
L’annonce est tombée au sommet Lumière, à Saint-Paul-de-Vence, une grand-messe consacrée à l’avenir du cinéma et de l’image animée. Emmanuel Macron y a promis un festival international du jeu vidéo, présenté comme un « grand rendez-vous mondial de la création », dans la lignée de Cannes pour le cinéma ou d’Angoulême pour la BD. Sauf que la France possède déjà son grand salon grand public, la Paris Games Week. L’Europe, elle, a déjà sa référence : la Gamescom de Cologne.
Dans son discours, le président a répété que « le jeu vidéo fait partie de notre culture » et qu’il devait entrer dans l’exception culturelle française.


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L’idée n’a rien d’absurde. La filière française pèse 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 575 studios et 10 000 emplois directs, d’après le Syndicat national du jeu vidéo. Montpellier, ville pressentie, abrite justement des studios comme Ubisoft ou Sandfall, à qui l’on doit le carton Clair Obscur : Expédition 33. L’État aurait déjà approché la ville pour viser une première édition à l’été 2027.
La Paris Games Week est déjà là, la Gamescom devant
On voit mal à quoi servira ce énième événement. La Paris Games Week, organisée chaque automne, se transforme déjà en festival, avec concerts nocturnes et influenceurs. Il y a de plus en plus d’annonces lors de cet événement.
Créer un troisième grand rendez-vous européen, c’est aussi défier un poids lourd. Le congrès de la Gamescom a battu son record de fréquentation en 2026, avec plus de 1 100 participants, et a reçu pour la première fois un président fédéral allemand en exercice, Frank-Walter Steinmeier.
Il y a bien une place à prendre. L’E3, référence mondiale du secteur pendant vingt ans, a définitivement fermé ses portes en 2023, ce qui a laissé un vide dans le calendrier mondial. Le combler demande toutefois plus qu’une phrase de discours.
Les professionnels, eux, applaudissent poliment. Nicolas Vignolles, directeur général du SELL qui organise la Paris Games Week, soutient « tout ce qui peut faire rayonner le jeu vidéo », tout en attendant d’en savoir plus sur la contribution des grands éditeurs étrangers. Pour l’instant, personne ne connaît le budget, l’organisateur ni la date exacte. Construire un festival mondial de zéro d’ici l’été 2027 laisse peu de temps.
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