« Ne faites pas les mises à jour » : le conseil le plus dangereux et irresponsable de l’année est dans Legend

 
Inviter 8 millions d’auditeurs à ignorer leurs mises à jour est de l’irresponsabilité. Dans le dernier épisode de Legend, le patron de MDA a confondu ralentissement logiciel et protection numérique.
Source : Michel Vieira

Michel Vieira, PDG de MDA, est venu expliquer à des millions d’auditeurs que les mises à jour sont le bras armé de l’obsolescence programmée : « Ne faites pas les mises à jour. ».

Ce discours, bien que séduisant parce qu’il flatte nos frustrations quotidiennes, est un contresens technique. Oui, un vieux téléphone peut ramer après une installation.

Mais il faut rappeler ce qui est essentiel : les mises à jour de sécurité corrigent des failles qui permettent de voler des données, d’installer des malwares, de chiffrer vos fichiers… Ne pas les faire revient à laisser sa porte d’entrée ouverte.

Pourquoi c’est un mauvais conseil

Ne pas faire ses mises à jour, c’est s’exposer à des vols de données bancaires ou à l’espionnage de sa vie privée.

Et oui, il existe des abus (Batterygate d’Apple, mises à jour ratées sur certains Pixel, blocage de cartouches d’imprimantes, etc.), mais ce sont des cas précis qui se gèrent par la loi, les recours collectifs, la pression des associations, pas en disant à tout le monde « désactive les mises à jour ». D’ailleurs, en France, la loi punit déjà ces dérives depuis dix ans.

L’enjeu n’est pas de fuir le logiciel, mais d’exiger une séparation claire entre les correctifs de sécurité et les évolutions cosmétiques et fonctionnelles.

Ici, le propos joue sur un ressenti réel (la peur de l’obsolescence programmée) pour donner une solution individuelle facile… mais qui ne s’attaque pas au vrai problème.

Michel Vieira agite l’idée de complot (« les mises à jour sont faites pour faire buguer ») sans parler des vraies causes : modèles économiques, pression à la nouveauté, fin programmée du support logiciel, intérêts commerciaux derrière les plateformes connectées, etc.

Quand, en plus, la personne qui tient ce discours vit de la vente d’appareils neufs, ça manque clairement de cohérence de critiquer l’obsolescence tout en décourageant la réparation, le réemploi et le reconditionné.

Une approche plus saine des mises à jour

Si on veut éviter de se faire piéger par l’obsolescence tout en restant protégé, voici quelques conseils :

  • Toujours installer les mises à jour de sécurité (OS, navigateur, logiciels sensibles).
  • Pour les grosses mises à jour de fonctionnalités sur des appareils un peu anciens :
    • attendre quelques jours/semaines pour voir les retours,
    • faire une sauvegarde avant,
    • éventuellement désactiver les mises à jour automatiques « importantes » mais garder les patchs de sécurité.
  • Soutenir les démarches qui vont dans le sens inverse de l’obsolescence : durée de support prolongée, pièces détachées, droit à la réparation, pression sur les fabricants quand une mise à jour casse ou brime un produit.

Bref, le problème de l’obsolescence programmée est réel, mais la « solution » proposée dans le podcast est mauvaise et peut mettre les gens en danger sur le plan de la sécurité numérique.

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