ZeratoR Trackmania Cup : « les circuits sont “pensés par un démon” »

 

Plus de 15 000 spectateurs sont attendus ce samedi 4 juin à l'Accor Arena de Paris pour la retour de la ZRT Trackmania Cup en public après deux ans en ligne à cause du Covid. Fondateur et fervent adepte du jeu, Adrien Nougaret, plus connu sous le nom de ZeratoR, nous explique en quoi le jeu comme la compétition sont arrivés à maturité et à quel point il est fier d'en avoir fait un rendez-vous important.

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ZeratoR // Source : ZQSD Productions

Voilà trois ans qu’il attendait de retrouver la ferveur du public. Trois ans à patienter sagement que le Covid se décide à laisser la vie reprendre son cours et les moteurs de Trackmania vrombir à nouveau. Samedi 4 juin dès 18 heures, Adrien Nougaret va pouvoir remonter sur scène et donner le coup d’envoi de sa compétition fétiche.

Ou plutôt ZeratoR, devrait-on dire, instigateur, concepteur et aussi monsieur Loyal de cette ZRT Trackmania Cup qui porte un peu son nom. Il faut dire qu’il donne de sa personne depuis près de 10 ans pour en faire un rendez-vous important. Et ce retour dans une salle pleine n’est forcément pas pour lui déplaire.

Pari(s) gagnant ?

« On reste sur deux éditions en ligne à cause du Covid. En 2020, il y avait un nouveau jeu Trackmania, ça avait donné de la ferveur à l’événement. En 2021, on a eu une année un peu plus creuse sans événement public, sans renouveau du jeu. Ça a été un peu plus compliqué et on a vu l’engouement diminuer. Mais on revient très fort à Paris », promet-il.

Car ce n’est ni plus ni moins que l’AccorArena (ex-POPB) à Paris qu’il s’offre pour le retour de la Trackmania Cup en public, un événement annoncé à guichets fermés et qui n’attend pas moins de 15 000 personnes. « C’est excitant, un vrai défi technique et financier, mais ça n’est pas impressionnant », tempère ZeratoR quand on lui demande s’il n’est pas impressionné par la dimension et le prestige des lieux alors que les Trackmania Cups précédentes se sont déroulées plutôt dans des Zéniths.

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ZeratoR retrouve la Trackmania Cup en public (ici en 2019 au Zénith de Strasbourg) // Source : ZQSD Productions

« Ça faisait partie de nos objectifs d’aller dans une salle comme Bercy (ancien nom de l’Accor Arena, NDLR). Mais j’ai déjà eu plus de gens sur la Trackmania Cup d’un seul bloc. Là, ce sera comme plein de petits Zéniths répartis autour d’une scène centrale qui fera tout de même près de 500 m² et les gens seront plus près. »

Nouvelle salle et nouvelle configuration pour l’événement, mais une chose ne change pas : « Je dois occuper la scène pendant quatre heures, avec des joueurs qui vont être dans des voitures de F1 construites spécialement pour l’occasion. C’est toujours intense. Mais on ne change pas le format pour autant parce qu’on a une salle plus grande », explique-t-il.

20 ans de passion pour Trackmania

Avec Trackmania, ZeratoR entretient une relation particulière depuis le tout premier opus, sorti il y a près de 20 ans. « C’est mon frère qui m’avait montré le jeu sur PC », se rappelle le streamer. « Les jeux de courses sur PC sont assez impopulaires, on les pense toujours avant tout comme des jeux consoles. Pour moi, c’est le jeu de course Arcade PC de référence ! »

Si vous n’avez jamais entendu parler de Trackmania, il est temps de se mettre à la page et de savoir que c’est un jeu de courses qui se déroule sur des circuits dont vous êtes les auteurs (ou vos amis, ou d’autres gens). Le jeu de Nadeo se base sur le multijoueur et l’édition de piste à partir de blocs de construction proposés. La liberté créatrice est le maître-mot et maître fun aussi.

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Ce que le Montpelliérain aime avant tout dans Trackmania, c’est l’aspect construction : « La vraie différence, c’est la construction de circuits. Mais c’est aussi un jeu exigeant dans lequel le meilleur gagne. Pas une philosophie à la Mario Kart, avec des mécaniques de jeu qui font qu’on va avoir de l’aléatoire ou de la frustration, car on peut se faire doubler par un moins bon qui a eu un bonus », analyse l’organisateur de la compétition. « Faire réfléchir les joueurs en termes de level design, ça donne de la profondeur au jeu. Après, il faut être le meilleur pour gagner, être créatif, tout en étant dans un univers Arcade. Je pense que c’était la bonne formule et ça a bien fonctionné. »

Est-il content de voir ce que donne cette Trackmania Cup à laquelle il a donné naissance en 2013 ? Lui qui avait initié le projet, car il trouvait les autres compétitions sans saveur. « C’est la formule qui me plaît le plus », glisse-t-il dans un sourire. « On est arrivé à un apogée. On est dans une super salle pour la 10e édition, on est au bout d’une aventure incroyable. On a ce qu’il se fait de mieux dans une compétition, avec un jeu arrivé à une maturité incroyable. »

« Un jeu arrivé à maturité »

Construire des circuits est devenu sa passion. Les faire jouer aux autres, son véritable plaisir. « On s’est tous dit un jour : “Je voudrais trop faire des cartes et faire jouer mes potes dessus, c’est trop marrant”, » se rappelle le jeune homme, pas peu fier que ses créations soient partagées par des milliers de joueurs, voire davantage encore. Et pour qu’il « s’éclate » autant qu’il le peut, comme l’enfant joueur qu’il fut, il échange beaucoup avec les équipes de Nadeo qui l’écoutent et améliorent aussi le jeu à son contact.

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Trackmania // Source : Nadeo

« Quand je vois Adrien mapper, il est super fort », déclare admiratif Florent Castelnérac, directeur de Nadeo, le concepteur du jeu. « Année après année, il invente. Il ne prend pas ce qu’on voit habituellement dans le jeu ou en compétition. Il crée ce dont il a besoin et il le fait bien. Toute une partie de la magie opère à ce moment-là. » Car c’est devant des dizaines de milliers de viewers en simultanée qu’il crée les cartes qui serviront ensuite à la Trackmania Cup. Avec les ajustements qu’il sait pouvoir demander au studio pour peaufiner le tout. Et ce dernier sait l’intérêt que son jeu y trouve à écouter religieusement les demandes.

Sans jamais d’idée préconçue du circuit qu’il veut créer, ZeratoR y va « au feeling », tout en écoutant le chat de son stream. « Parfois, je tiens compte de leurs idées et je me greffe dessus. D’autres fois non. Et on échange pour améliorer l’ensemble, avant que je fasse tester le circuit à certains avec moi », résume le jeune homme. « Je fais des segments de course quand je conçois. Ça permet de supprimer, changer l’ordre, remanier… jusqu’à arriver au résultat qui nous plaît. Mais parfois, ça peut être long et on n’est pas toujours satisfait du premier coup.C’est important de ne pas avoir peur de se remettre en question, de changer, de tester. » Une philosophie de jeu qu’il dit aussi s’appliquer au quotidien.

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Et c’est peut-être celui-là, difficile ou non, qui fera partie des circuits retenus pour les qualifications puis la finale à Paris. « Certains joueurs diraient que les circuits sont “pensés par un démon” », s’amuse-t-il. « Mais on cherche surtout à créer du spectacle. Il faut que le public soit intéressé et il le sera s’il y a du divertissement. » Pour la finale à l’Accor Arena, il devrait y en avoir. Un circuit mystère y sera dévoilé pour corser la compétition. Et il nous a même promis que le cactus, son bloc emblématique, serait glissé dans la course. « Pas sur le tracé, il faudra quitter la trajectoire », le seul indice qu’il consentira à nous donner.

Plus qu’un jeu, un spectacle

Fan du jeu, streameur, il n’en oublie pas le spécialiste de l’événementiel jeu vidéo qu’il est devenu. « On théâtralise forcément un peu la compétition », confie-t-il. « Ça reste un spectacle avec un déroulé fixe, des interventions, des capsules vidéo pour entrecouper la compétition. Ça va être colossal quand même ! »

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ZeratoR donne le coup d’envoi de la Trackmania Cup ce samedi // Source : ZQSD Productions

Alors pourquoi cela fonctionne-t-il aussi bien ? Après chaque Trackmania Cup, chaque stream de ZeratoR, le jeu connaît un boom d’utilisateurs. « Au début, on n’a pas compris pourquoi, quand lui faisait ça, tout le monde venait jouer au jeu alors que, dans d’autres compétitions, on regardait simplement des champions. Là, on a envie de jouer à ses circuits », reconnaît Florent Castelnérac. « Il a influencé et permis de briser le moule, car il a le courage de ses idées. Ça lui a permis d’aller au bout de ses convictions et de convaincre plein de gens que Trackmania pouvait être mappé ou joué différemment. »

ZeratoR parle lui « d’alchimie incroyable » entre les équipes de Nadeo, celles de production du show et lui. C’est cela qui concourt à donner la force à la compétition et l’accueil chaleureux du public qu’elle reçoit à chaque fois. « Lors du 1er jour des qualifications en ligne, on a eu plus de spectateurs que pour la finale 2021. C’est dire l’attente qu’il y a pour samedi », s’enthousiasme l’intéressé. « Je suis assez confiant, juste surexcité et j’ai hâte d’y être. »

La Trackmania Cup est organisée à l’Accor Arena de Paris et sera retransmise en direct dès 18 h sur la chaîne Twitch de ZeratoR.


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