
La vidéo tourne depuis quelques jours sur X : le remake de Demon’s Souls, exclusivité PS5, qui affiche son logo de lancement sur un PC Windows.
Un développeur connu sous le pseudo iExplosiveRage a partagé les premières images de SharpEmu, un projet tout neuf qui vise uniquement les jeux de la génération actuelle. Après le logo, c’est écran noir. Mais pour un début, c’est déjà beaucoup.

SharpEmu est un projet expérimental écrit en C#, développé de zéro et disponible pour Windows, dont le code source est public sur GitHub.

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Il arrive à charger le fichier exécutable d’un vrai jeu, à lire les instructions du processeur et à gérer une partie des fonctions système. Le remake de Demon’s Souls atteint sa première image vidéo, puis reste bloqué : le rendu graphique n’est pas terminé. Un petit jeu 2D, Dreaming Sarah, va lui un peu plus loin et affiche déjà de vraies textures.
KytyPS5, l’autre projet qui va déjà plus loin
SharpEmu n’est pas seul sur le créneau. Un second projet a été repéré sur X par le hacker notnotzecoxao, figure connue de la scène PlayStation : KytyPS5. Celui-là n’est pas parti de zéro, c’est un fork de Kyty, un vieux projet PS4/PS5 lancé dès 2022. Et la différence avec SharpEmu se voit tout de suite. Là où SharpEmu cale sur un logo, KytyPS5 montre des captures de vrais jeux en action : Cult of the Lamb, Dead Cells, PowerWash Simulator ou encore Silent Hill : The Short Message. Écrit en C++, il s’appuie sur Vulkan et vise surtout les cartes NVIDIA, sous Windows pour le moment.

Pas de quoi s’emballer pour autant. « Faire tourner » un jeu, ici, veut souvent dire atteindre un menu ou une première scène, pas le finir manette en main. Le développeur prévient lui-même : plantages, bugs graphiques, compatibilité faible et performances médiocres sont la norme. Sa dernière version, la 0.0.3, a même fait régresser certains jeux par rapport à la 0.0.2. On est au stade de la démonstration technique, pas de la soirée jeu vidéo.
Ce n’est pas un émulateur au sens classique
Le mot « émulateur » prête à confusion. Un émulateur classique reproduit toute une machine par logiciel, ce qui coûte cher en puissance. Ici, ce n’est pas nécessaire : la PS5 tourne sur une architecture x86-64, la même famille de processeurs que nos PC. Ces deux projets se rapprochent donc plutôt d’une couche de compatibilité, à la manière de Wine ou Proton sur Linux, qui font tourner des jeux Windows sans copier tout le système d’exploitation.
Le processeur du jeu peut donc s’exécuter presque directement sur le PC. Le vrai obstacle, c’est la partie graphique : la PS5 n’utilise pas les API graphiques standards du PC comme Vulkan, il faut donc traduire ces instructions. C’est ce qui coince encore avec Demon’s Souls sur SharpEmu. C’est aussi la logique qu’a suivie shadPS4, le projet dédié à la PS4, lancé en 2022 par George Moralis, un des fondateurs de PCSX2. shadPS4 fait déjà tourner des jeux comme Bloodborne ou Red Dead Redemption, et sert de référence aux nouveaux venus sur la PS5.
Quel PC pour espérer y jouer ?
Aucune configuration officielle pour ces projets, ils sont bien trop jeunes. Mais on peut regarder du côté de shadPS4, qui vise le même type d’architecture. Ce dernier demande au minimum un processeur récent de 4 cœurs à plus de 2,5 GHz, une carte graphique dédiée compatible Vulkan 1.3 et 8 Go de mémoire vive, 16 Go conseillés. KytyPS5 penche d’ailleurs clairement du côté de NVIDIA. Rien d’extravagant, mais un émulateur réclame toujours plus de puissance que la console d’origine. Pour espérer un jour faire tourner des exclusivités PS5 en 3D, il faudra une machine solide.
Pour aller plus loin
Console de jeux : laquelle choisir entre PS5, Xbox Series, Nintendo Switch 2… ?
Le timing pourra vous surprendre. Sony a acté la fin des jeux PS5 sur disque à partir de 2028, ce qui pousse une partie des joueurs à s’intéresser au jailbreak par crainte de perdre leur bibliothèque. Un émulateur PS5 fonctionnel changerait la donne, et Sony pourrait bien tenter de le faire fermer, comme d’autres avant lui.
Pour l’instant, pas la peine de ranger sa PS5 au placard : aucun de ces jeux n’est jouable de bout en bout, on en est aux menus, aux premières scènes et à des captures qui plantent vite. L’intérêt est ailleurs : en quelques jours, on est passé de la théorie à deux projets bien réels, alors que beaucoup pensaient l’émulation PS5 à des années. Un curieux peut jeter un œil aux deux dépôts sur GitHub, mais pour vraiment jouer sur PC, mieux vaut s’armer de patience.




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