligée par les États-Unis à ZTE. Le constructeur, compatriote de Huawei, risquait en effet en avril de perdre la possibilité d’utiliser Android sur ses appareils.

Les informations au sujet de Huawei qui développerait son propre système sont donc revenues au goût du jour, cette fois justifiées par un éventuel besoin en cas de nouvelles sanctions des États-Unis. Il faut dire que le fabricant a toujours eu du mal à s’exporter outre-Atlantique, notamment à cause d’une législation qui pénalise drastiquement les constructeurs chinois, et d’une méfiance générale à leur égard.

Le développement d’un système alternatif à Android comme roue de secours pouvait alors paraître comme un gage de sécurité par Huawei. Cependant, avec le démenti de Wan Chenglu, il semblerait finalement que ce ne soit même pas le cas. Logique, dès lors, que le constructeur ait peu à peu abandonné son rêve américain pour ne pas se frotter à l’administration étasunienne.

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