Test du Sunology Storey : voici ce que vaut la batterie plug and play qui récupère l’électricité que vous donnez gratuitement à EDF

Faire la pluie et les beaux watts

 
J’avoue, c’est sa tête qui m’a accroché en premier : la Storey est l’une des rares batteries que j’accepterais de poser dans mon salon. On a passé deux mois à vérifier si le reste suivait.
Test du Sunology Storey / Crédits : Frandroid

Stocker son surplus solaire au lieu de le donner gratuitement au réseau, c’est devenu l’obsession de beaucoup de foyers équipés en panneaux solaires.

Le principe est simple : en journée, quand le soleil tape, vos panneaux produisent souvent plus que ce que la maison consomme. Sans batterie et sans contrat avec EDF, ce surplus part sur le réseau sans contrepartie.

Une batterie domestique le récupère, le garde au chaud, et vous le rend le soir quand les panneaux dorment et que le compteur tourne. Sur le papier, c’est l’assurance d’utiliser sa propre production plutôt que de racheter de l’électricité au prix fort une fois la nuit tombée. Sur ce marché, il y a beaucoup de marques chinoises, dont Zendure, Marstek, EcoFlow, Anker, mais pas seulement.

La réduction via le code SUN_FRANDROID permet d’amortir le matériel bien plus vite avec 10 % de remise sur le site officiel.

J’ai installé la Storey de Sunology dans une maison de 120 m² au sud de Nantes, à quelques kilomètres du siège de la marque. Une batterie modulaire, pensée pour se brancher sur une prise comme un gros radiateur, et présentée comme la solution la plus simple pour démarrer le stockage solaire sans travaux.

Sunology, le plug and play made in Nantes

Sunology n’est pas un nouveau venu. La société est née en 2019 à Nantes, fondée par Vincent Arrouet et Pascal Janot, deux anciens de Systovi, un fabricant français de panneaux solaires.

Leur idée de départ : rendre le solaire accessible aux gens qui n’ont ni l’envie ni le budget pour une installation en toiture avec artisan, démarches et raccordement. De là sont venus les fameux kits PLAY et PLAY Max, ces stations solaires « plug and play » que l’on pose dans le jardin ou sur un balcon et que l’on branche sur une prise. La Storey est la suite logique de cette histoire : après avoir aidé à produire, Sunology veut aider à stocker.

Pour aller plus loin
Comparatif Beem On vs Sunology Play2 : voici le match des stations solaires « plug-and-play » nantaises

Le produit reprend exactement les codes de la maison. On ouvre un carton soigné, on retire des sangles réutilisables, et on tombe sur une batterie franchement réussie esthétiquement. C’est rare de le dire d’un équipement énergétique, mais la Storey est jolie. Habillage sobre, finitions propres, et un câble tressé jaune d’environ 1,80 m qui rappelle la couleur de la marque. Sunology assume le fait que cette batterie va vivre dans une pièce de vie, pas dans un garage, et le soin apporté au design le confirme.

La construction est modulaire et se lit de haut en bas. Le module maître, qui contient toute l’électronique de gestion, se place au sommet. Un socle se pose au sol, avec des pieds réglables bien pensés pour rattraper un carrelage qui n’est jamais parfaitement de niveau. Entre les deux, on vient empiler jusqu’à trois modules d’extension. Le maître mesure 530 × 320 × 270 mm pour 30,5 kg, une extension descend à 255 mm de haut pour 26,5 kg. Ce sont des chiffres à garder en tête : à plus de 30 kg, on déplace la chose à deux, et on évite de la balader de pièce en pièce une fois installée. Même si rien ne vous empêche de l’utiliser à l’extérieur, ce que l’on a fait dans ce test.

Pendant une journée, la batterie a alimenté un petit frigo et plusieurs accessoires avec seulement 15 % de consommation

Côté technologie, la Storey utilise des cellules LiFePO4 (LFP), ou lithium fer phosphate. C’est la chimie que l’on retrouve aujourd’hui sur la quasi-totalité des batteries résidentielles, et pour de bonnes raisons : elle est stable, sûre et elle a une longue vie.

Sunology annonce 7 500 cycles de charge et une garantie de 15 ans, avec une capacité encore à 80 % en fin de parcours. À titre de comparaison, beaucoup de concurrents tournent autour de 6 000 cycles ou moins. Sur la durée de vie brute, la Storey est donc plutôt bien armée. Le rendement annoncé est d’environ 90 %, ce qui veut dire qu’en stockant 100 Wh, vous en récupérez à peu près 90. C’est dans la bonne moyenne du marché.

Le choix technique qui structure tout le produit, c’est celui de l’onduleur. Chaque module embarque son propre micro-onduleur bidirectionnel de 500 W. Bidirectionnel signifie qu’il sait faire les deux sens : charger la batterie depuis la maison et renvoyer du courant vers la maison, le tout en courant alternatif classique. C’est ce qui permet le branchement sur prise sans toucher aux panneaux. Conséquence directe : un module seul ne peut ni absorber ni restituer plus de 500 W. C’est volontaire.

En refroidissement passif, sans ventilateur, ce plafond évite que la batterie chauffe ou fasse du bruit dans le salon. Le revers, c’est que pour récupérer un gros surplus solaire ou alimenter un appareil gourmand, il faut empiler les modules : 1 000 W à deux, 1 500 W à trois, 2 000 W à quatre. Avec trois groupes en triphasé, on grimpe jusqu’à 26,4 kWh et 6 000 W, mais on parle alors d’une tout autre installation et d’un tout autre budget.

C’est là qu’arrive le point à bien comprendre avant d’acheter : il existe deux façons de raccorder la Storey. La plus simple, c’est la prise secteur 230 V, sans artisan ni modification du tableau. On branche, ça fonctionne, et c’est tout l’argument du produit. Mais la puissance injectée par cette voie est volontairement bridée pour des raisons de sécurité (et de légalité).

La seconde façon consiste à raccorder la batterie directement au tableau électrique, ce qui débloque davantage de puissance et une meilleure gestion en cas de coupure. Cette option demande en revanche l’intervention d’un électricien et le respect des normes en vigueur. Autrement dit, le « plug and play » total et le plein potentiel de la batterie ne cohabitent pas toujours : il faut choisir entre la simplicité de la prise et la puissance du tableau.

CaractéristiqueModule maître (Master)Module d’extension
TechnologieLiFePO4, micro-onduleur AC bidirectionnel intégréLiFePO4, micro-onduleur AC bidirectionnel intégré
Capacité2 200 Wh2 200 Wh
Puissance par module500 W500 W
Capacité max (par groupe)jusqu’à 8,8 kWh (4 modules)
Puissance max (par groupe)jusqu’à 2 000 W, réglable au watt près
Extension maximale3 groupes : 26,4 kWh / 6 000 W (triphasé)
Rendement~90 %~90 %
Durée de vie7 500 cycles, garantie 15 ans7 500 cycles, garantie 15 ans
Refroidissementpassif, sans ventilateurpassif, sans ventilateur
Raccordementprise 230 V ou tableau électriqueempilable sur le maître
Dimensions530 × 320 × 270 mm530 × 320 × 255 mm
Poids30,5 kg26,5 kg
Indice de protectionIP64IP64
Température de fonctionnement−10 à +55 °C−10 à +55 °C
Prix1 390 €1 190 €

Petite remarque au passage, Sunology précise bien « conçue en France, assemblée en Chine » pour sa batterie Storey.

Connectiques et écosystème : la note grimpe vite

L’installation physique tient en deux gestes. On enfonce le câble tressé à l’arrière de la batterie jusqu’au clic d’étanchéité, puis on branche l’autre extrémité sur une prise du logement. Comme le câble est bidirectionnel, la maison recharge la batterie quand il y a du surplus, et la batterie réinjecte quand le foyer en a besoin.

Test du Sunology Storey / Crédits : Frandroid

La mise en réseau se fait ensuite via l’application Stream : on crée un compte, on ajoute l’appareil, on saisit le nom et le mot de passe du Wi-Fi de la box, et la Storey apparaît dans l’application. C’est rapide et sans piège. À ce stade, la batterie fonctionne déjà, en s’appuyant sur des prévisions météo géolocalisées pour décider quand charger et quand décharger. Pratique pour celui qui ne veut pas se prendre la tête, mais forcément approximatif : la batterie devine la production, elle ne la mesure pas.

Stream Connect / Crédits : Frandroid

Pour passer à une gestion au watt près, il faut sortir le portefeuille. Sunology a fait le choix d’un écosystème qui s’articule autour d’un boîtier central, le Stream Connect, facturé 129 €. C’est le cerveau de l’installation : tout le matériel Sunology vient s’y connecter, en Wi-Fi ou via un port RJ45.

Stream Connect / Crédits : Frandroid
Stream Connect / Crédits : Frandroid

À lui seul, ce hub ne mesure rien. Il lui faut un capteur : le Stream Meter, vendu 99 €.

Le Stream Meter / Crédits : Frandroid

Ce sont trois pinces ampèremétriques, une par phase, que l’on vient clipser autour des câbles à l’arrivée d’électricité, dans le tableau électrique, sur une protection 2 ampères. Pas besoin de démonter quoi que ce soit, mais on travaille bel et bien dans le tableau, et si vous n’êtes pas à l’aise, un électricien reste recommandé.

Le Stream Meter / Crédits : Frandroid

Une fois en place, le Stream Meter sait exactement ce que la maison consomme et ce qu’elle renvoie, et le Connect ordonne à la batterie de charger ou décharger en conséquence.

Un joli câble tressé jaune / Crédits : Frandroid

C’est sur ce point que Sunology se complique la vie face à la concurrence. Chez la plupart des rivaux, un simple compteur d’énergie suffit à fermer la boucle. Ici, il faut deux boîtiers en plus de la batterie, soit 228 € supplémentaires pour exploiter le produit à son plein potentiel. La contrepartie existe : le Connect crée un réseau local, donc tout continue de fonctionner même si la box internet tombe, et Sunology promet d’y rattacher ses futurs produits, comme une borne de recharge pour voiture électrique. L’idée d’un écosystème cohérent, entièrement piloté depuis l’application Stream, a du sens. Reste que pour l’acheteur d’aujourd’hui, la facture du « kit complet » fait nettement moins sourire que le prix d’appel de la batterie seule.

ÉlémentRôleRaccordementPrix
Câble tressé bidirectionnel (~1,80 m)charge et décharge en courant alternatifprise 230 V ou tableau électriquefourni
Application Streampilotage, suivi temps réel, mode prévisionnelWi-Fi de la boxgratuite
Stream Connecthub central de l’écosystème, réseau localWi-Fi ou RJ45129 €
Stream Metermesure conso/production réelle (3 pinces)tableau électrique, protection 2 A99 €
Prise Backup (sur le maître)alimentation de secours en cas de coupureintégréeincluse

Le module maître dispose aussi d’une prise Backup, censée prendre le relais en cas de coupure de courant. Le principe est moins automatique qu’il n’y paraît. Tant que le réseau est présent, cette prise ne délivre rien : impossible d’y laisser un appareil branché en permanence en se disant qu’il basculera tout seul sur la batterie le jour d’une panne.

Sunology Storey / Crédits : Frandroid

Elle ne s’active que lorsque le courant disparaît, et avec un temps de latence d’une vingtaine à une trentaine de secondes avant que l’alimentation reparte. S’ajoute la limite de puissance déjà évoquée : avec un seul module, on plafonne à 500 W sur cette sortie. De quoi tenir une box, quelques lampes ou un petit appareil, mais pas un usage de secours sérieux. Sur ce terrain, la Storey reste en retrait par rapport à des concurrents pensés dès le départ comme solutions de secours.

Performances : ce que la Storey change vraiment au compteur

Petit rappel de contexte avant les chiffres. J’ai fait tourner la Storey en mode EXPERT, donc avec le Stream Connect et le Stream Meter installés, dans une maison de 120 m² au sud de Nantes déjà équipée de panneaux solaires. C’est une vraie installation, pas un simple kit de balcon : sur le mois de mai, mes panneaux ont produit 710 kWh, soit 23 kWh par jour en moyenne.

Autant le dire tout de suite, c’est dans ce type de configuration, avec du surplus à envoyer à la batterie, que la Storey a une chance de montrer ce qu’elle vaut. J’ai relevé toutes les données directement dans l’application Stream, jour par jour, puis sur le mois complet.

Prenons une belle journée d’été pour commencer, le 11 juin. Mes panneaux ont produit 31,1 kWh, la maison en a consommé 29,3. Sur cette seule journée, la batterie a restitué 5,9 kWh en soirée et en début de nuit, c’est le « déstockage », je n’ai racheté que 5,3 kWh au réseau, et 12,9 kWh de surplus sont malgré tout repartis vers le réseau. Résultat affiché : 86 % d’autonomie, c’est-à-dire la part de ma consommation couverte par mes panneaux, et 59 % d’autoconsommation, la part de ma production que j’ai utilisée moi-même. Par temps clair, la mécanique tourne : le surplus de la mi-journée part dans la batterie, qui le rend une fois le soleil couché.

Le mode EXPERT est nettement celui qui tire le meilleur du produit. Grâce aux pinces du Stream Meter, le système voit en temps réel ce que consomme la maison et ce qu’elle renvoie, puis ordonne à la batterie de charger ou de décharger en conséquence. En la sollicitant volontairement, j’ai retrouvé le petit temps de réaction déjà repéré à l’installation : il faut quelques secondes entre le moment où la demande apparaît et celui où la batterie ajuste réellement sa sortie. Rien de bloquant au quotidien, mais ce n’est pas instantané. Côté puissance, la charge a plafonné autour de 1 000 W sur mes journées de test, un plafond qui, comme le souligne d’ailleurs Sunology, dépend surtout du surplus solaire disponible à cet instant, pas seulement du nombre de modules.

Sur un mois entier, le tableau se lit mieux. En mai, l’application m’indique 57 % d’autoconsommation : sur mes 710 kWh produits, j’en ai utilisé 401,7 directement, et 308,4 kWh sont repartis en surplus.

Côté autonomie, je tombe à 72 % sur le mois, avec 282,8 kWh tout de même rachetés au réseau. La batterie, elle, a encaissé 152,1 kWh de charge cumulée sur le mois, pour une décharge moyenne de 85,74 %. Cela signifie que sur trente jours, la Storey a déplacé environ 150 kWh de la journée vers le soir, de l’énergie que j’aurais sinon cédée au réseau ou rachetée plus cher la nuit.

Maintenant, soyons clair sur l’ampleur réelle de l’apport. 150 kWh décalés sur un mois, c’est utile, mais ça reste modeste face aux 710 kWh produits et aux presque 700 kWh consommés. La cause, encore une fois, c’est le plafond de 500 W par module : le soir, quand la maison réclame 2 000 ou 3 000 W d’un coup, la batterie ne peut en sortir qu’une fraction, et le reste vient du réseau. La Storey lisse la consommation, elle ne l’efface pas. Sur ma journée du 11 juin, ses 5,9 kWh de déstockage couvrent une vraie part de la soirée, mais loin de la totalité d’un foyer qui tire 29 kWh sur la journée.

Vient le chiffre qui saute aux yeux dans l’application : le « prix Sunology ». L’appli m’affiche −2,32 c€/kWh le 11 juin, −6,38 c€/kWh le 12, et même −0,96 c€/kWh sur les sept derniers jours, soit −105 % par rapport au réseau, avec 35,77 € de « gains » sur la période.

Un prix négatif, c’est frappant à l’écran, mais il faut comprendre d’où il sort : l’application valorise le surplus réinjecté comme un gain. Or, selon votre contrat, ce surplus envoyé sur le réseau n’est pas toujours rémunéré, sur beaucoup d’installations plug and play, il est même cédé gratuitement. Ces « gains » mélangent donc économies réelles et énergie théoriquement valorisée. Le calcul est cohérent dans la logique de l’appli, il mérite simplement d’être lu avec cette nuance en tête.

Pour ne pas dépendre d’un seul outil, j’ai croisé les relevés Sunology avec le suivi indépendant de mon installation photovoltaïque, via sa propre application, et sur la même journée : le 12 juin. Côté Sunology, je lis 21,2 kWh produits et 92 % d’autonomie. Côté application de mon installation, j’ai 19,09 kWh de production solaire, 11,56 kWh de consommation, 9,89 kWh d’autoconsommation, 86 % d’autonomie et 3,44 kg de CO₂ évité.

Les deux systèmes ne placent pas leurs capteurs au même endroit et ne définissent pas tout à fait l’autonomie de la même manière, ce qui explique l’écart de quelques points et la petite différence de production affichée. L’essentiel est ailleurs : sur une seule et même journée, les deux mesures se rejoignent, avec une énergie rachetée au réseau qui tourne autour de 1,7 à 1,9 kWh des deux côtés. De quoi accorder une confiance raisonnable aux chiffres de Sunology.

Dernier point, la cohérence entre production et météo. L’application superpose la production réelle à une courbe de prévision basée sur la météo locale, mesurée à 2 km, avec un pic relevé à 1 007 W/m² le 11 juin. Sur mes journées de test, les barres de production collent de près à la cloche prévue, signe que l’algorithme vise juste. Le 12 juin, moins ensoleillé, la production tombe à 21,2 kWh, et pourtant l’autonomie monte à 92 %, simplement parce que j’ai moins consommé ce jour-là. C’est tout l’enseignement de ces relevés : l’autonomie dépend autant de votre consommation que du soleil.

En plein été, dans une installation bien dimensionnée, la Storey fait le travail et relève nettement la couverture du soir. Ce que je n’ai pas pu mesurer, c’est en hiver, quand la production s’effondre et que la batterie aura beaucoup moins de surplus à stocker. On aura certainement l’occasion de vous faire un retour à ce moment-là.

500 W par module : faiblesse ou parti pris ?

Après avoir lu mes premières remarques, Sunology m’a transmis un argumentaire pour défendre son choix des 500 W par module. Et il faut le reconnaître, une partie tient debout. Premier point : la vitesse de charge dépend du surplus solaire, pas de la puissance de la batterie. Tant que vos panneaux n’envoient que 500 ou 800 W de surplus à la mi-journée, un onduleur de 500 W se remplit aussi vite qu’un onduleur de 2 400 W. Sur ce terrain, le reproche du « trop peu » s’efface en partie.

Deuxième argument, thermique, et plus convaincant encore : moins de courant, c’est moins de chaleur. À capacité égale, un module qui travaille à 500 W (environ 0,23 C) sollicite ses cellules bien plus doucement qu’un gros bloc tirant 2 400 W, proche de 1 C. Sunology y voit un gage de longévité et de sécurité, ce qui colle à sa garantie de 15 ans.

Son architecture, baptisée POWERFIT, a aussi une élégance réelle : chaque pack ajoute à la fois 500 W, 2,2 kWh et un onduleur, si bien que le rapport puissance-capacité reste constant quand on empile.

Enfin, sur le secours, la marque renverse la logique : en cas de coupure, mieux vaut tenir longtemps que fort. Pour des besoins essentiels autour de 200 W (frigo, box, lumières), deux modules annoncent une vingtaine d’heures d’autonomie, là où la puissance brute ne servirait à rien.

Donc, oui, 500 W suffisent à absorber un surplus moyen et à couvrir un talon de consommation. Mais le soir, quand la maison réclame 2 000 ou 3 000 W d’un coup, la batterie ne fait toujours que lisser la pointe, pas l’effacer : il faut empiler les modules pour y répondre. Et en secours, les appareils à fort appel de courant au démarrage, comme un frigo ou une pompe, peuvent réclamer brièvement bien plus que leur consommation nominale, un point sensible.

Les 500 W ne sont donc pas un défaut en soi : c’est un parti pris, adapté au décalage du surplus au quotidien, mais qui montre ses limites dès qu’on attend de la batterie qu’elle encaisse de vrais pics. À chacun de juger si son usage colle à cette philosophie.

L’application Stream : la vraie bonne surprise

Toute la Storey se pilote depuis l’application Stream, organisée en quatre onglets : Live, Énergie, Historique et Paramètres.

L’interface est sombre, lisible, sans surcharge, et les données arrivent en temps réel une fois la batterie connectée au Wi-Fi. On sent que Sunology a soigné cette partie autant que le design de la batterie. Et sur toute la durée du test, elle est restée parfaitement stable, sans déconnexion ni plantage, au point qu’on finit par faire confiance au système et le laisser gérer seul. Pour un produit censé « se gérer tout seul », c’est ici que l’on garde la main et que l’on comprend ce qui se passe réellement chez soi.

Le cœur du réglage se trouve dans les modes de pilotage, au nombre de trois. Le mode MANUEL laisse définir soi-même les seuils de charge et de décharge selon les heures pleines et creuses de son contrat. Le mode SUNCAST fonctionne sans aucun accessoire : il calcule chaque nuit un planning à partir des prévisions d’ensoleillement et des informations saisies sur votre installation. Et le mode EXPERT, celui que j’ai utilisé, s’appuie sur le Connect et le Meter pour réagir à la consommation réelle de la maison. C’est de loin le plus efficace, mais aussi le seul qui impose les 228 € d’accessoires. À noter : l’option « optimisation tarifaire », censée jouer sur les pics et les creux de prix, est encore en bêta sur ce mode EXPERT. À suivre, donc.

L’onglet Énergie affiche le fameux « calcul de votre prix de l’énergie », avec le prix au kWh, les gains du jour et une comparaison « coûts avec / sans Sunology ». Le 11 juin, par exemple : 6,34 € de gains, −0,68 € de coût avec Sunology contre 5,66 € sans. C’est pédagogique et plutôt satisfaisant à consulter. Je reste juste réservé sur la présentation, un peu trop flatteuse à mon goût : afficher un prix négatif met en avant le surplus réinjecté sans toujours rappeler qu’il n’est pas forcément payé. Un affichage plus transparent, séparant économies réelles et valorisation théorique, serait le bienvenu.

C’est dans l’onglet Historique que l’application prend toute sa valeur. On y retrouve la production, le stockage, l’autoconsommation, l’autonomie et un résumé, le tout consultable par jour, semaine, mois et année. Les graphes sont clairs, les chiffres clés bien mis en avant, et surtout la production réelle se superpose à une courbe de prévision météo géolocalisée à 2 km, avec l’ensoleillement affiché en W/m². Pour quelqu’un qui aime décortiquer ses données, c’est un vrai terrain de jeu : on voit en un coup d’œil si la journée a tenu ses promesses solaires ou non.

Comme vous l’avez sans doute compris si vous arrivez ici, l’application est sans doute l’élément le plus convaincant de l’ensemble. Elle est fluide, lisible, riche en informations, et la superposition production / prévision est une très bonne idée, que je n’avais pas vue ailleurs aussi bien intégrée.

Il lui manque cependant une vraie couche d’IA : des conseils d’optimisation, des recommandations personnalisées pour décaler ses usages au bon moment, ce que certains fabricants chinois commencent justement à proposer. Stream affiche parfaitement les données, mais ne vous prend pas encore par la main pour les exploiter. Avec l’optimisation tarifaire toujours en bêta et un calcul des gains à relativiser, il reste donc un peu de marge, sans remettre en cause un logiciel qui, sur le fond, tient solidement la route et donne envie de suivre sa consommation au quotidien.

Prix, disponibilité et alternatives

La Storey démarre à 1 390 € pour le module maître, celui qui embarque toute l’électronique et offre 2,2 kWh de stockage. Chaque extension de 2,2 kWh coûte ensuite 1 190 €, dans la limite de trois par groupe : une configuration complète de 8,8 kWh revient donc à 4 960 €, batterie seule. À cela s’ajoute, pour exploiter le mode EXPERT, le pack Stream qui réunit le Connect et le Meter, facturé 228 €.

La réduction via le code SUN_FRANDROID permet d’amortir le matériel bien plus vite avec 10 % de remise sur le site officiel.

Comptez aussi 99 € si vous voulez le jeu de quatre roulettes de la version nomade un tarif pour des roues qui rappellera quelques souvenirs aux habitués du Mac Pro. Bonne nouvelle en revanche : aucun abonnement n’est demandé pour l’application, tout est inclus une fois le matériel acheté.

Reste la question qui fâche : la rentabilité. Sunology met en avant un coût du kWh stocké d’environ 8 à 9 centimes sur toute la durée de vie du produit, à comparer aux quelque 20 centimes du réseau (sans les remises très courantes actuellement), en s’appuyant sur ses 7 500 cycles et sa garantie de 15 ans. Sur le papier, l’argument se tient.

Mais le retour sur investissement se compte en années : pour la configuration de base utilisée à plein, autour de 1 600 € accessoires compris, l’amortissement est entre 8 et 12 ans. La Storey se rentabilise donc sur le long terme.

Avant de vous décider, un coup d’œil à la concurrence s’impose, car le créneau est devenu bouillonnant. La Marstek Venus E 3.0 figure parmi les batteries solaires les moins chères de France. Côté puissance et connectivité intégrée, regardez la Zendure SolarFlow 2400 AC+ ou, dans une autre génération, les Zendure SolarFlow 2400 AC et Hyper 2000. L’Anker Solix affiche de belles performances malgré un point assez frustrant, tandis que les EcoFlow Stream Ultra X et consorts jouent à fond la carte de l’écosystème, compteur Shelly à l’appui. De quoi comparer prix, puissance et simplicité avant de poser une batterie dans son salon.

Note finale du test
9 /10
Au terme de ces semaines de test, la Sunology Storey nous a convaincue. C'est une batterie réussie là où on ne l'attendait pas forcément. Son design, d'abord, qui en fait l'une des rares batteries domestiques que l'on pose sans gêne dans une pièce de vie. Son application ensuite, stable, lisible et bien pensée, qui transforme le suivi de sa production en petit plaisir quotidien. Sa promesse de simplicité, enfin, tenue : on branche sur une prise et le système se débrouille. Pour un foyer déjà équipé en panneaux, qui veut récupérer son surplus sans travaux ni prise de tête, la Storey fait le travail, j'ai vu l'autonomie grimper au-delà de 85 % sur les belles journées de juin.

Reste que tout n'est pas réglé. Les 500 W par module bornent la puissance, en usage courant comme en secours, et obligent à empiler, donc à payer, pour vraiment soulager ses soirées. La facture grimpe vite une fois le pack Stream ajouté, et l'amortissement se compte en années.

Sunology arrive aussi un peu tard sur un marché où Marstek, Zendure ou EcoFlow proposent souvent plus de puissance pour moins cher. La marque nantaise compense par le design, la durabilité et un SAV local rassurant, mais elle devra surveiller ses prix et étoffer son logiciel, notamment côté conseils d'optimisation.

Le vrai verdict viendra cet hiver, quand la production solaire s'effondrera et que la batterie aura beaucoup moins de surplus à se mettre sous la dent. D'ici là, la Storey reste une porte d'entrée élégante et sérieuse vers le stockage solaire, à condition d'accepter son tarif.

Points positifs
Sunology Storey

  • Le design, l'une des plus belles

  • L'application Stream, claire, stable, riche en données

  • La simplicité, installation plug and play sur une prise 230 V

  • La durabilité, chimie LiFePO4, 7 500 cycles et garantie 15 ans

  • Le « made in Nantes », une marque française conçue en Loire-Atlantique, écosystème évolutif et SAV local potentiellement plus réactif

Points négatifs
Sunology Storey

  • Les 500 W par module, un parti pris assumé, bien défendu côté thermique… mais qui limite les pics et le secours

  • Le prix, 228 € d'accessoires pour profiter du mode EXPERT

  • L'absence d'IA

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