Essai du Kia e-Niro : l’achat électrique plus malin que les autres ?

Pragmatisme de rigueur

Kia e-Niro
8 /10

Note de la rédaction

Le crossovers Kia e-Niro est présenté sous 2 puissances moteurs électriques : 100 kW (136 ch, avec une batterie de 39.2 kWh) et 150 kW (204 ch, avec une batterie de 64 kWh). Elle possède une autonomie maximale allant jusqu'à 455 km selon le cycle WLTP. Elle dispose d'une compatibilité charge rapide (DC) qui peut effectuer un 20 à 80 % en 42 minutes.

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Introduction

Si, esthétiquement, ce n'est pas le grand frisson, le Kia e-Niro possède de nombreux atouts par rapport à la concurrence qui pourrait rapidement vous faire changer d'avis à son sujet.

Le Kia e-Niro

Le Kia e-Niro // Source : Yann Lethuillier pour Frandroid

Après notre essai du très convaincant Hyundai Kona electric, nous nous sommes tournés vers son cousin technique, le Kia e-Niro. Cousin technique, parce qu’il partage beaucoup d’éléments avec le Kona, à commencer par le châssis, les batteries et le moteur.

Avec 455 kilomètres d’autonomie annoncée en cycle mixte, le Kia e-Niro devance de six kilomètres son cousin coréen pour quelques détails aérodynamiques. En somme, si le Kia e-Niro possède tous les atouts du Kona electric, notamment en matière de consommation, de recharge ou encore de qualités routières, il y a fort à parier que celui-ci nous séduise également.

Le Kia e-Niro

Le Kia e-Niro // Source : Yann Lethuillier pour Frandroid

Commençons par les présentations

Cousin technique du Hyundai Kona electric, certes, mais pas tout à fait pareil. En effet, si le Hyundai mesure 4,16 mètres et met l’accent sur un gabarit plutôt compact, idéal pour les milieux urbains, Kia a choisi de proposer un véhicule plus habitable. Cela se traduit évidemment par des mensurations un peu plus généreuses puisque la longueur de notre Kia e-Niro est annoncée à 4,35 mètres. C’est 20 centimètres de plus que le Kona electric et cela permet donc à Kia de viser des modèles un peu plus grands comme les BMW X2 ou encore les Toyota C-HR.

La batterie, d’une capacité de 64 kWh, étant sous le plancher et non dans le coffre, son volume n’est pas trop impacté et culmine à 451 litres et même jusqu’à 1405 litres quand les sièges arrière sont rabattus. C’est bien évidemment plus élevé que le Kona qui revendique de 332 à 1114 litres.

Le coffre du Kia e-Niro

Le coffre du Kia e-Niro // Source : Yann Lethuillier pour Frandroid

Esthétiquement, seul un œil averti saura faire la différence entre un Kia e-Niro et ses cousins hybrides ou thermiques. Parmi les signes distinctifs, nous retrouvons une calandre à l’avant pleine qui n’a évidemment pas à remplir son rôle de refroidissement ou encore ces liserés bleus à l’avant et à l’arrière. Au sein de la calandre à l’avant, nous retrouvons une prise Combo CCS pouvant autoriser une recharge maximale de 77 kW.

Tout ce qu’il faut, là où il faut

À l’intérieur, le Kia e-Niro est plutôt bien présenté et peut-être également un peu plus ergonomique que le Hyundai Kona electric dans la présentation de sa planche de bord. Sur notre modèle d’essai avec la finition « Premium », il ne manque absolument rien, nous retrouvons beaucoup d’équipements liés au confort comme les sièges électriques et chauffants, le volant chauffant, un écran tactile de 10,25 pouces compatible avec Apple CarPlay et Android Auto, deux ports USB à l’avant, un système audio JBL avec huit haut-parleurs ou encore une plateforme permettant de recharger son téléphone par induction.

L’habitacle du Kia e-Niro

L’habitacle du Kia e-Niro // Source : Yann Lethuillier pour Frandroid

La finition et les matériaux sont convaincants dans l’ensemble pour une marque généraliste telle que Kia. Le système d’infodivertissement est, comme d’habitude chez les Coréens, très complet, avec de nombreux menus liés à la motorisation de notre voiture. Il y a, par exemple, une petite carte permettant de situer précisément votre véhicule et montrant un champ d’action tout autour permettant ainsi de savoir, avec votre autonomie actuelle, jusqu’où vous pouvez vous rendre. C’est plus ludique que pratique, puisque le conducteur se concentrera davantage sur l’autonomie affichée sur l’ordinateur de bord plutôt que sur cette carte.

Il y a également un menu assez pratique qui géolocalise la borne de recharge la plus proche de là où vous vous trouvez. En sélectionnant la borne de recharge en question, le système de navigation se met en route et vous guide jusqu’à celle-ci. Il est même indiqué le type de bornes dont il s’agit, s’il s’agit d’une borne qui distribue de l’énergie en courant alternatif ou en courant continu.

Qu’en est-il de la recharge ?

Pour notre essai, nous avons effectué un trajet aller-retour entre Paris et Le Havre, avec évidemment un peu de trajet urbain une fois à destination. Dans les faits, nous avons fait environ 650 kilomètres sur trois jours avec la voiture, sans borne de recharge rapide décente sur l’autoroute A13 que nous avons empruntée. Si Rouen, qui est à mi-chemin entre Paris et Le Havre, s’est équipée il y a quelques années d’un Superchargeur Tesla, il n’y a pas de station de recharge Ionity sur la route, mais seulement une borne de recharge Corri-Door qui n’était plus active au moment de notre passage. Qu’importe, avec plus de 450 kilomètres d’autonomie au départ de Paris et 200 kilomètres pour rallier Le Havre, avec la possibilité de recharger durant la nuit sur secteur là-bas, tout devrait bien se passer.

Et effectivement tout se passe bien, d’autant que le Kia e-Niro est, comme le Kona electric, loin d’être gourmand puisque nous avons relevé sur autoroute une consommation moyenne de 17,8 kWh/100 kilomètres à 130 km/h. Au total, sur l’ensemble de notre parcours d’environ 650 kilomètres, nous avons relevé une moyenne de 15,4 kWh /100 kilomètres, un score plus que correct, voire l’un des meilleurs pour un véhicule de son gabarit. Pour recharger notre voiture, nous avons utilisé une prise domestique classique qui a permis de récupérer plus de 100 kilomètres d’autonomie pendant la nuit lors de notre passage au Havre. Nous avons également utilisé une borne publique lorsque nous étions à Paris, une borne dont la capacité de recharge plafonne à 7,4 kW et accessible via un abonnement qu’il est possible de se procurer via la carte Chargemap Pass, entre autres.

Notre consommation relevée avec le Kia e-Niro

Notre consommation relevée avec le Kia e-Niro // Source : Yann Lethuillier pour Frandroid

Quoi qu’il en soit, pour un week-end, nous n’avons jamais vraiment été inquiétés par l’autonomie et le Kia e-Niro peut parfaitement s’inscrire comme la première voiture du foyer. Pour les plus longs trajets, il faudra composer avec les bornes de recharge rapides présentes sur certaines autoroutes. Le réseau Ionity, issu d’un consortium de constructeurs dont Kia fait partie, est aujourd’hui l’un des plus fiables et commence doucement, mais sûrement, à se densifier. Sur l’une de ces bornes rapides, il est possible de passer de 0 à 80 % en un peu moins d’une heure.

Un SUV électrique agréable à conduire ?

Si vous êtes à la recherche d’un SUV électrique, vous n’êtes évidemment pas à la recherche du grand frisson automobile. Et ça tombe bien, le Kia e-Niro ne vous en produira pas. Le moteur électrique développe un total de 204 chevaux et 395 Nm de couple, de quoi garantir des départs canons… et c’est à peu près tout. Son comportement routier est neutre dans tous les sens du terme et les sensations de conduite sont entravées par un poids conséquent approchant les 1800 kilos à vide. La position de conduite est assez moyenne, pas catastrophique au point d’une Renault Zoé avec le volant dans les genoux et une assise digne d’une chaise d’arbitre de tennis, mais nous sommes tout de même assis un poil trop haut, même avec l’assise positionnée au plus bas.

En réalité, le Kia e-Niro ne souffre d’aucun défaut majeur à la conduite. Il fait tout bien, c’est-à-dire qu’il a suffisamment de puissance lors des relances, le confort est tout à fait correct et ses prestations dynamiques sont dans la moyenne de ce que proposent les SUV bien conçus de la catégorie. Si le Hyundai Kona possède un petit supplément d’âme qui le rend très sympa à conduire, c’est ce qu’il va manquer au Kia e-Niro. Mais pour un véhicule électrique qui vise plutôt des clients loin d’être des aficionados d’automobile pour la plupart, le contrat est parfaitement rempli.

Comme le Kona, le e-Niro dispose d’un gadget très appréciable au niveau du combiné d’instrumentation. À chaque fois que vous levez le pied ou que vous freinez, un petit compteur apparaît avec une sorte d’éco-score qui indique le nombre de mètres d’autonomie récupérés grâce au freinage régénératif. Par exemple, à l’arrivée d’un péage, au moment de stopper notre voiture lancée à 130 km/h sur autoroute, la petite jauge nous indique que la décélération et le freinage ont permis de récupérer 1,8 kilomètre d’autonomie. Mis bout-à-bout sur un trajet, c’est une dizaine de kilomètres, voire plus, qui peuvent être récupérés via la récupération d’énergie au freinage. Vous pouvez gérer l’intensité du freinage régénératif sur trois niveaux grâce aux palettes au volant, le niveau trois étant le plus élevé. Trois modes de conduite sont également disponibles, à savoir les modes « Eco », « Normal » et « Sport ».

De série, c’est-à-dire dès la finition d’entrée de gamme « Motion » à 37 000 euros, le Kia e-Niro est pourvu de nombreux systèmes d’aide à la conduite comme le régulateur de vitesse adaptatif, l’assistance active en cas d’embouteillage ou encore l’alerte de franchissement des lignes. Dans l’ensemble, ce système fonctionne plutôt bien sur autoroute et n’est pas trop intrusif.

Le Kia e-Niro

Le Kia e-Niro // Source : Yann Lethuillier pour Frandroid

Une douloureuse vraiment si douloureuse ?

Le Kia e-Niro débute en France à partir de 37 000 euros en finition « Motion » et grimpe jusqu’à 47 000 euros en finition « Premium » comme notre modèle d’essai. Rassurez-vous, même pour le modèle le plus haut de gamme qui dépasse le seuil des 45 000 euros permettant de bénéficier de l’aide gouvernementale de 7000 euros pour un véhicule électrique, votre concessionnaire pourra certainement consentir à un petit effort financier pour vous inciter à franchir le pas.

De ce fait, le Kia e-Niro revient plus généralement sous la barre des 40 000 euros en finition haut de gamme, une somme conséquente pour un SUV de ce gabarit, mais plutôt convenable au vu des prestations et des prix pratiqués d’une manière générale sur le marché du véhicule électrique. Si vous êtes éligible à la prime à la conversion, vous pouvez également retirer jusqu’à 5000 euros sur la facture finale, ce qui nous donne, au cumulé, jusqu’à 12 000 euros d’aide à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Kia a également communiqué récemment sur une offre de financement à partir de 47 euros/mois en location longue durée sur 25 mois et 20 000 kilomètres maximum. Un loyer diminué grâce aux aides gouvernementales qui permettent d’englober l’apport conséquent et ainsi de faire diminuer drastiquement les mensualités. Dans l’ensemble c’est plutôt une bonne affaire, sauf que cette offre concerne un modèle et une finition précise qui n’est que très rarement en stock dans le réseau.

Il s’agit avant tout d’une offre marketing pour la marque Kia, visant à faire venir massivement des clients en concession, quitte à ce qu’ils repartent avec autre chose que ce Kia e-Niro à 47 euros par mois. Cette offre a pour but de faire augmenter la fréquentation dans les showrooms, notamment après la phase de confinement où les concessionnaires n’ont rien vendu. Après avoir contacté quelques concessionnaires Kia, aucun n’était en possession du véhicule précis qui permet d’avoir accès à l’offre communiquée. L’un d’eux nous a notamment précisé que la meilleure offre qu’il puisse faire aujourd’hui pour un Kia e-Niro se situerait autour de 150 euros par mois. Bien loin des 47 euros annoncés par le constructeur. Cela reste toutefois une mensualité plutôt correcte pour un véhicule de ce type.

Note finale du test
8 /10
Difficile de reprocher quoi que ce soit à l'une des seules voitures électriques sur le marché, hors Tesla, qui peut se targuer de devenir la première voiture du foyer et faire plus que des trajets urbains. D'ailleurs, en condition urbaine, Kia annonce qu'il est même possible d'atteindre plus de 600 kilomètres d'autonomie avec une seule charge et la récupération d'énergie au freinage.

Disponible à partir de 37 000 euros, notre version d'essai atteint 47 650 euros, ce qui équivaut pratiquement aux tarifs d'une Tesla Model 3 qui dispose d'une technologie encore un peu plus éculée. Si vous n'avez pas besoin de toutes les options de la version la plus haut de gamme, il est possible d'abaisser considérablement la facture et de passer sous la barre des 40 000 euros.
Points positifs
  • Consommation maîtrisée
  • Autonomie très correcte
  • Habitabilité convenable
Points négatifs
  • Prix assez élevé hors aides gouvernementales
  • Comportement dynamique atone
  • Poids conséquent

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