Faillite du n°1 du vélo en Europe : 65 salariés réembauchés pour écouler 86 millions d’euros de vélos et pièces

 
Les administrateurs judiciaires d’Accell organisent la vente d’environ 86 millions d’euros de vélos, pièces détachées et accessoires, avec 65 anciens salariés réembauchés en contrat temporaire de deux mois.

Les sociétés néerlandaises d’Accell Group, considéré comme le n°1 du vélo en Europe, ont été placées en faillite le 11 août dernier, et les contrats de leurs 344 salariés ont été résiliés. Le groupe derrière Lapierre, Batavus, Haibike ou encore Babboe se retrouve depuis dans une situation très concrète : il faut vendre du stock, préserver les marques, et éviter de trop casser les prix.

Les administrateurs judiciaires Thijs Hekman et Erik Schuurs ont proposé un contrat temporaire de deux mois à 65 anciens employés, pour poursuivre la vente de vélos, de pièces et d’accessoires. L’information figure dans leur premier rapport public de faillite, relayé ce mercredi 23 septembre par NieuwsFiets.

Vendre sans brader

Accell NL disposait au moment de la faillite d’environ 86 millions d’euros de stock à écouler : 47,8 millions d’euros de vélos et 38,6 millions d’euros de pièces détachées et accessoires. Les administrateurs ont choisi le réseau de distribution existant, avec la plateforme informatique interne d’Accell, plutôt qu’une grande liquidation aux enchères, même si première vente aux enchères de vélos, ouverte à tous, avait été lancée début septembre pour vider le centre d’expérience du groupe aux Pays-Bas.

En passant par les canaux habituels, les administrateurs évitent de brader les prix. Accell reprend ainsi les livraisons de vélos, pièces et accessoires dans un cadre proche de ce qui avait déjà été annoncé aux revendeurs néerlandais lors de la relance des ventes d’Accell.

accell group

Son site d’Apeldoorn devient donc central. La majorité des pièces détachées et accessoires y est stockée, et le bail du bâtiment est conservé pour l’instant, contrairement à la plupart des autres sites. Les vélos, eux, se trouvent surtout chez des partenaires logistiques externes.

Des stocks sous conditions

Pour autant, et toujours selon le rapport public, une soixantaine de fournisseurs invoquent une clause de réserve de propriété, un mécanisme qui leur permet d’affirmer que certaines marchandises livrées restent légalement à eux tant qu’elles ne sont pas payées. Les administrateurs examinent ces demandes et ont recensé le stock présent au moment de la faillite, ainsi que les ventes réalisées depuis. Si la clause est valable, la marchandise revient en principe au fournisseur ; si elle a déjà été vendue et que le stock restant ne suffit pas, les administrateurs veulent négocier une indemnisation avec lui.

Ces fournisseurs ne sont pas les seuls à attendre leur dû. En plus des banques et des autres financiers, 434 créanciers ordinaires se sont déclarés dans les sept faillites néerlandaises d’Accell, pour plus de 38,4 millions d’euros de créances. Le fisc néerlandais réclame en plus 9,45 millions d’euros, avec un rang prioritaire. Le montant total des dettes n’est pas encore connu.

En parallèle, Accell est mis en vente à l’international, comme nous vous le relations fin août. Le rapport public nous apprend que plus de 300 acheteurs potentiels ont été contactés, que 103 ont payé un droit d’entrée remboursable de 20 000 euros pour accéder à la salle de données, et que 60 ont remis une offre non contraignante. Les offres vont d’une seule marque à des combinaisons de marques, de stocks et d’activités. Le fonds irlandais Quanta Capital s’était par exemple dit prêt, mi-août, à reprendre tout le groupe.


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