
L’information vient d’une note de transparence publiée par Microsoft sur son portail pour développeurs, repérée par le site espagnol Elchapuzas.
On y lit que l’exécution de Phi Silica sur le GPU est affectée par les autres tâches qui sollicitent la carte graphique. Lancez un jeu, un montage vidéo ou du rendu 3D en même temps, et le modèle rame. Le partage de ressources marche dans les deux sens : ce que l’IA prend au GPU, le jeu ne l’a plus.
Phi Silica, c’est le petit modèle de langage que Microsoft glisse dans Windows 11 pour faire tourner des fonctions IA en local (résumé, recherche, génération de texte) sans passer par le cloud.


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Une brique de plus, alors que l’éditeur revoit régulièrement sa stratégie Copilot au gré des critiques. Sur un PC Copilot+, Phi Silica s’exécute sur le NPU, une puce spécialisée dans l’IA que Microsoft exige à au moins 40 TOPS (une mesure de puissance de calcul). Là, il ne touche pas au GPU de jeu.
Le problème surgit sur les machines sans NPU qualifié : faute de puce dédiée, l’IA se rabat sur le processeur graphique. Celui qui fait tourner vos jeux. Deux catégories d’utilisateurs Windows 11 cohabitent donc : ceux qui ont payé un NPU, et ceux qui règlent l’addition en ressources GPU.
Un conflit réel, mais pas encore sur votre PC de jeu
Avant de réinstaller Windows 10, un peu de contexte. Faire tourner Phi Silica sur un GPU Nvidia ou AMD n’est pour l’instant pas un réglage grand public. Microsoft a ouvert cette porte en juin 2026, mais elle réclame une carte RTX 30 ou plus récente, 6 Go de mémoire vidéo, le mode développeur activé et une version Insider de Windows. De la tuyauterie pour développeurs. Votre PC ne l’a pas cochée tout seul.
Reste que couper le robinet est simple. Direction Paramètres, Confidentialité et sécurité, puis Génération de texte et d’images : l’interrupteur qui désactive Phi Silica est là. Windows Latest a vérifié que le fait de l’éteindre ne change rien à la mémoire consommée, preuve que sur la plupart des machines rien ne tournait en douce. Si vous jouez sur un PC sans NPU et que vous ne voulez prendre aucun risque, c’est le bouton à basculer.

Fin août, une capture de la page « Génération de texte et d’images » de Windows 11 a tourné sur X, avec l’accusation que le système exécute de l’IA en douce pour saboter les FPS. Windows Latest a vérifié : la page affiche zéro requête, et désactiver l’option ne change rien à la mémoire consommée. La panique était gonflée. Le fond du dossier tient quand même : aucun benchmark n’a encore mesuré de perte de FPS chiffrée, avec ou sans Phi Silica actif. Le conflit décrit par Microsoft reste théorique aujourd’hui, documenté pour demain.
Microsoft avance vite, quitte à semer des bugs au passage : sa mise à jour KB5120998 de fin août a cassé le curseur de la souris chez certains utilisateurs, un problème qu’il a reconnu. Et ce ne serait pas la première fonction IA gourmande de Windows 11 : l’éditeur teste aussi une IA qui explique pourquoi votre PC rame, et qui avale 1 Go de mémoire vive au passage.
Nvidia fait exactement l’inverse
Le contraste avec Nvidia saute aux yeux. Avec le DLSS 5, dont l’IA génère des images au lieu d’en consommer, le calcul tourne sur des cœurs dédiés du GPU pour ajouter des FPS. Microsoft, lui, n’offre pas encore de réglage fin pour arbitrer entre son assistant et vos jeux. Comme on l’expliquait plus haut, il existe bien un interrupteur, dans Paramètres, Confidentialité et sécurité, Génération de texte et d’images. Mais rien pour ordonner à Windows de garder le GPU pour vos parties plutôt que pour résumer vos mails. L’éditeur laisse au moins reprendre la main sur d’autres briques, comme la touche Copilot que l’on peut enfin réaffecter.
L’IA locale est au cœur de son plan pour l’avenir de Windows, et elle va se généraliser. Pour un joueur sur PC Copilot+, aucune inquiétude : le modèle reste sur son NPU. Pour les autres, le risque est encore théorique, mais l’aveu de Microsoft pose la vraie question : quand chaque fonction de Windows voudra sa part d’IA, qui décidera si votre GPU sert d’abord à jouer ?
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