Après quelques jours de rumeurs, voici l’officialisation, Microsoft Edge va évoluer et sera à l’avenir basé sur Chromium.

Les rumeurs avaient une nouvelle fois visé juste, puisque Microsoft va bien développer un tout nouveau navigateur pour Windows 10 basé sur le projet Chromium (Google Chrome).

Microsoft rejoint ainsi les navigateurs Brave, Opera ou Vivaldi qui sont également basés sur Chromium ou utilisent le moteur Blink.

Microsoft promet d’optimiser Chrome

Dans son communiqué, Microsoft promet de devenir un grand contributeur au projet Chromium. La firme veut en particulier :

  • adapter Chromium aux machines ARM
  • améliorer la compatibilité avec les appareils Windows
  • améliorer l’interface tactile
  • améliorer l’autonomie

Microsoft fait ici référence à des points où son navigateur Edge faisait mieux que Chrome sur Windows 10, notamment l’utilisation de ressources.

La firme en profite pour annoncer que Microsoft Edge devrait débarquer sur de nouvelles plateformes, macOS, Windows 7 et Windows 8 en particulier. Le navigateur est déjà disponible sur Android et iOS.

Edge est le navigateur internet officiel de Microsoft, intégré à Windows 10 il est rapide et stable, à des années-lumière d’Internet...

3 raisons de télécharger cette application

  • La version mobile du navigateur de Microsoft
  • Synchronisation de vos favoris et onglets avec votre PC
  • Une expérience web rapide et optimisée

Ces améliorations apportées au projet Chromium devrait avoir un effet sur tous les navigateurs dont il est dérivé, dont Google Chrome. Pour autant, avec cette stratégie, Microsoft pourrait devenir un redoutable concurrent sur ce marché pour Google.

Windows reste aujourd’hui le système majoritaire sur PC. Si Microsoft parvient à proposer un navigateur vraiment convaincant basé sur Chromium, la firme retire une bonne raison de s’embêter à télécharger un navigateur alternatif tel que Chrome qui n’apporterait alors que la synchronisation avec le compte Google, mais aussi le tracking des données utilisateurs.

Google et Mozilla réagissent

Google, à l’origine du projet Chromium, a évidemment réagi à cette annonce. Le géant se réjouit que Microsoft rejoigne les contributeurs de Chromium et a hâte de « travailler avec Microsoft pour faire avancer le web et proposer d’excellents navigateurs ».

En revanche, selon Mozilla, l’éditeur de Firefox : « en adoptant Chromium, Microsoft cède encore plus de contrôle à Google sur les informations relatives à nos activités en ligne ».

Chris Beard, le directeur général de Mozilla, a déclaré la chose suivante.

D’un point de vue social, civique et individuel, céder le contrôle d’une infrastructure Internet fondamentale à une seule entreprise est terrible. C’est pour cette raison que Mozilla existe. Mozilla est en concurrence avec Google non pas parce que c’est une bonne occasion de faire des affaires. Mozilla est en concurrence avec Google parce que la santé d’Internet et de nos vies numériques dépend de la concurrence et du choix. Elles dépendent de la capacité des consommateurs à décider qu’ils attendent mieux que cela et à agir.

La décision de Microsoft va-t-elle rendre plus difficile la croissance de Firefox ? C’est possible. Accroître la puissance de Google est risqué sur de nombreux plans. Une grande partie de la réponse dépend de ce que font les développeurs Web et les entreprises qui créent des services et des sites Web. Si un produit comme Chromium a suffisamment de parts de marché, il devient alors plus facile pour les développeurs Web et les entreprises de décider de ne pas s’inquiéter si leurs services et sites fonctionnent sur autre chose que Chromium. C’est ce qui s’est passé lorsque Microsoft disposait d’un monopole sur le marché des navigateurs au début des années 2000 avant la sortie de Firefox. Et ça pourrait se reproduire.

Il y a en effet la crainte que Chromium devienne encore plus hégémonique, alors que Chrome est déjà le numéro 1 du marché, et que le Web se retrouve à nouveau comme au début des années 2000 avec Internet Explorer 6.

On peut se demander si Microsoft n’aurait pas pu plutôt adopter Gecko, le moteur de Firefox, et encourager une alternative réellement open source et libre, plutôt que souscrire au projet de Google.

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