Orange : voici comment le réseau cuivre va progressivement disparaître

ADSL, VDSL : adieu, braves compagnons

 

Orange a déjà annoncé que son réseau cuivre serait coupé en 2030. À l'aube de l'année 2020, les grandes étapes de cette transformation ont été explicitées.

Le nœud de raccordement cuivre pour les 67 000 logements de Levallois

Orange l’a déjà annoncé : le réseau cuivre (ADSL/VDSL) sera coupé en 2030. Alors que le Nouvel An 2020 approche, l’opérateur a explicité sa mission dans ce cadre.

L’opération n’est après tout pas si simple. Si l’on pourrait penser qu’il s’agit seulement d’arracher les câbles cuivres et les remplacer par de la fibre optique, de nombreux cas particuliers sont à prendre en considération comme l’explique la marque au journal Les Échos.

L’arrêt des réseaux cuivrés n’est pas mince affaire

Retirer les câbles cuivres est un chantier énorme. 110 millions de kilomètres de paires de cuivre sont déployés au sein du territoire, et le démantèlement commence à peine. Les parties centrales du réseau ont été les premières concernées, permettant sur ces cinq dernières années de récupérer 80 000 tonnes de cuivre pour l’opérateur, une matière première à haute valeur que l’acteur pourra mettre à profit.

Philippe Béguin, directeur de la réglementation chez Orange, indique cependant que le démontage restera la dernière étape du plan. Pour cause ? L’expérience acquise sur l’extinction du réseau X.25 utilisé par le Minitel : « Il restait toujours de petits services hautement sensibles, notamment de paiement, que nous avons eu beaucoup de mal à faire migrer vers d’autres solutions ».

Il y a toujours des syndics de copropriété qui refusent la fibre

Ce même genre de services auxquels on ne pense pas directement existe sur le réseau cuivre : « Les lignes de cuivre sont utilisées pour les téléalarmes, les barrages EDF… C’est une partie d’un processus industriel, dont il faut construire les plans de transformation. Nous devons engager les premières expérimentations dès 2020. C’est la meilleure façon de se confronter aux vrais sujets : la migration des clients, les différents usages, les inévitables cas particuliers… »

Et puis, il faut aussi convaincre le grand public… et surtout les propriétaires : « Même dans les grandes villes, il y a toujours des syndics de copropriété qui refusent la fibre », indique Marc Blanchet, directeur technique d’Orange. C’est aussi pourquoi le gouvernement va progressivement augmenter les tarifs du cuivre (que l’Arcep régule) : pousser à la migration vers la fibre optique de nombreux acteurs du marché.

Orange compte lui aussi exercer une certaine pression pour pousser à la migration. Et cela passera par le support : « Quand la fibre sera complètement déployée sur une zone, faudra-t-il réparer le réseau cuivre en cas de panne chez un client éligible à la fibre ? Peut-être pas. C’est un scénario à explorer ».

L’opérateur aura cinq ans pour prévenir les clients concernés de cette migration, un délai qu’il cherche d’ailleurs à réduire. Passer du cuivre à la fibre optique ne se fera pas sans heurts, et Philippe Béguin n’hésitera pas à jouer les gros bras au bout du compte en espérant qu’ « au moment où nous parviendrons à l’échéance finale, nous aurons suffisamment vidé le réseau pour ne pas avoir trop de cas compliqués à migrer ‘un peu’ de force ».

Preuve s’il en est que le chantier n’est pas mince affaire.

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