On a essayé Sony Bravia Core : la qualité Blu-ray en streaming est-elle convaincante ?

Vous avez une bonne connexion ?

 

Nous avons pu découvrir le service de streaming de Sony Pictures Entertainment à l’occasion du test du XR-65A90J. Si celui-ci ne compte que peu de contenus en provenance des maisons Sony, TriStar et Colombia, la qualité audio et vidéo est saisissante… à condition d’avoir une bonne connexion Internet.

Le service de streaming qualité Blu-Ray 4K

Le service de streaming qualité Blu-Ray 4K

Comme nous avons pu le découvrir à l’occasion du test, le Sony XR-65A90J est l’un des meilleurs téléviseurs du constructeur japonais. Sans être une réelle révolution technique, il évolue sur des points importants tels que la luminosité de la dalle et son traitement antireflets. Un régal pour les cinéphiles — un peu moins pour les joueurs, pour d’autres raisons — qui apprécieront aussi une petite attention de la part de Sony : l’accès gratuit à Bravia Core.

Voici un premier retour d’expérience sur ce nouveau service de streaming qui promet une qualité d’image digne des Blu-ray 4K.

Bravia Core : un service réservé aux clients Sony « Premium »

La première chose à savoir sur ce service de streaming Bravia Core c’est qu’il s’agit à la fois d’un service de streaming avec des contenus gratuits, en illimités, mais aussi des contenus en SVoD, tout cela dans le respect de la chronologie des médias. Autre précision importante, Bravia Core n’est accessible qu’aux clients ayant acheté un téléviseur de dernière génération de Sony… et plutôt milieu, voire haut de gamme. En d’autres termes, soit un modèle 8K de la famille Z9J, un LCD 4K des séries X95J et X90J ou encore un OLED 4K A80J et A90J. Mais attention, il y a quelques différences dans lesdites petites attentions que Sony vous adresse.

Si tous les modèles permettent d’accéder aux contenus gratuits en illimités, Sony construit sont offre en fonction de la gamme du téléviseur. Plus précisément, si vous avez acheté un A80J, X95J ou X90J, vous profitez du pack “Gold” incluant 5 crédits, soit cinq films à l’achat sur l’offre SVoD, ainsi qu’un accès d’un an au service. Les A90J et Z9J donnent accès un pack Platinium comptant 10 crédits et 24 mois d’accès au service de streaming illimité.

À l’heure actuelle, la présentation que le constructeur fait de Bravia Core résonne comme une démarche un peu opportuniste. En effet, Sony ne partage pas de visibilité à long terme qui permettrait d’en savoir sur le coût du service une fois les annuités d’accès gratuit terminées. Il faut le considérer comme une sorte de cadeau, dont la valeur marchande est estimée, purement à titre indicatif, à 200 euros pour le pack Gold et 400 euros pour le pack Platinium.

Des contenus encore minces, mais une qualité au top

Alors que les plateformes de streaming telles que Netflix, Amazon Prime Video ou encore Disney+ comptent des milliers de contenus et sont même devenues des sociétés de production, l’offre de Sony Pictures Entertainement paraît bien mince. Selon notre porte pour la France, Bravia Core compte une centaine de films (payants et gratuits confondus) faisant partie des maisons de production Sony Pictures, TriStar Pictures et Columbia Pictures. D’ici 3 à 4 mois, Sony espère proposer plus de 300 films et, dans le même atteindre sa vitesse de croisière dans la numérisation des films pour les proposer avec cette fameuse qualité proche, voire équivalente à celle des Blu-Ray 4K.

De fait, ce que propose l’offre Bravia Core pourrait avoir des allures de déjà vues pour bon nombre de cinéphiles. Il nous est impossible ici de dresser la liste des contenus SVoD (à l’achat via les crédits donc) ou disponible via l’offre illimitée, mais citons pêle-mêle les Spider-Man, Pixel, Elysium, After Earth, Life, Baby Drive, Underworld, Men In Black, ou encore Blade Runner 2049.

Nous sommes loin des exclues et sorties de prime fraîcheur que proposent les services de streaming concurrents. Surtout quand on sait que des films comme Triple X, datant de 2002, sont proposés à l’achat… on se pose des questions sur le cadre de l’offre.

En revanche, la qualité est telle et a fortiori sur ce Sony XR-65A90J, que visionner un film pour la énième, c’est presque le redécouvrir. En tout cas, c’est prendre conscience qu’un tel service de streaming avec une telle qualité d’image permet réellement de profiter de son téléviseur qu’on a payé une blinde. La qualité d’image y est bien meilleure et il en est de même pour la partie audio.

S

Un débit costaud est nécessaire

Et si nous avons pu profiter de cette qualité, c’est aussi parce que nous disposons d’une connexion fibre 1 Gbps. Ainsi notre débit quasi constant était au-delà de 150 Mbps pour atteindre les 80 Mbps de manière constante. Sony nous précise que tous les contenus ne proposent pas ce débit, mais ceux que nous avons visionnés l’étaient… et c’était un régal. Un régal aussi que de visionner un film en IMAX et récupérer ainsi près de 30 % de surface d’image en plus. Ceux qui disposeront d’un système Hi-Fi adapté devraient également apprécié les pistes audio DTS, d’autant que le support de ce dernier format se fait de plus en plus rare sur les téléviseurs.

Mais sachez également que le seul début de votre box ne suffit pas. En effet, il faut que votre connexion Wi-Fi soit solide pour une raison assez simple : le port Ethernet du téléviseur est compatible 10/100 Mbps et donc ne permet pas de faire grimper le débit assez haut. Il faut donc impérativement passer par le Wi-Fi AC du téléviseur. Nous pointions des déceptions quant à certains équipements techniques du A90J (pas de VRR et seulement 2 prises HDMI 2.1), la qualité de la carte réseau en est une autre.

L’interface est fluide, mais des progrès restent à faire

Vous l’aurez compris, le contenu doit s’enrichir et l’interface doit elle aussi être quelque peu peaufinée. La bonne nouvelle c’est que nous l’avons trouvé parfaitement fluide. Les catalogues et les descriptifs des films se chargent très vite à chaque changement de menus ou fenêtres. De prime abord on se dit même que l’interface est assez aboutie et riche.

On trouve même un menu « Studio Access » qui, à l’image de « Star » dans Disney+, vous en dit plus sur les coulisses des films. Intéressant non ? Sauf qu’ici le contenu ne concerne que SOS Fantômes, le vrai, celui d’Ivan Reitman de 1984.

On a essayé Sony Bravia Core : la qualité Blu-ray en streaming est-elle convaincante ?

Mais rapidement de petites options nous font défaut. L’absence du multi-comptes en fait partie. En tout cas nous n’avons pas trouvé comment créer plusieurs utilisateurs à notre abonnement. De fait que ce soit pour un ado, un enfant ou un adulte, la sélection de films est la même pour tout le monde.

Nous n’avons pas trouvé non plus d’option permettant de se créer des listes de films à regarder. Pour qu’un programme figure dans notre bibliothèque, il faut commencer par le regarder, quitte à interrompre ensuite la lecture.

Lorsque vous êtes sur la fiche d’un film, seules les quelques options sont proposées, mais aucune ne permet de l’ajouter à une liste de lecture qu’on souhaiterait retrouver plus tard.

En revanche, on trouve au sein de Bravia Core des options assez détaillées lorsqu’il est question de personnaliser l’affichage des sous-titres par exemple. En plus du choix de la langue, il est possible de sélectionner la couleur du texte (blanc, noir, rouge, vert, etc.), sa taille, le style du bord du texte (avec une ombre portée, par exemple), son opacité, ou encore la police de caractère (Roboto, Times New Roman, Comic Sans, Carrois Gothic SC, etc.) et l’opacité de la bordure de fond.

Sony Bravia Core : notre verdict

Notre première découverte de Bravia Core nous laisse essentiellement un avis positif sur la qualité de l’image et du son procuré par ce service. Et dans la mesure où il est pour l’heure offert aux clients ayant acheté l’un des téléviseurs éligibles, alors pourquoi s’en priver ou même en reprocher la qualité. On regrette en revanche que la carte réseau n’offre pas le débit nécessaire pour profiter du service. Non seulement les utilisateurs devront dispose d’une connexion internet sérieuse (après tout, c’est la contrepartie d’une image sublime), mais ils devront s’assurer aussi que la connexion parviennent au téléviseur avec suffisamment de puissance.

En l’état actuel des choses, il nous est pour l’heure impossible de dire que Sony est sur la bonne voie avec son service de streaming Bravia Core. Certes la qualité est bonne, mais nous sommes aussi convaincus qu’une grande majorité des utilisateurs ne verra pas la différence avec les contenus en Ultra HD (HDR, HDR 10, HDR10 et Dolby Vision) diffusés sur les autres plateformes.

La raison tient aussi au fait que les processeurs embarqués dans les téléviseurs produisent aujourd’hui une qualité d’upscalling parfois excellente. Sans oublier que de leur côté, les Netflix, Prime Video ou encore Disney travaillent à améliorer leur compression vidéo pour diffuser une belle image avec une bande passante restreinte, convenant au plus grand nombre d’utilisateurs.

Et c’est sans doute aussi pour ces raisons que Sony reste, selon nous, un peu trop évasif sur la suite de Bravia Core. Lorsqu’on pose la question aux équipes française sur la tarification qui s’appliquera par la suite, celles-ci sont bien incapables de nous répondre, reconnaissant qu’il s’agit plutôt là d’une expérimentation technique. L’idée est de prendre la température auprès des clients et ce sont les retours de ces derniers qui scelleront le sort de Bravia Core. Si nous étions mauvaises langues — et compte tenu du succès des plateformes déjà en place — si Sony ne sort pas l’artillerie lourde lui aussi, nous ne pouvons que suggérer à tous ceux qui ont accès aujourd’hui, de ne pas trop s’y attacher.

Par ailleurs, c’est aussi pour cela que nous ne citerons pas l’accès à Bravia Core comme un argument phare des TV Sony concernés. Il faut surtout voir cela comme un joli bonus.

Entre Disney+, Netflix, Amazon Prime Vidéo, Apple TV+ et d’autres encore, il existe désormais un certain nombre de plateformes de vidéo en streaming par abonnement en France, mais il n’est pas évident de décider laquelle…
Lire la suite

Les derniers articles