On a testé le Shwette Baggy, un petit vélo cargo électrique français qui a presque tout d’un grand

Vélos électriques • 2025

Véritablement polyvalent malgré une taille réduite, le vélo cargo électrique Shwette Baggy offre une alternative intéressante dans la catégorie des biporteurs, avec une agréable assistance Virvolt. Nous l'avons testé, voici notre verdict.
Source : M. Lauraux pour Frandroid
Source : M. Lauraux pour Frandroid
 

Le vélo cargo électrique continue à se répandre dans les familles françaises, avec plus de 10 % des ventes de VAE. Mais particularité vis-à-vis de nos voisins européens, nous sommes très friands des longtails. Les biporteurs sont souvent vus comme des outils professionnels, ou parfois trop imposants dans nos centres-villes denses.

La solution est peut-être celle du petit biporteur. Le segment se cherche encore avec de nombreux formats, comme le Muli (16 pouces avant, 20 pouces arrière) ou le Riese & Müller Carrie 2 (20 pouces). La marque, elle, Shwette débarque avec une proposition 20 pouces avant et 24 pouces arrière.

Cette startup fondée par Jean-Marc Seynhaeven veut marquer le coup avec son modèle compact nommé Baggy. Confiant l’assistance à Virvolt et avec une grosse batterie, ce VAE biporteur adopte un panier avant pliable, pouvant transporter un passager, un enfant ou un chien. Après notre rapide prise en main l’an dernier, nous avons pu tester ce VAE atypique en bonne et due forme. Voici notre bilan.

Fiche technique

Modèle Shwette Baggy
Dimensions 205 cm x 68 cm
Puissance du moteur 250 watts
Nombre d’assistances 3
Autonomie annoncée 80 km
Batterie amovible Oui
Bluetooth Non
GPS Non
Écran Oui
Poids 38 kg
Couleur Vert, Crème
Poids maximal supporté 190 kg
Phares Oui
Feu arrière Oui
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un modèle prêté par la marque.

Un format atypique de vélo cargo

Il faut déjà commencer par le définir ce Shwette Baggy, et le mesurer. Sa longueur est de 2,02 mètres, là où un biporteur plus conventionnel mesure généralement autour des 2,50 mètres. C’est certes plus qu’un Muli (1,98 m) ou le pliant Car.los V1 (2,01 m), mais moins que les plus compacts du segment que sont l’Urban Arrow Shorty (2,03 m) et le R&M Carrie 2 (2,09 cm).

Compact donc, ce biporteur reste plus grand qu’un vélo électrique classique. Toutefois, il possède deux armes supplémentaires à son arsenal : une caisse pliante et une potence rotative. De 60 cm environ, le Baggy réduit son empreinte à environ 18 cm. Reste que les pédales sont fixes – des futures pliantes ne sont pas impossibles – laissant la largeur nette à 40 cm. 

Shwette veut faciliter le maniement de son vélo, mais la béquille centrale demande un peu de force pour la positionner et la retirer. Le poids est aussi très élevé, que nous relevons à 38,3 kg. Une poignée sous la selle permet de soulever l’arrière si besoin (grande marche, espace étroit), mais sur quelques centimètres seulement. Côté look, le Shwette opte pour un cadre en acier, ici affûblé d’une peinture blanche mate, avec un câblage non intégré.

Ce n’est pas forcément le plus esthétique – bien que le vélo conserve un format attrayant – ni le plus facile à nettoyer, mais l’idée est de faciliter la réparabilité. L’éclairage, lié à la batterie, pourrait aussi monter un peu en gamme, notamment avec un faisceau plus large et de meilleure puissance à l’avant.

Une offre d’équipements à la charge

Compact et assez pratique, le Shwette Baggy est un vrai vélo cargo électrique. Au total, vélo compris, il revendique un poids total admissible de 190 kg. Il comporte deux zones de charge : une caisse avant supportant 30 kg et un porte-bagages arrière soutenant 60 kg.

Nous avons testé plusieurs configurations dans la caisse avant, d’un volume de 120 litres : caisse avec chat, plantes, courses, etc. Elle est pliable en deux positions : semi fermée avec un petit volume de stockage si l’on veut rouler avec moins de largeur dans le trafic, ou se garer et y loger son casque par exemple, ou totalement fermée.

Petit hic, les aimants fermant les deux parties latérales manquent de puissance. S’ils tiennent en semi-fermé, tenir complètement fermés nécessite un cordon ou un tendeur. Promis, ce sera fixé dans une prochaine version, tandis que la marque fournit un petit antivol gratuit type Hiplock.

Le porte-bagages arrière est conventionnel, servant pour un siège enfant vélo, un gros colis ou pour le transformer en biplace. Sur notre exemplaire d’essai, nous avions la version passager avec son coussin et les repose-pieds escamotables. Sinon, l’équipement comprend l’éclairage (réglable à l’avant, mais pas de feu stop arrière), ainsi que les garde-boues. On aimerait que ces derniers soient un poil plus longs afin de protéger davantage des projections.

Shwette Baggy vide-poches
Source : M. Lauraux pour Frandroid

La sonnette fait aussi partie des équipements à améliorer, mais elle reste trop cheap à nos yeux puisqu’elle a cédé après quelques kilomètres seulement. Enfin, le Baggy ajoute un vide-poche central, entre la colonne de direction et le tube de selle. La petite sacoche permet d’y loger le chargeur, une gourde et quelques petits objets. Très pratique !

Un écran moyen sans connectivité

Le Shwette Baggy adopte un écran central, livré avec la solution d’assistance Virvolt. Cet affichage en couleur est plutôt flatteur au premier abord, et bien rétroéclairé la nuit. Il dispose de la vitesse avec décimale, de l’heure, du kilométrage en cours et de deux jauges.

La première à gauche en L indique la puissance du moteur, quand la seconde en J à droite montre la récupération d’énergie (on y revient plus bas). Deux boutons latéraux, un peu petits, servent à changer le mode d’assistance ou activer l’éclairage.

Et c’est tout. C’est un peu maigre, car nous aurions aimé avoir au moins un kilométrage total (utile pour l’entretien et la revente), ou une estimation d’autonomie. Car la jauge à cinq barres est le strict minimum, et en plus peu fiable. Pas d’application non plus pour avoir accès à un pourcentage et davantage d’informations, ou un suivi de trajets.

Belle stabilité pour ce biporteur compact

En tant que biporteur, la direction n’est pas directe, passant par un système câblé. Il faut donc une petite adaptation, mais cela se fait très rapidement. Le Shwette Baggy se manie avec aisance, et surtout avec une excellente stabilité que permettent le cadre rigide et les pneus larges Schwalbe. Difficile de dire qu’il est ultra agile, notamment avec un sous-virage prononcé, mais jamais nous n’avons senti de lourdeur au guidon.

C’est le cas même avec un passager arrière à la limite du poids admissible. Pas de déséquilibre ressenti, le petit biporteur tient la route, mais le confort n’est pas son fort. Le passager souffre de chaque imperfection ou dos d’âne où il faut rouler au pas. Un mini-guidon pourrait le soulager, en lieu et place de la poignée sous la selle.

Si vous êtes seul sur le vélo, le confort est correct, sachant que l’acier du cadre est plus souple que l’aluminium majoritairement utilisé chez la concurrence. La position de conduite assez droite, ajustable avec la potence ou la tige de selle, permet de soulager le dos sur très longs trajets. Reste que l’assise est un poil molle, une option de tige suspendue serait la bienvenue. Par contre, le freinage est ultra-efficace… et double.

Un frein régénératif

Particularité partagée avec le Vefaa Bonjour Techno et l’Anod Hybrid 2, le vélo électrique possède un freinage régénératif signé eBikeLabs directement dans le moteur. Il suffit de rétropédaler sur un quart de tour pour fortement ralentir. Cela n’a que peu d’effet à 25 km/h, mais en anticipant avant un feu rouge ou une intersection, on ne touche pas aux freins 90 % du temps.

En cas de nécessité, les freins à disque hydrauliques Shimano MT200 (disques de 180 mm) immobilisent le Baggy en 2,30 m à 25 km/h, très safe en ville ! A éviter cependant avec un passager, au risque d’avoir ses empreintes dentaires dans le bas du dos.

Un moteur très puissant

Pour pousser le Shwette, c’est le moteur français Virvolt 2000 qui officie dans la roue arrière. Bien qu’il ne soit pas un moteur central comme chez les rivaux, le couple de 70 Nm envoie fort. C’est le cas dès le démarrage avec un capteur de couple aux aguets, dont on sent l’envie de libérer les watts dès la moindre poussée sur les pédales, surtout en mode Boost.

Il n’y a pas de besoin absolu de descendre les vitesses du dérailleur Shimano, car le système eBikelabs opère pour adapter la réponse de l’assistance en fonction de la demande du cycliste. On se surprend à démarrer parfois en 8e vitesse sans aucune peine, mais il est préférable tout de même de rétrograder pour préserver la chaîne sur la durée.

Shwette Baggy transmission
Source : M. Lauraux pour Frandroid

En montée soutenue, il tient les 25 km/h sans faillir. La fougue du moteur permet aussi de gagner en stabilité dès les premiers km/h lorsque vous transportez un passager avec vous.

Aussi, on peut toujours lancer le mode piéton, puis ensuite laisser le second mode Standard, moins nerveux sur le plat. Le moteur est toutefois bruyant : c’est peu dérangeant en circulation dense, mais peu agréable en balade tranquille à deux.

Grosse autonomie, jauge peu fiable

On disait plus haut que le câblage n’était pas intégré, et la batterie non plus. Elle loge en position verticale derrière la colonne de direction, partiellement protégée par une petite sacoche (c’est mieux en cas de pluie). Imposante en volume et en poids (3,73 kg), la batterie est d’une capacité de 730 Wh (20 Ah).

Cette grande quantité d’énergie permet de couvrir environ 80 km dans le mode maximal Boost. Nous avons roulé sur un terrain à faibles dénivelés en région parisienne, en conditions douces (15°C) avec 80 kg de charge. Compte tenu des caractéristiques et du poids, la consommation du moteur du vélo est raisonnable, autour de 9 Wh/100 km. Difficile d’estimer en mode Standard, où nous estimons dépasser les 100 km d’autonomie.

Shwette Baggy autonomie
Source : M. Lauraux pour Frandroid

L’écran n’indique pas de charge précise avec ses 5 barres, qui sont au passage très peu précises. La première barre disparaît après 25-30 km, la deuxième après 15 km, puis tout s’accélère très vite. La jauge bouge aussi selon que l’on roule ou non. On se prend même à passer de 4 barres à l’arrêt, puis à 2 barres quelques mètres plus loin, la faute à l’absence de contrôleur dialoguant parfaitement avec la batterie. Il faut ainsi un long temps d’adaptation pour connaître l’autonomie restante.

Une recharge lente en 9 heures

La recharge peut se faire sur le vélo ou en retirant la batterie. Cette manipulation est difficile, tout comme remettre la batterie, on s’y reprend toujours à 4 ou 5 fois. Le chargeur livré d’une puissance de 126 W (3A) vient redonner le plein d’énergie en un peu plus de 9 heures.

Le suivi de charge est aussi imprécis que la décharge, car on retrouve deux barres en moins d’une heure, la troisième apparaît après plus de 3 heures, et la cinquième (plus de 80 %) après 7 heures. En cas de recharge sur batterie, une jauge à 4 voyants aide au suivi.

Un vélo cargo électrique moins cher que la concurrence

C’est pour le moment un modèle unique, le premier de la marque française. Le Shwette Baggy n’existe aussi que dans une unique version au prix de base de 3 890 euros. Mais le catalogue comprend plusieurs options de personnalisation, à commencer par la couleur du cadre (vert olive brillant ou crème mat), ou la couleur de la caisse (noire ou verte) voire avec motifs (+40 euros).

Shwette Baggy prix
Source : M. Lauraux pour Frandroid

Côté accessoires, le vélo cargo électrique propose 5 options payantes :

  • Vide-poches : 100 euros
  • Assise arrière avec cale-pieds : 100 euros
  • Coussin arrière pour chien : 70 euros
  • Siège bébé avant : 280 euros
  • Couvre-caisse étanche : 40 euros

On obtient finalement notre modèle d’essai à 4 170 euros, avec une assise arrière, une caisse à motifs, un couvre-caisse et un vide-poches. Certes plus abouti et plus compact, le Muli Motor ST est beaucoup plus cher (dès 5 380 euros). L’autre concurrent Urban Arrow Shorty est peut-être le plus sérieux, à partir de 4 999 euros avec son espace avant de 150 litres, son moteur Bosch mais sans porte-bagages arrière, ni de possibilité biplace.

Fabrication à 90 % européenne

Autre avantage éthique, le Baggy est majoritairement fabriqué en Europe (cadre, fourche, porte-bagages, et assemblage au Portugal) voire française pour le moteur, la batterie et les roues. On serait ici à 90 % de valeur issue de la France. Reste la caisse venant de Tunisie (pas si loin) et le duo transmission-freins d’Asie.

Shwette Baggy vélo électrique origine Europe France
Provenance des composants du vélo électrique Baggy. // Source : Shwette

Shwette permet d’essayer le vélo électrique dans plus d’une dizaine de revendeurs en France, où un SAV est proposé. Le cadre, la fourche et le porte-bagages sont garantis 4 ans, le reste 2 ans hors pièces d’usure. Pratique, le site officiel aide à l’entretien du VAE grâce à une FAQ complète.

Notre avis sur Le Shwette Baggy

Design
8
Le format biporteur est l’un des plus compacts, avec de plus une potence rotative et une caisse pliable en deux positions pour encore plus de praticité. Hélas, la fermeture est à améliorer, et il manque des pédales pliantes pour parfaire le tout. L’équipement est aussi à perfectionner (double béquille compliquée à déployer, sonnette cheap), mais les accessoires sont nombreux pour personnaliser ses trajets.
Technologies embarquées
5
L’écran central est assez joli, de bonne taille, et bien rétroéclairé. Il affiche l’essentiel, mais sans aucune info complémentaire, ni de kilométrage total. Sans connectivité, et surtout avec une jauge de batterie peu fiable, c’est le gros point noir de ce vélo cargo électrique.
Conduite
8
Malgré sa plus petite roue à l'avant, le Shwette Baggy se manie facilement et se révèle très stable, même avec un passager à l'arrière. Ce dernier pourrait avoir droit à un meilleur confort, mais le cycliste n’a aucune peine au pédalage grâce à un moteur Virvolt fougueux, avec une gestion du couple généreuse (mais bruyant), un freinage régénératif très utile et des freins à disque hydrauliques mordants.
Autonomie
9
Pour rouler chargé, une grande quantité d’énergie est nécessaire : ici, le Shwette propose 730 Wh. En roulant seul, nous mesurons 80 km, une autonomie probablement aidée par le freinage régénératif. Mais dans les faits, c'est excellet. Dommage que la recharge de la batterie amovible soit lente, en 9 heures.
Note finale du test
8 /10
Dans l’univers des vélos cargos électriques, Shwette propose une recette attractive à prix bas. Sous les 4 000 euros de base, le Baggy garantit un bel équipement avec sa caisse astucieuse dotée de trois positions, bien que les accessoires soient tous payants (mais accessibles). Il reste à parfaire quelques points comme la fermeture de caisse ou la double béquille, mais ce biporteur compact séduit par sa facilité de stationnement (merci la potence rotative) et surtout sa conduite.

La stabilité est exemplaire, le moteur Virvolt est vif avec une gestion de couple signé eBikeLabs qui limite les changements de vitesses. En prime, l’assistance est accompagné d'un puissant frein régénératif - en plus de bons freins Shimano - et d’une autonomie conséquente. On peut même rouler chargé ou à deux sans problème, même si le confort pourrait être meilleur à l’arrière et le bloc moins bruyant. On regrette par contre que la recharge soit si longue, et que l’écran n’affiche que peu d’information, avec une jauge de batterie très floue.

Bref, ce vélo électrique est polyvalent et compact, performant, rassurant, surprenant pour le tout premier modèle de la marque française. Très majoritairement fabriqué en Europe, on l’imagine devenir excellent dans une future V2 !

Points positifs du Shwette Baggy

  • Format compact facile à garer

  • Capacité de charge élevée

  • Prise en main facile et stabilité

  • Moteur vigoureux

  • Freinage régénératif

  • Grosse autonomie

  • Prix raisonnable

  • 90% made in Europe

Points négatifs du Shwette Baggy

  • Confort moyen en biplace

  • Double béquille peu pratique

  • Écran moyen avec une jauge de batterie floue

  • Aucune connectivité

  • Fermeture de caisse à perfectionner

Recherche IA boostée par
Perplexity