Tesla Roadster en France : quelles versions pourront vraiment rouler sur la route ?

 
Tesla prend déjà des réservations en euros pour son Roadster. Sa capacité à rouler un jour sur une route française dépend de la version choisie, et la réponse n’est pas la même pour le ventilateur, les propulseurs et le vol.

Depuis ce matin, beaucoup de gens crient à l’IA en regardant les vidéos, mais ce n’est pas de l’IA. Tesla a vraiment fait voler une voiture cette nuit. Et cette voiture sera en vente.

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On imagine déjà la scène au péage de Saint-Arnoult : une voiture blanche qui décolle par-dessus la file, pivote en l’air et se pose trois voitures plus loin.

Le gendarme qui devra rédiger ce procès-verbal n’aura sans doute jamais à chercher la bonne case, et pas seulement parce que le Roadster ne sortira pas avant 2028. Entre ce que Tesla a montré pendant sa présentation de cette nuit et ce que le droit européen autorise, il y a un gouffre.

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Le site de Tesla liste trois versions du Roadster : Performance, pensée pour la route, Thrust, avec des propulseurs arrière, et Rocket, capable de voler.

La page française affiche déjà les montants de réservation, 50 000 euros pour la première et 250 000 euros pour la deuxième. En bas de page, Tesla prévient pourtant que la disponibilité dépend de la législation de chaque région, et que la version Rocket n’est pas approuvée pour la voie publique. Elon Musk lui-même a admis sur scène ne pas être sûr que la voiture soit légale partout. À ce jour, Tesla n’a annoncé aucune démarche d’homologation européenne.

Performance : la plus homologable, sous conditions

En Europe, une voiture neuve doit être homologuée selon le règlement 2018/858, qui encadre tout, des freins à l’éclairage en passant par la protection des piétons et le bruit. La version Performance a le profil le moins problématique.

Sa direction sans colonne mécanique n’est pas un obstacle en soi : le règlement R79 de l’ONU, appliqué en Europe, l’accepte à condition de prouver qu’une panne reste sous contrôle. Le ventilateur ne tombe sous aucune interdiction précise, mais il devra respecter les limites de bruit, et Tesla a reconnu sur scène qu’il était bruyant.

La vraie inconnue concerne la face avant, très anguleuse. L’Allemagne a refusé le Cybertruck pour sa sécurité passive, et le Roadster devra prouver qu’il protège un piéton en cas de choc. Il embarquera aussi les aides obligatoires sur toute voiture neuve depuis juillet 2024, dont l’alerte de survitesse. Même la « voiture de pilote » d’Elon Musk bipera à 131 km/h.

Tesla dispose d’une porte de sortie taillée pour ce genre de modèle. Le droit européen prévoit une homologation pour les petites séries, plafonnée à 1 500 voitures particulières par an dans l’Union, avec des exigences parfois allégées.

Un analyste de Morningstar table sur environ 2 000 Roadster par an dans le monde, un volume qui collerait parfaitement à ce cadre.

Thrust et Rocket : là, ça coince

Pour les propulseurs, aucune règle d’homologation n’existe, tout simplement. Tesla pourrait passer par l’article 39 du règlement européen, prévu pour les technologies nouvelles qui n’entrent dans aucune case.

La Commission européenne doit alors donner son feu vert, et un État peut accorder en attendant une homologation provisoire valable sur son seul territoire. Il faudrait aussi rassurer sur des réservoirs d’air comprimé à plusieurs centaines de bars, alors que les réservoirs de gaz et d’hydrogène ont leurs propres règles très strictes.

Même homologuée, une voiture qui crache de l’air à vitesse supersonique au feu rouge risque de poser problème au motard placé derrière. Tesla présente d’ailleurs la Thrust comme « prête pour la course », ce qui semble dire que son terrain naturel sera le circuit, où aucune immatriculation n’est requise. La Rocket, elle, sort carrément du Code de la route. Une machine qui vole relèverait plutôt de l’aviation civile, un tout autre parcours réglementaire.

En France, le seul pari raisonnable reste donc la version Performance, en espérant que Tesla engage une homologation européenne.

Côté fiscalité, les voitures électriques échappent encore au malus au poids en 2026, mais rien ne garantit que ce sera toujours le cas à l’arrivée du Roadster en 2028.

D’ailleurs, pour rappel, le gouvernement avait prévu de soumettre au malus au poids, dès le 1er juillet 2026, les voitures électriques qui n’obtiennent pas l’éco-score, avec un abattement de 600 kg. Cette mesure, qui visait les électriques de plus de 2,1 tonnes, a été définitivement retirée du budget 2026. L’Assemblée nationale a adopté le budget sans elle le 2 février 2026, via le 49.3. Les électriques restent donc totalement exonérées pendant toute l’année 2026, quels que soient leur poids et leur éco-score.

Pour 2027, rien ne bouge pour l’instant : le projet de budget 2027 affiche une fiscalité automobile globalement stable, sans changement de barème pour le malus CO₂ ni pour le malus au poids.

Il faudra aussi composer avec un détail que Tesla n’a pas encore réglé : verser 50 000 euros pour une voiture dont l’homologation n’est même pas lancée.

En France, le Roadster qu’on croisera sur la route, s’il arrive, sera la version la plus sage : ventilateur peut-être, propulseurs probablement pas, vol certainement pas. Pour le reste, il faudra louer un circuit… ou un aérodrome.

Tous les détails sur les versions et les prix sont dans notre article consacré au nouveau Tesla Roadster.


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