Essence à 2 € : comment cette nouvelle crise pourrait précipiter la fin du moteur thermique

 
Alors que le conflit se poursuit en Iran, les pays européens font face à une hausse drastique du prix du pétrole. Une occasion pour développer la voiture électrique ? C’est ce que veut notamment la France.
Crédit : Peugeot

Depuis quelques semaines maintenant, la guerre fait rage au Moyen-Orient, et plus précisément en Iran. Ce dernier a notamment bloqué le détroit d’Ormuz, par où transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole. En conséquence, le prix du baril a flambé, dépassant la barre des 120 dollars. Une augmentation qui se ressent à la pompe, puisque le litre d’essence et de diesel a franchi le seuil symbolique des deux euros. Bien sûr, les gouvernements des différents pays européens sont en alerte. Et ils sont surtout profondément divisés.

Certains veulent en profiter pour ralentir la transition énergétique, en réduisant notamment les taxes sur le carburant. C’est ce qu’explique en effet Phuc-Vinh Nguyen, chef du centre énergie de l’Institut Jacques Delors. Relayé par Le Monde, il indique que « si la crise dure et qu’il y a une envolée des prix trop élevée, il n’est pas exclu que la transition soit l’une des perdantes de ce conflit ». En Hongrie, en Croatie ou encore au Portugal, des mesures de plafonnement du prix du carburant et une baisse de la TVA ont été mises en place.

Source : Unsplash

Des solutions vivement critiquées par certains experts, comme Nicolas Goldberg, associé chez Colombus Consulting. Celui-ci estime qu’« il faut éviter les dispositifs coûteux et non ciblés qui obèrent notre capacité d’investir pour l’avenir et la décarbonation ». En parallèle, certains pays veulent suspendre le mécanisme de crédits carbone, qui incite les entreprises polluantes à « acheter un permis de polluer ». Mais l’Union européenne lui offre du sursis, en reportant notamment la fin des quotas gratuits après 2035.

Quid de la France ?

Mais qu’en est-il en France ? Eh bien chez nous, cette crise géopolitique est une véritable aubaine pour les voitures électriques. Avec la hausse du prix du carburant, les commandes sont en nette hausse, comme nous l’avions expliqué. Et le gouvernement veut poursuivre sur cette lancée, en refusant notamment de réduire les taxes sur le carburant et de plafonner son prix. Et pour cause, la Banque de France estime que les mesures de soutien avaient coûté 88,5 milliards d’euros entre 2021 et 2024.

À la place, l’État devrait surtout mettre en place des aides ciblées, comme le recommande l’Institut du développement durable et des relations internationales. Ce think tank estime qu’il serait judicieux de lancer un « bonus social électrique », qui prendrait la forme d’une baisse de la facture d’électricité. Cette dernière serait alors réservée aux ménages les plus modestes. En parallèle, l’idée d’une revalorisation du chèque énergie serait aussi évoquée, de même qu’une accélération du leasing social. L’Institut suggère d’allouer cette aide à 200 000 nouveaux dossiers en 2026.

Pour le moment, l’État n’a pas donné de détails sur le retour de ce coup de pouce cette année. Car ce dernier doit aussi vérifier qu’il a les épaules pour toutes ces aides, qui nécessitent évidemment beaucoup d’argent public. Quoi qu’il en soit, le gouvernement veut miser sur la prime CEE, qui avait été revalorisée quelques mois plus tôt. En parallèle, des mesures sont conseillées par l’AIE pour réduire la demande en carburant. Parmi elles, favoriser l’utilisation des transports en commun ainsi que le télétravail ou encore réduire de 10 km/h la vitesse sur les autoroutes.


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