La Haute-Savoie a payé 750 000 € de pochettes anti-ondes, ça n’a pas tenu une semaine

750 000 €, déjà contourné

 
La Haute-Savoie a mis 750 000 euros dans 50 000 pochettes anti-ondes pour couper les collégiens de leur téléphone. Quelques jours après la distribution, des élèves les rouvrent déjà.

Selon Le Parisien, des collégiens haut-savoyards se jouent du dispositif quelques jours seulement après l’avoir reçu. Un élève interrogé résume la parade d’un « c’est super simple ». Le département, lui, a signé un chèque de 750 000 euros pour l’opération. Soit 15 euros la pochette, multipliés par 50 000.

Derrière l’opération, baptisée « Portable en pause », le conseil départemental et son président Martial Saddier. L’idée est de donner à chaque collégien une pochette fabriquée par Naotic, une société nantaise, à garder ses quatre années de collège.

D’après ici.fr, ce sont 50 000 pochettes et environ 600 bases de déverrouillage, livrées à partir de mars 2026, pour 44 000 élèves des collèges publics et privés du département. Le tout financé à 100 % par le département. Les collectivités qui équipent les élèves connaissent la chanson : entre l’Île-de-France et le Grand Est, le choix des ordinateurs offerts aux lycéens vire déjà au bras de fer.

L’interdiction du téléphone au collège n’a rien de local : la loi la prévoit depuis 2018. Le département a seulement choisi la méthode pour l’appliquer. Et la facture qui va avec.

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Une serrure à aimant, un point faible connu

« Anti-ondes », ça décrit une chose précise. La doublure de la pochette agit comme une cage de Faraday : elle coupe le wifi, le Bluetooth et le réseau mobile tant que le téléphone est dedans. Le problème n’est pas là. La pochette se ferme avec un aimant et ne se rouvre, en théorie, que sur une base aimantée installée à la sortie de l’établissement. C’est cette serrure magnétique qui fait tout le travail de « sécurité ». Une serrure à aimant, ça s’ouvre avec un aimant. Mais un coup sec ouvre le dispositif, comme on peut le voir en vidéo.

Le principe se défend : couper le téléphone pendant les cours aide à faire respecter l’interdiction. L’application, en revanche, coince dès la première semaine. Pour un dispositif à 750 000 euros contourné aussi vite, le vrai test aurait sans doute dû avoir lieu avant la signature du marché, pas après.


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