On a testé le Beatbot Sora 70 : le robot de piscine sans fil qui fait (presque) tout

Le sans-fil raisonnable

 
Beatbot fait passer son robot de piscine sans fil haut de gamme sous la barre des 1 500 €, moitié moins que son modèle vitrine. J’ai passé plusieurs semaines de l’été avec le Sora 70 dans mon bassin : le compromis tient la route, avec un caillou dans la chaussure.
Beatbot Sora 70 // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Beatbot vend depuis deux ans des robots de piscine sans fil qui figurent parmi les plus chers du marché. L’AquaSense 2 Ultra que j’ai testé l’an dernier tournait autour de 3 000 €, avec cartographie 3D du bassin, base de recharge dédiée et un arsenal de capteurs.

Le Sora 70 garde la même philosophie mais rabote sérieusement l’équipement : plus de cartographie, plus de base, et le filtre ultra-fin bascule en option payante (mais offert en ce moment sur le site officiel).

Il est affiché à 1 499 € depuis son lancement en mars 2026. Je l’ai fait tourner sur une dizaine de cycles complets cet été, dans un bassin en liner d’une douzaine de mètres cubes avec escalier.

Beatbot Sora 70 // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Le pari de Beatbot est simple : amener le sans-fil haut de gamme à un tarif que la majorité des propriétaires de bassin peut envisager. La promesse « 4-en-1 » (fond, parois, ligne d’eau et surface) est réelle, je le confirme après plusieurs semaines. En revanche, les quatre faces ne se valent pas du tout, et c’est là que se joue l’intérêt réel du produit.

Voici quelques caractéristiques principales telles que les annonce le constructeur, avant de plonger plus en profondeur dans le test.

CaractéristiqueValeur
Poids10,4 kg à sec
Batterie10 000 mAh
Autonomie annoncéejusqu’à 5 heures (fond, parois, ligne d’eau), 7 heures (surface seule)
Rechargeenviron 4 h 30 (chargeur 65 watts)
Aspiration25 700 litres par heure
Panier filtrant6 litres, filtration 150 microns
Capteurs18 dont 2 à ultrasons
Prix de lancement1 499 €

Léger, compact, et il remonte tout seul du bassin

Le premier bon point se sent dès la sortie de l’eau. Avec un robot de piscine, le moment pénible, c’est de hisser l’engin gorgé d’eau à bout de bras au-dessus de la margelle en fin de cycle. Avec ses 10,4 kg à sec et son format compact, le Sora 70 se manipule d’une seule main, ce qui est déjà un vrai argument face aux modèles filaires.

Surtout, il donne un coup de main : en fin de cycle, ou dès que la batterie passe sous les 12 %, il remonte de lui-même en surface et vient se garer près du bord, en se vidant au passage de l’eau accumulée. Plus besoin de partir à la pêche à l’épuisette. Franchement, avec le poids, c’est ce qui change le plus le quotidien.

Beatbot a supprimé la base de recharge que l’on trouve sur ses modèles supérieurs. Économie assumée, et pas dramatique à mon sens : une base en moins, c’est aussi un encombrement en moins à la cave pendant l’hivernage.

Le remplaçant me convainc nettement moins : un chargeur à connecteur cubique assez volumineux, qui vient se ficher dans une trappe du robot, façon prise allume-cigare. Le clapet se referme automatiquement, c’est bien pensé, mais l’ensemble manque d’élégance et je me demande comment ce petit volet tiendra dans le temps.

Le panier filtrant, lui, est une réussite. Six litres, accessible immédiatement, facile à vider et à rincer sans démonter quoi que ce soit. Sur ce type d’appareil, c’est l’ergonomie du filtre qui décide si on l’entretient vraiment ou si on laisse traîner.

Mon vrai grief est ailleurs : la filtration standard descend à 150 microns, ce qui suffit largement pour les feuilles, le sable, les insectes et les débris du quotidien, mais le panier ultra-fin à 3 microns, seul capable de capter les poussières les plus fines et les fragments d’algues, est vendu séparément, et je ne l’avais pas pour mon test.

Sur un produit affiché à 1 499 €, faire payer la filtration fine en supplément passe mal, d’autant que des concurrents comme les Aiper l’intègrent d’origine.

Le nettoyage, face par face

Sur le fond, le Sora 70 m’a vraiment convaincu. Avec une aspiration annoncée à 25 700 litres par heure, terre, sable, poussières et petits débris sont avalés sans difficulté, et la couverture est complète sur un bassin de forme simple. Rien à redire, c’est le domaine où il ne laisse rien passer.

La surface, c’est l’argument différenciant du modèle, et il tient. La technologie JetPulse génère deux jets convergents qui ramènent activement les débris flottants vers la zone d’aspiration, au lieu de les repousser devant l’appareil comme le fait la majorité des robots en avançant.

Feuilles, insectes, pollen : le Sora 70 les récupère au lieu de les pousser dans un coin du bassin. La plupart des robots s’arrêtent au fond, parfois aux parois, et laissent flotter tout ce qui se voit à l’œil nu. Là-dessus, Beatbot conserve une vraie avance, comme je l’avais déjà constaté sur l’AquaSense 2 Ultra.

Les parois, c’est correct sans plus, et c’est la vraie nuance de cette prise en main. Le robot monte bien et les nettoie, mais avec nettement moins de puissance que les modèles plus chers de la gamme. Sur un entretien régulier, le résultat est propre. Sur des parois qu’on a laissées se charger, beaucoup moins.

Le Sora 70 est taillé pour l’entretien fréquent plutôt que pour le rattrapage : sur une piscine à l’abandon, il faudra plusieurs passages. D’ailleurs, c’est la première fois que je remarque cela sur un robot Beatbot : le carton indique clairement que le robot n’est pas fait pour les sorties d’hivernage, mais pour un entretien classique.

Beatbot Sora 70 // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

La ligne d’eau est traitée correctement sur un entretien courant. Sur mon bassin à escaliers, le robot intervient bien sur les marches dès 20 cm de profondeur : il ne va pas fouiller le fond de chaque marche, mais il récupère les débris légers, ce que la plupart des robots ignorent totalement.

Pour se repérer, le Sora 70 se passe de cartographie et structure sa trajectoire avec 18 capteurs, dont deux à ultrasons pour l’évitement d’obstacles, plus quatre roues de guidage latérales inédites sur la gamme, pensées pour les parois souples et les angles arrondis des bassins en liner.

Il se montre très efficace sur un bassin rectangulaire, un poil moins rigoureux sur les formes complexes, où il oublie quelques angles. L’autonomie confortable rattrape ces approximations, puisque ce qui n’est pas fait au premier passage l’est au second. Reste que l’empilement de capteurs ne fait pas tout, j’ai déjà eu l’occasion de le vérifier chez la concurrence.

Application et Wi-Fi

L’application reste l’un des points forts de la marque. Interface lisible, appairage sans friction, pilotage Wi-Fi et Bluetooth stable, mises à jour à distance : je la trouve devant celles d’Aiper et de Maytronics, dont j’avais essayé le Dolphin sans fil, en fluidité comme en richesse d’informations.

Cinq modes de nettoyage sont proposés, du cycle complet au mode surface seule, et un bouton physique à l’arrière lance un préréglage favori sans sortir le téléphone, bien vu quand on passe en coup de vent.

Une limite structurelle, commune à tous les robots sans fil : une fois immergé, l’appareil n’est plus joignable, ni le Wi-Fi ni le Bluetooth ne traversant l’eau. Le pilotage à distance n’est donc possible que lorsqu’il flotte en surface. Bon point tout de même, il fonctionne aussi sans application, via ses modes intégrés, ce qui rassure si les serveurs de la marque venaient à disparaître.

Sur l’autonomie, je m’en tiens aux chiffres du constructeur faute de chronométrage précis : jusqu’à 5 heures en nettoyage fond, parois et ligne d’eau, 7 heures en surface seule, pour une batterie de 10 000 mAh et une recharge complète en 4 h 30 environ avec le chargeur 65 watts fourni.

Sur mes différents cycles, l’endurance n’a jamais posé de problème et le robot terminait avec de la réserve (plus de la moitié de la batterie restante pour un peu plus de 2 heures de nettoyage), mais sur un bassin de 12 m³, c’est le contraire qui aurait inquiété. Le vrai frein du sans-fil, c’est la recharge : un cycle de 5 heures suivi de 4 h 30 de charge, cela fait une intervention tous les un jour et demi environ.

Le bon prix, et un piège de nomenclature

Affiché à 1 499 € à son lancement, le Sora 70 est en réalité très souvent remisé : il est descendu jusqu’autour de 1 050 € au cours de l’été. À ce tarif, le rapport qualité-prix change de dimension face aux sans-fil concurrents, l’Aiper Scuba X1 Pro Max et son filtre fin livré d’origine, ou le Wybot S2 Solar Vision et son dock flottant à recharge solaire.

Un détail mérite tout de même l’attention avant de commander. Les Sora 10, 30 et 70 vendus en France correspondent aux P1, P3 et P7 commercialisés ailleurs, seul le coloris changeant selon la référence. On trouve ainsi un « Sora P7 » chez certains revendeurs autour de 1 100 €, avec des caractéristiques de nettoyage identiques.

Beatbot Sora 70 // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

Pour ceux qui hésitent au sein de la gamme, le Sora 30, moins cher, reprend l’essentiel du 70 sans le mode surface JetPulse. Si la surface n’est pas une priorité, le 70 ne se justifie franchement pas.

Je précise une dernière fois qu’il s’agit d’une prise en main et pas d’un test au long cours : la durabilité du clapet de charge, la tenue de la batterie sur plusieurs saisons et le comportement sur de très grands bassins demanderont un vrai suivi.

En l’état, le Sora 70 tient sa promesse et rend le sans-fil haut de gamme presque raisonnable, excellent sur le fond, bluffant sur la surface, correct sur les parois. Pour une piscine entretenue régulièrement, c’est un très bon compromis, à condition d’accepter que la filtration fine se paie en supplément.

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