Très alléchante, la nouvelle offre de parrainage mise en place par Tesla intervient dans un contexte où le fabricant californien rencontre de nombreuses difficultés en matière de logistique. Une stratégie pour le moins paradoxale, mais qui fait son effet.

S’il y a un point sur lequel tout le monde s’accordera, c’est bien la stratégie marketing de Tesla, plutôt efficace jusque-là. Alors qu’Elon Musk multiplie les sorties médiatiques à succès (mais pas tout le temps), notamment sur Twitter, ses équipes ne cessent de réfléchir à des stratagèmes toujours plus séduisants les uns que les autres pour attirer de nouveaux clients dans les mailles de leurs filets.

Le constructeur californien a ainsi effectué une refonte de son programme de parrainage prenant des airs de cadeau de Noël après l’heure : suspendu en début d’année, la faute à des coûts trop élevés, puis de nouveau introduit le mois dernier, son système de récompenses a subi un petit lifting. Ce dernier a en effet pris la forme de miles de recharge offerts : 1000 au total, soit environ 1600 kilomètres, uniquement en cas de parrainage.

Tesla sait vendre du rêve

Mais puisque Tesla voit les choses en grand, cette offre a été boostée (x4,5) le temps de quelques semaines. Comme l’a remarqué le site spécialisé Electrek, pas moins de 7500 kilomètres de recharge gratuite sont offerts au prochain parrain Tesla. Une offrande valable jusqu’au 28 mai 2019, date à partir de laquelle les 1500 km d’origine redeviendront de mise. Sur le papier, ça donne envie.

Parrainer un nouveau venu vous rend également éligible à un tirage au sort mensuel et trimestriel, lesquels mettent en jeu une Model Y et Model X, respectivement. Mais cette annonce est à remettre en perspective au regard du dernier bilan trimestriel du groupe. En plus d’avoir accumulé 702 millions de dollars de perte au cours des trois derniers mois, ses livraisons ont aussi enregistré une baisse significative par rapport au trimestre précédent.

Une logistique mise à mal

Non pas parce que le succès a fui la firme d’outre-Atlantique, mais bien parce que sa logistique n’a pas été en mesure de suivre la cadence des commandes. Résultats : des voitures Tesla achetées au premier trimestre 2019 débarqueront chez leur propriétaire qu’au second trimestre de l’année.

« C’est le problème logistique le plus difficile que j’ai jamais vu de ma vie, et croyez-moi, j’en ai vu beaucoup des problèmes difficiles », a même avoué Musk. Le groupe ne cache pas ses ambitions de conquérir toujours plus de parts de marché, mais faut-il encore être prêt à assumer ses responsabilités de vendeur. Certes, son offre de parrainage ne devrait pas convaincre des milliers d’utilisateurs, mais son lancement reste tout de même paradoxal compte tenu des dernières difficultés relatives aux livraisons.

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