Ce journaliste a rechargé une voiture électrique en 3 minutes : voici comment il y est arrivé

 
La startup britannique Nyobolt continue le développement de sa batterie à la recharge ultra-rapide. Installée sur une voiture électrique expérimentale, elle peut passer de 30 à 80 % en 3 minutes seulement – aussi vite qu’un plein d’essence. L’arrivée est prévue en série avant 2030.
Nyobolt EV // Source : Nyobolt

On le sait : la Chine détient la quasi-totalité de la valeur ajoutée des batteries dans le monde, aussi bien en production qu’en recherche et développement. Et si les innovations pleuvent là-bas, l’Europe n’a pas dit son dernier mot.

En témoigne Nyobolt, une entreprise britannique qui travaille depuis 2023 sur une batterie assez révolutionnaire, capable de se recharger en 6 minutes seulement. Nos confrères d’Autocar ont pu tester (et valider) en conditions réelles cette batterie, de quoi en savoir plus sur la feuille de route de la startup.

30 à 80 % en 3 minutes seulement

Branchée à 30 % de batterie, la voiture électrique expérimentale (un petit roadster aux airs de Lotus Elise) a passé le cap des 80 % trois minutes plus tard, acceptant encore 300 kW à cette étape – un chiffre hors d’atteinte, même en pic, par la quasi-intégralité de la production actuelle.

Au cœur du roadster se cache une batterie de 35 kWh, capable d’atteindre une puissance de recharge de 350 kW – on atteint donc un taux de 10C (le rapport entre la capacité de la batterie et la puissance de recharge atteignable), un chiffre sans équivalent aujourd’hui : les meilleures voitures actuelles sur le sujet, comme les Xpeng, doivent se « contenter » de batteries dites 5C.

Nyobolt EV // Source : Nyobolt

L’innovation se cache dans la composition des cellules, comme l’explique Shane Davies, directeur des systèmes de batteries pour véhicules chez Nyobolt : « Ce qui est vraiment différent, c’est le matériau de l’anode dans la composition de la cellule, puis la conception du système de la cellule elle-même. »

Et sans rentrer dans les détails techniques, il explique les bénéfices : « Il en résulte une impédance très, très faible au niveau de la cellule, ce qui se traduit par une faible génération de chaleur. Nous n’avons pas besoin de travailler sur des solutions de refroidissement sophistiquées. »

C’est précisément grâce à ce faible échauffement que Nyobolt peut faire grimper la puissance de recharge sans craindre de problèmes de surchauffe de la batterie, pouvant occasionner un vieillissement accéléré ou des problèmes de sécurité.

Plusieurs applications possibles, dont les voitures

Encore à l’état de prototype, cette batterie assez révolutionnaire semble donc en bonne voie de production. Nyobolt vise plusieurs secteurs : les engins de chantier, les data centers ou les véhicules autonomes ; autant de secteurs où l’usage est intensif.

Nyobolt EV // Source : Nyobolt

Le secteur de l’automobile n’est pas non plus oublié : Ramesh Narasimhan, vice-président exécutif de Nyobolt, espère une application en série « d’ici 2028/2029 », se positionnant en alternative à la batterie solide, aussi prometteuse qu’incertaine dans son arrivée sur le marché et ses capacités réelles.

Enfin, à la question de produire le petit roadster, Shane Davies est affirmatif : « Je pense que la réponse est oui, absolument », même si rien n’est fait : « il faut penser aux stocks de pièces détachées, aux concessionnaires, aux outils de diagnostic ». De fait, « un partenariat avec un équipementier qui dispose déjà de ces éléments » serait envisagé, avec un cap fixé à « environ 50 voitures pour que cela soit viable. »


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