Longtemps laissé seul sur un marché qu’il a créé en 2018, DJI voit aujourd’hui son premier concurrent sérieux venir le défier sur son propre terrain. Mi-avril 2026, le constructeur dégainait une Osmo Pocket 4 aux évolutions franchement timides — un bridage volontaire pour en garder sous le coude en vue de l’Osmo Pocket 4P. C’était sans compter sur Insta360, qui préparait son offensive depuis quelque temps (comprendre plusieurs années) et qui a trouvé ici la fenêtre de tir idéale.
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Fini les fuites insistantes, la marque abat ses cartes et officialise son fer de lance, la fameuse Luna Ultra. Au menu : un double module caméra co-développé avec Leica (embarquant enfin ce téléobjectif tant espéré), de la 8K, et surtout un écran détachable faisant office de télécommande sans fil. Sur le papier donc, une entrée fracassante sur le marché des caméras de poche.
On utilise l’Insta360 Luna Ultra depuis plusieurs semaines et voici notre test et avis complet.
Insta360 Luna UltraFiche technique
Ce test a été réalisé avec une Insta360 Luna Ultra fournie par Insta360.
Insta360 Luna UltraUn écran séparable qui change la donne
L’Insta360 Luna Ultra est imposante. Si on attend de pouvoir la comparer avec la future DJI Osmo Pocket 4P, force est de constater qu’elle est bien plus grosse que la DJI Osmo Pocket 4. La prise en main reste similaire, mais il n’en fallait pas plus.

C’est surtout le double module photo qui donne un aspect massif à la Luna Ultra. Il faut dire que loger un capteur principal type 1 pouce et un second objectif dédié au zoom x3 demande logiquement de l’espace. La caméra ne perd pas non plus le côté miniature de la Pocket 4 standard, mais offre un gabarit bien plus utilitaire. À noter qu’Insta360 a choisi d’aligner les deux capteurs à l’horizontale, là où DJI a mis les deux capteurs de son Osmo Pocket 4P l’un au-dessus de l’autre.

Une fois la caméra éteinte, le module se range (comme d’habitude pour ce genre de produit) à la verticale pour se protéger au maximum, et on se retrouve donc avec un beau bébé bien plus long en main.
| Modèle | Dimensions (mm) | Masse (g) |
|---|---|---|
| DJI Osmo Pocket 4 | 144,2 × 44,4 × 33,5 | 190,5 |
| DJI Osmo Pocket 4P | 159,5 × 63,3 × 33,5 | 230 |
| Insta360 Luna Ultra | 169,9 × 52,4 × 38,5 | 233 |
Les dimensions ci-dessus confirment le ressenti en main : l’Insta360 Luna Ultra est plus imposante que la DJI Osmo Pocket 4P, déjà lancée en Chine, elle-même plus imposante que la DJI Osmo Pocket 4.
Pour aller plus loin
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En soi, côte à côte, la différence entre la Pocket 4 et la Luna Ultra est visible mais pas non plus frappante. Modules photo à part, le corps du produit est similaire : celui de la Luna Ultra est plus grand, un peu plus épais, mais tout aussi large.

L’ensemble reste bien équilibré en main, mais on atteint ici les limites du format dit de poche. Si la Luna Ultra passera dans une veste ou un sac, voire dans une large poche de pantalon, il faudra oublier la poche de jean.
La différence s’accentue encore avec le boîtier de protection pensé par Insta360 pour la Luna Ultra : une fois rangée dans ce dernier, la caméra donne vraiment un aspect imposant.

Eh oui, si DJI a réduit la protection de la nacelle motorisée à une petite pince en plastique, Insta360 propose un boîtier en plastique qui protège entièrement la Luna Ultra. Le bloc caméra se range face contre terre et un petit mécanisme à ressort permet de libérer le tout d’une simple pression. Mieux protégée, mais plus encombrant.

Après avoir hésité à l’emporter avec moi sur les chemins de trail, je me suis rendu compte que la Luna Ultra et sa coque de protection rentraient tout juste dans ma poche avant de gilet d’hydratation (Salomon ADV Skin 12 pour les intimes). J’ai alors étonnamment vite pris le coup de main pour sortir l’ensemble avec ma main gauche, appuyer sur le bouton pression de la coque et basculer la caméra dans ma main droite tout en faisant pivoter l’écran pour l’allumer.

Autrement dit, et même si je me retrouvais à filmer avec la main droite en tenant la coque de protection dans la main gauche, je pensais être moins à l’aise que ça à cause des dimensions du produit et de sa coque.

Rappelons que le prix (729 euros) et la fragilité inhérente de ce genre de produit (deux objectifs et une nacelle motorisée) poussent l’utilisateur à manipuler le produit avec précaution, mais que chaque étape supplémentaire pour dégainer la caméra de sa poche, puis de son étui pour filmer, sont des frictions supplémentaires — surtout pour un produit pensé pour le vlog.
Parlons-en dès maintenant : l’écran de la Luna Ultra peut se détacher du reste du produit. Les avantages sont multiples, à tel point que je me demande pourquoi ne jamais y avoir pensé pendant mes tests des DJI Osmo Pocket :
- piloter la caméra à distance (joystick, changer de mode, lancer une vidéo…) ;
- par extension, ajuster le cadre à distance puisque l’écran est sur la télécommande détachable et que le retour vidéo continue de s’afficher ;
- bénéficier du micro intégré dans cette télécommande pour avoir un meilleur son quand on s’éloigne de la caméra, sans avoir besoin de micro externe dédié.

Insta360 a simplement repris le concept déjà éprouvé sur sa gamme de mini-caméras Go : l’écran est détachable. Maintenu à la poignée par un système magnétique couplé à des broches de connexion, il se retire d’une simple pression sur les deux petits boutons rouges placés en bas du produit. La manipulation peut se faire à une main lorsque la caméra est sur son trépied, mais on a toujours préféré utiliser nos deux mains pour limiter la casse.

Cet atout marque une vraie rupture avec la concurrence : les deux modèles de l’Osmo Pocket 4 conservent un écran, certes rotatif, mais fixe. La modularité de la Luna Ultra lui donne donc un argument direct. À noter que les écrans de la Luna Ultra et des Osmo Pocket 4 font la même taille de 2 pouces de diagonale.

Rien de particulier à relever sur les finitions ou l’assemblage. Seul le petit bruit révélé par le jeu du bouton de zoom lorsqu’on secoue le produit donne un aspect un tout petit peu moins haut de gamme que les Pocket de DJI. Allez, le joystick de la Luna Ultra est également moins agréable et plus basique au toucher que celui de la Pocket 4.

En parlant de boutons et de joystick justement, voici ce qu’Insta360 a prévu sur sa Luna Ultra :
- un joystick cliquable pour diriger manuellement l’orientation de la nacelle et lancer trois actions différentes en fonction du nombre de clics ;
- un bouton pour lancer l’enregistrement ;
- un curseur de zoom ;
- deux boutons personnalisables intégrés sous l’écran amovible, pour configurer vos raccourcis favoris avec deux actions par bouton (clic simple et double clic)

Les plus attentifs auront remarqué qu’aucun bouton ne se cache sous l’écran de la Luna Ultra, à l’inverse de la DJI Osmo Pocket 4. C’est peut-être un peu moins esthétique chez Insta360, mais c’est surtout bien plus pratique : tous les boutons restent immédiatement accessibles, même lorsque l’écran n’est pas basculé en mode horizontal. Comptez quatre micros intégrés sur la Luna Ultra, dont un sur le fameux écran tactile détachable. C’est un de plus que chez DJI.

Là où Insta360 gagne aussi des points, c’est sur la stabilité du produit en lui-même. C’est tout simple : on peut poser la Luna Ultra avec moins de peur que les Osmo Pocket de DJI. J’insiste sur le « moins de peur » et non sur « davantage de sérénité », car la Luna Ultra reste elle aussi très sensible au vent ou aux vibrations lorsqu’elle est posée sur une surface plane — n’essayez même pas sur un sol irrégulier. Pour tout vous dire, j’ai dû me forcer à installer des vêtements autour de la caméra après l’avoir posée sur une terrasse en bois dont les stries compromettaient son équilibre, pour amortir la chute au cas où.

Une petite extension livrée avec la caméra propose certes une espèce de trépied de fortune, mais cela allonge encore le produit, et il faut bien penser à le prendre avant de sortir de chez vous. Ça fera l’affaire s’il n’y a pas trop de vent et que vous n’êtes pas dans un lieu de passage provoquant des micro-vibrations. La conclusion est la même que lors de mon test de la DJI Osmo Pocket 4 : nous n’avons pas affaire à des caméras d’action et il faudra souvent anticiper et bien réfléchir aux accessoires que vous embarquez pour la journée, particulièrement si vous vous filmez seul.

Précisons que la Luna Ultra n’est absolument pas étanche. S’il est possible que l’appareil survive à une légère pluie, la plus grande prudence reste de mise.
Insta360 Luna UltraUne gestion du zoom à peaufiner
On ne change pas une formule qui gagne. La navigation sur cette Insta360 Luna Ultra reprend les codes classiques de la marque : c’est fluide et les habitués retrouveront leurs repères instantanément.

Insta360 a bien glissé quelques astuces bienvenues, comme le basculement automatique de la captation audio vers le micro de l’écran détachable dès que vous le décrochez de la base — en partant du principe que vous tenez l’écran à la main près de votre bouche alors que la caméra est certainement posée plus loin.
Ma seule réelle frustration à l’usage concerne la gestion du zoom, qui relève ici du parcours du combattant. Trois méthodes sont disponibles, et aucune ne m’a totalement convaincu :
- le curseur physique : trop imprécis et lent malgré les niveaux de sensibilité proposés dans les réglages. Il est difficile de faire un arrêt net sur la focale souhaitée ;
- l’écran tactile : obligé de balayer toutes les étapes une à une (1x, 2x, 3x, 6x, 12x), y compris pour revenir en arrière, sauf à vraiment faire glisser son doigt ;
- les boutons personnalisables : même constat, impossible de sauter directement du 1x au 6x sans passer par les paliers intermédiaires.

On aurait aimé pouvoir assigner une focale fixe à un bouton. En l’état, je passe mon temps à cliquer pour traverser les niveaux de zoom. C’est du temps perdu en pleine action, surtout quand je veux uniquement le vrai zoom numérique x3, et pas les zooms numériques entre le x1 et le x3, et entre le x3 et le x12.
Comme DJI, un simple coup de pouce pour faire basculer l’écran à l’horizontale suffit pour allumer la caméra. Le démarrage de l’Insta360 Luna Ultra est aussi rapide que celui de la DJI Osmo Pocket 4. Même constat pour l’extinction : les deux caméras s’éteignent à la même vitesse après avoir rebasculé l’écran en mode vertical. Notons tout de même que la première mise en route de la Luna Ultra de la journée est parfois assez longue, environ 5-6 secondes.

Lors de mon test, les choses se sont un peu gâtées avec l’écran détachable : le retour vidéo mettait parfois quelques secondes à s’afficher, quand il ne buggait pas tout simplement. Depuis le lancement officiel de la Luna Ultra et les dernières mises à jour, tout semble désormais rouler. Il faut entre deux et trois secondes au flux vidéo pour s’afficher à nouveau une fois l’écran détaché, et une seconde une fois remis en place.

La meilleure tendance des dernières années sur les caméras de poche est sans surprise présente sur la Luna Ultra : le saint stockage interne. Insta360 a cependant été moins généreux que DJI : la Luna Ultra embarque 47 Go de stockage interne, contre un peu plus de 100 pour les DJI Osmo Pocket 4 et Osmo Pocket 4P. Le port microSD (jusqu’à 1 To) reste heureusement là pour rattraper le coup lors des longues journées de tournage.
Insta360 Luna UltraDouble ration de capteurs
Insta360 ne fait pas dans la demi-mesure et vient chasser directement sur les terres de la gamme DJI en multipliant les arguments techniques.

Contrairement à la DJI Osmo Pocket 4 qui se contente d’un unique capteur de 1 pouce, la Luna Ultra fait le choix du double objectif. On y retrouve un objectif principal avec un capteur type 1 pouce ouvrant à f/1,8, épaulé par un téléobjectif avec un capteur de 1/1,3 pouce ouvrant à f/2,0. Cette configuration permet un zoom allant jusqu’à x12 en vidéo. Précisons que la Luna Ultra bascule sur le second capteur à partir du x3, qui est donc le vrai seul zoom optique de la caméra. Le x4 et x6 sont très convaincants, même de nuit.

C’est un avantage matériel indéniable face au zoom numérique recadré de la Pocket 4 classique, même s’il faut rappeler que la future DJI Osmo Pocket 4P adoptera elle aussi une approche identique avec un téléobjectif aux caractéristiques similaires.
Bon ok, mais ça donne quoi sur les images ? Voyez donc par vous-même avec ce résumé de mes week-ends de juin. Toutes les vidéos ont bien évidemment été filmées avec la Luna Ultra, en 4K.
On comparera la qualité d’image de la Luna Ultra avec celle de la Pocket 4 dans quelques instants, mais en attendant, force est de constater qu’Insta360 a réussi sa première caméra de poche. Au-delà des images délivrées, les possibilités de zoom apportent une vraie polyvalence. Comme déjà expliqué, on regrette les manipulations peu pratique pour passer rapidement en x3.

On remarque souvent bien le passage entre le x1 et le x3, autant sur le petit saut d’image classique (très bien géré sur les iPhone) que sur les couleurs (voir à 3:13 dans la vidéo). Rien à redire cependant sur l’autofocus. Allez, en mettant les deux caméras côte à côte pour un test d’autofocus, celui de la Pocket 4 est légèrement plus réactif, mais je n’ai pas ressenti cela à l’usage.

La Luna Ultra franchit aussi le fameux cap de la 8K (7680×4320 pixels) jusqu’à 30 images par seconde. Si cette débauche de pixels peut sembler superflue pour du simple vlog, elle permet à Insta360 de prendre l’avance sur DJI, au moins sur le côté marketing. Cela fera plaisir à ceux qui aiment recadrer leurs vidéos en post-production. Je ne m’en suis jamais servi, la 4K étant amplement suffisante.
À noter que seul le 3K est disponible en filmant avec la nacelle en mode vertical. Il est possible de tricher en restant en mode horizontal pour conserver la 4K et en cassant son poignet pour forcer le double module caméra à passer physiquement à la verticale. Pas très pratique.

Cette fiche technique bien généreuse a ses limites, surtout sur la gestion des hautes fréquences d’images. Au ralenti, la Luna Ultra s’arrête à 120 images par seconde en 4K. Pour atteindre les fameuses 240 ips, il faudra obligatoirement redescendre en 1080p. DJI conserve sa couronne puisque la Pocket 4, comme la future Pocket 4P, sont capables d’encaisser des ralentis en 4K à 240 ips.
Enfin, côté traitement de l’image, la Luna Ultra se pare logiquement de profils professionnels avec du Dolby Vision et un format I-Log 10 bits pour concurrencer le D-Log Pro de DJI. Notons un débit vidéo maximal moins généreux chez Insta360, qui plafonne à 120 Mbps, contre les 180 Mbps offerts par les deux modèles de la gamme DJI Osmo Pocket 4.

Reste maintenant à voir ce que donne la fiche technique de l’Insta360 Luna Ultra sur le terrain face à la DJI Osmo Pocket 4. J’ai filmé quelques situations avec les deux caméras côte à côte, en 4K et en mode automatique. J’avais au préalable basculé les deux caméras en mode débit élevé pour avoir la meilleure qualité possible.
On ne va pas se mentir, les deux images sont très très proches. Les plages dynamiques sont similaires, à l’exception de quelques ciels un peu bleus chez Insta360 sur certaines vidéos. Les couleurs sont étrangement comparables, là où Insta360 nous avait habitués à abuser de la saturation. Mon visage est souvent un peu plus marqué sur les vidéos de la Luna Ultra, mais les bords de l’image (feuillages, murs des bâtiments) semblent moins détaillés que chez DJI.
Bref, faites pause un peu partout dans la vidéo et vous ne verrez pas de différences flagrantes. Dans de telles conditions (plein soleil et ciel bleu), il me serait impossible de différencier les images de deux caméras. La seule différence bien visible est le flou d’arrière-plan, plus marqué sur la Luna Ultra.

Le vrai zoom optique x3 de la Luna Ultra (équivalent 60 mm) offre sans surprise un résultat bien plus détaillé et flatteur que le zoom numérique de la Pocket 4. Avec de bonnes conditions lumineuses cependant, le zoom de la Pocket 4 peut dépanner. Nous referons les tests quand la Pocket 4P sera sortie en France, car elle embarque elle aussi un second capteur.
Et de nuit ? DJI et Insta360 sont connus pour leurs mode nuit respectifs, et les caméras de poche ne dérogent pas à la règle. On retrouve le mode PureVideo sur la Luna Ultra et le mode Low Light sur l’Osmo Pocket 4. Encore une fois, le match est serré. La Luna Ultra délivre une image avec légèrement moins de bruit numérique, surtout sur mon visage. Une nouvelle fois, Insta360 l’emporte sur la partie zoom grâce à son véritable téléobjectif — l’Osmo Pocket 4 ne permet même pas de zoomer en mode nuit. La caméra de DJI bloque aussi en 4K 30 fps dans ce mode, alors que la Luna Ultra peut tranquillement enregistrer en 4k 60 fps.
Insta360 Luna UltraStabilisation et tracking
Même si la Luna Ultra est la première caméra de poche stabilisée d’Insta360 (la caméra hein, pas la poche), on n’avait pas vraiment de craintes quant à la qualité de la stabilisation. La Luna Ultra encaisse les mouvements de marche ou de course légère sans broncher. Vous avez pu le voir dans la dernière vidéo ci-dessus.

Les résultats sont très stables, et on a même parfois l’impression que la caméra résiste à certains mouvements brusques pour garder l’horizon stable, alors qu’on souhaitait justement l’amener de l’autre côté rapidement. C’est un coup de main à prendre.
Côté suivi automatique, le fonctionnement est exactement le même que sur les Pocket de DJI : un clic sur un bouton, sur l’écran, ou un geste de la main suffit à cadrer le sujet principal. L’algorithme de suivi est tout aussi efficace que chez DJI. Vous pouvez passer derrière un poteau ou un arbre, sortir du champ et y revenir, vous retournez brusquement, et la Luna Ultra vous retrouvera dans la grande majorité des cas.

J’ai posé la Luna Ultra et l’Osmo Pocket 4 côte à côte sur une table pour une petite bataille de tracking. Les deux caméras ont délivré la même très bonne performance. Les deux n’ont jamais lâché l’affaire en me suivant en permanence ou en me retrouvant lorsque je me déplaçais erratiquement, que je me cachais derrière une chaise, sortais du cadre et y revenais à une bonne allure.
Ce suivi automatique du sujet est franchement toujours aussi pratique à l’usage. J’ai par exemple souvent prêté la Luna Ultra à des amis moins à l’aise avec le cadrage, avec la garantie d’un résultat propre. Je m’en servais aussi lorsque je devais suivre quelqu’un en courant et que je devais vérifier où je posais le pied.

Insta360 a aussi pensé à intégrer l’équivalent du cadrage dynamique de la Pocket 4, qui permet de caler le sujet sur un des points de force de l’image. Cela évite d’avoir des plans trop propres techniquement et ennuyeux avec le sujet toujours centré.
Les autres modes
Les DJI Osmo Pocket 4 et l’Insta360 Luna Ultra se ressemblent aussi dans les autres modes qu’elles proposent — comprendre en plus du mode vidéo. On retrouve les habituels Timelapse, TimeShift et Barrel Roll. Côté photo, la Luna Ultra est capable de grimper jusqu’à 37 mégapixels, comme chez DJI.

Insta360 a fait le choix d’un partenariat photographique de prestige en intègrant directement des filtres tirant parti de son co-développement avec Leica. Les utilisateurs ont ainsi le choix entre les profils « Leica Natural », « Leica Vivid » et « Leica Chrome ». La Luna Ultra s’aligne aussi sur DJI en proposant ses propres filtres cinématiques, dont l’intensité est cette fois-ci réglable sur trois niveaux.
À l’instar des nouveaux filtres de DJI, l’Insta360 Luna Ultra inclut des réglages de correction du visage. Ces lissages logiciels de la peau nécessitent d’être utilisés avec parcimonie et visent j’imagine plutôt le marché asiatique.
Insta360 Luna UltraUne autonomie similaire à la concurrence
La Luna Ultra embarque deux batteries :
- une batterie principale de 1 550 mAh pour alimenter la caméra ;
- une batterie indépendante de 210 mAh intégrée au module écran pour le maintenir allumé lorsqu’il est détaché et utilisé comme télécommande.

Non, la batterie de l’écran ne peut pas servir de batterie de secours pour recharger la batterie principale du manche. Lors de mes tests, elle m’a permis de garder le retour vidéo et le contrôle à distance pendant quasiment une heure d’affilée, avec l’écran toujours allumé mais en luminosité assez faible. C’est une bonne base, mais je peux comprendre si certains en voudront plus. Attention : gardez bien en tête qu’une fois cette batterie de 210 mAh vide, vous ne pouvez plus utiliser la caméra puisque tous les boutons sont sur la télécommande. Il suffit alors de reclipser l’écran sur le manche.

Voici les données techniques de la batterie principale de la Luna Ultra face à ses concurrentes :
| Modèle | Capacité batterie (mAh) | Autonomie annoncée en 1080p à 24 ips (min) |
|---|---|---|
| DJI Osmo Pocket 4 | 1 545 | 240 |
| DJI Osmo Pocket 4P | 1545 | 210 |
| Insta360 Luna Ultra | 1 550 | 240 |
Sur le papier donc, la batterie et l’autonomie de Luna Ultra sont équivalentes à celles des DJI Osmo Pocket 4 et 4P. Comme d’habitude avec les fiches techniques, ces données représentent des scénarios idéaux en laboratoire — sans Wi-Fi, sans écran, sans suivi actif du sujet.
Commençons par les résultats d’autonomie de la Luna Ultra dans mon test tout bête (et pas représentatif d’un vrai usage) qui consiste à poser la caméra sur une table, lancer un enregistrement vidéo et attendre qu’elle s’épuise.

En 1080p 30 fps, avec 30 mn de suivi automatique et l’écran allumé en permanence, l’Insta360 Luna Ultra a tenu 172 mn (2 heures et 52 minutes), contre 206 minutes pour la DJI Osmo Pocket 4. En 4K 60 fps, la Luna Ultra s’est éteinte après 112 minutes, avec une bonne heure de suivi automatique, le tout d’une traite sans s’éteindre à cause de la chauffe. Dans des conditions très similaires, la DJI Osmo Pocket 4 avait atteint 118 minutes. Dans ce genre de tests donc, la DJI Osmo Pocket 4P s’en sort donc un petit peu mieux.

Passons au vrai test terrain. Je suis parti faire une randonnée avec la Luna Ultra chargée à 100 % au début. J’ai pris une quarantaine de vidéos en 4K 30 images par seconde, avec une majorité de suivi automatique, pour un total de 17 minutes de rush. J’ai consulté quelques vidéos enregistrées sur l’écran de la caméra et à ce moment de la journée, il me restait 60 % de batterie. Après avoir filmé 4 minutes de rush supplémentaires, j’ai utilisé l’application Insta360 sur mon téléphone pour y connecter la caméra et télécharger des vidéos, ce qui consomme de la batterie.
Le lendemain matin pour une seconde randonnée, sans recharge entre temps, la Luna Ultra affichait 44 % d’autonomie restante. J’ai enregistré 26 nouvelles vidéos, toujours en 4K 30 fps, pour une durée totale de 14 minutes. J’ai éteint la caméra pour quelques jours, toujours sans la recharger. Quand je l’ai rallumée trois jours plus tard, il lui restait 5 % de batterie.

La recharge se fait avec le port USB-C intégré sous la caméra. Insta360 nous indique que la Luna Ultra demande 23 minutes pour se charger à 80 %. Avec un chargeur de 65 W, j’ai seulement dû attendre 21 minutes pour parvenir aux 80 %, et 20 minutes de plus pour que la caméra soit pleinement chargée.
À titre de comparaison avec le même chargeur, la DJI Osmo Pocket 4 a atteint les 80 % en 20 minutes, puis les 100 % en seulement 10 minutes de plus. Dans les deux cas, la vitesse de charge est impressionnante.
Insta360 Luna UltraUn positionnement premium
La Insta360 Luna Ultra a été lancée le 10 juin 2026 au prix de 729 euros. Vous avez bien lu. Deux couleurs sont disponibles : noir et blanc. Pour ce prix de base, vous obtenez la Luna Ultra, son étui de protection et la poignée à filetage 1/4″ qui intègre un petit simili-trépied.
Comme d’habitude, Insta360 propose différents packs au moment de l’achat. Il faudra par exemple débourser 929 euros pour le pack créateur, qui ajoute au pack de base un micro Mic Pro, un objectif grand-angle, une poignée avec petite batterie supplémentaire intégrée et un sac de transport pour protéger le tout.

À titre de comparaison, la DJI Osmo Pocket 4, qui n’a qu’un seul capteur, coûte 479 euros, ou 619 euros pour son pack créateur. La DJI Osmo Pocket 4P, la vraie concurrente de la Luna Ultra avec ses deux capteurs, n’est pas encore sortie en France. À Hong Kong, elle est proposée à 4 699 dollars hongkongais (environ 545 €), contre 5 599 (environ 650 €) pour la Luna Ultra, qui sera vraisemblablement la plus chère de ces petites caméras de poche.
Insta360 prend donc un risque en positionnant sa première caméra du genre au-dessus de celles de DJI, qui a pourtant lancé ce marché en 2018.





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