Jeudi 27 septembre, la Securities and Exchange Commission (SEC), ou le gendarme boursier américain, a intenté une action en justice à l’encontre d’Elon Musk suite à l’un de ses tweets évoquant une potentielle sortie en Bourse de Tesla.

Mis à jour du 01/10/2018 : 

Dans un règlement à l’amiable, Elon Musk et l’entreprise Tesla ont été condamnés à verser respectivement la somme de 20 millions de dollars aux actionnaires lésés, dans le cadre d’un processus approuvé par le tribunal. L’entrepreneur américain perd également la présidence de sa compagnie, et ne pourra se présenter à ce poste durant les trois prochaines années. Il conserve cependant son statut de CEO, et reste donc à la tête des opérations de la firme. Un président indépendant sera prochainement élu, alors que deux autres administrateurs indépendants intégreront le conseil.


Article original du 28/09/2018 :

Un tweet qui ne passe pas. Le 7 août dernier, le patron du constructeur automobile Tesla, Elon Musk, s’est fendu d’un message sur Twitter évoquant un éventuel retrait en Bourse de sa compagnie. Une sortie médiatique qui a rapidement attiré l’attention de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers.

Musk aurait-il manipulé le cours de l’action ?

La SEC a ainsi procédé à des recherches, mené l’enquête, puis déposé plainte devant un tribunal fédéral du district sud de New York, peut-on lire dans un communiqué de presse officiel. Le régulateur de la Bourse américaine l’accuse d’avoir publié des messages « faux et trompeurs » à propos du retrait de Tesla des marchés financiers au prix de 420 dollars l’action. À l’époque, l’entrepreneur assurait être en pourparlers avancés avec des investisseurs qui auraient garanti le financement de la transaction. Seul l’aval des actionnaires manquait alors.

Ce petit remue-ménage aurait eu un impact direct sur le cours de l’action de Tesla : + 6 % en une journée, « entraînant une perturbation significative du marché ». Et Elon Musk d’être accusé de vouloir manipuler les cours. Or, comme le soulignait judicieusement Capital, « une loi de 1934 de la SEC interdit à des dirigeants d’entreprise de faire des annonces sur des achats ou ventes d’actifs s’ils n’ont ni l’intention de le faire ni les moyens de leurs ambitions, car cela équivaudrait à une manipulation du cours de Bourse ».

Aucun investisseurs potentiels, selon la SEC

En l’occurrence, aucune discussion avec de potentiels investisseurs n’a eu lieu, estime la SEC, qui l’accuse d’avoir « violé les dispositions anti-fraudes des lois fédérales sur les valeurs mobilières ». En clair : l’habitué des fantasques sorties médiatiques sur Twitter aurait tout bonnement menti. Et pourrait ne plus diriger une entreprise cotée en bourse en tant que dirigeant ou administrateur, si les réclamations du gendarme boursier sont reçues par la justice. Affaire à suivre.

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