
Le chemin jusqu’au rachat effectif de SFR par Free, Bouygues et Orange risque d’être long. L’attente des salariés de l’opérateur risque de l’être encore plus. Alors que l’offre à 20,3 milliards d’euros a été acceptée par Patrick Drahi, beaucoup d’inconnues flottent encore autour de cette nouvelle manœuvre de consolidation, notamment sur le sort réservé aux 8 000 et quelques salariés de SFR.
Entre le ton rassurant de la part des futurs propriétaires et craintes légitimes de la part des syndicats, la bataille des récits fait rage, comme l’explique Le Monde.
Des « redondances considérables »
Concrètement, dans le communiqué publié ce week-end, Orange, Bouygues et Free promettent de porter « une attention particulière aux enjeux sociaux de cette opération » en assurant que « le succès d’une opération de cette ampleur repose avant tout sur les femmes et les hommes qui connaissent les réseaux, les systèmes, les clients et les territoires ». Histoire d’accompagner ces belles paroles d’actes, le consortium s’engage à proposer un emploi à l’ensemble des salariés du périmètre repris « jusqu’à début 2029 ».
Cette projection sur trois ans est probablement là pour tenir compte du délai avant le rachat effectif de l’opérateur, mais cette date butoir a tout de même de quoi inquiéter. Qu’en sera-t-il en cas d’échec de l’opération ? Ou si les différentes autorités de la concurrence décidaient de jouer les prolongations avant de valider le rachat ?
Dans une lettre adressée au ministère du Travail en avril dernier, l’UNSA, syndicat majoritaire chez l’opérateur, soulignait déjà les « redondances considérables » qu’un tel rachat faisait planer sur les emplois. « Le risque de suppressions massives d’emplois est réel. », alertait la missive. Des commerciaux aux agents de terrain en passant par les personnels en boutique ou les métiers d’assistance, toutes les activités de l’opérateur semblent ainsi menacées.
Un climat déjà anxiogène
Les travailleurs et travailleuses de chez SFR ont déjà été échaudés par des coupes massives dans les effectifs en 2016 et en 2021 qui ont décimé presque la moitié des postes. Dans une enquête menée début 2026, le cabinet Sextant notait qu’un quart des salariés affichaient « un score d’épuisement professionnel très élevé ou élevé » et 81 % estimaient la sécurité de leur emploi menacée, rappelle l’Humanité.
Pour aller plus loin
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Si les trois autres opérateurs ont promis que le rachat ne se fera pas sans l’ouverture d’un dialogue social avec les organisations syndicales et que le gouvernement a promis d’être « extrêmement vigilant sur la préservation de l’emploi », l’avenir s’annonce anxiogène pour les travailleurs et travailleuses de chez SFR.
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