Pourquoi General Motors construit sa nouvelle Bolt EV par lots de 30 exemplaires d’un coup

 
Le groupe américain General Motors produit l’une de ses voitures électriques par lot de 30 d’un coup. Une solution surprenante, mais qui possède de réels avantages.
Crédit : General Motors

Pour un constructeur automobile, ce n’est pas tout de vendre des autos. Il faut surtout les produire. Or, cela ne s’improvise pas, surtout en cette période troublée, que ce soit pour les marques comme pour les équipementiers.

Car on le sait, les coûts de fabrication sont élevés, et ont une influence directe sur le prix payé par les clients. De plus, les entreprises doivent faire tout leur possible pour accélérer au maximum la cadence, afin de réduire les délais de livraisons. De nombreux défis, auxquels le groupe General Motors tente de répondre.

Et c’est ainsi qu’il a trouvé une solution qui peut sembler plutôt étonnante, au sein de son usine située à Fairfax, à Kansas City (Kansas), aux États-Unis. Là- bas, le groupe produit notamment la Chevrolet Bolt, une petite auto électrique. Pour mémoire, l’actuelle génération a été dévoilée en octobre 2025 et commercialisée au premier trimestre 2026. Et le constructeur américain a eu une idée surprenante, mais très maline. Il produit en fait sa compacte par lots de 30 exemplaires. Mais quelle est la raison ?

Chevrolet Bolt // Crédit : Chevrolet

Et bien le site Automotive News nous en dit un peu plus à ce sujet. Or, c’est en fait très astucieux, comme le révèle Michael Youngs, directeur de l’usine au Kansas. Ce dernier explique que la marque s’est simplement demandé : « Comment pouvons-nous garantir une efficacité maximale lors du lancement de la Bolt ? ». C’est ainsi « qu’est né le concept de production par lots ». Mais en quoi cela consiste-t-il réellement ? En fait, l’idée est on ne peut plus simple.

Une logistique facilitée

Elle consiste tout simplement à fabriquer 30 exemplaires strictement identiques de la voiture, avec exactement la même configuration. Et ce alors que la Bolt est disponible en deux finitions (LT et RS), trois configurations de toit et sept teintes de carrosserie. Ce qui permet de nombreuses combinaisons. Mais quel est l’intérêt de cette pratique ? En fait, il y en a plusieurs. D’abord, cela facilite la tâche pour les fournisseurs, qui peuvent savoir précisément quels sont les modèles en cours de production, et quelles pièces seront nécessaires.

De plus, le matériel de l’atelier peinture demande des nettoyages moins réguliers, car les voitures sont toutes peintes de la même couleur. Enfin, les opérateurs passent également moins de temps à se déplacer « entre les différents lots de pièces destinés à différents véhicules ». Ce qui représente un gain de productivité, et donc des économies à la clé. En parallèle, l’usine conserve aussi une version de chaque configuration en cas de problème. Ce qui permet de remplacer un véhicule défectueux dans la chaîne sans interrompre la production.

À noter que cette discipline industrielle n’est pas sans rappeler ce que pratique Tesla, qui regroupe lui aussi des productions similaires pour limiter la complexité. La nuance, c’est l’approche : là où Tesla simplifie le produit lui-même, GM conserve ses finitions et options et simplifie le processus autour. Une différence de philosophie entre constructeur historique et nouvel entrant.

Chevrolet Bolt // Crédit : Chevrolet

Cependant, l’expert Sam Fiorani explique que « ce type d’assemblage ne fonctionne qu’en petites séries ». Et ce alors que Chevrolet produit actuellement entre 2 000 et 3 000 exemplaires de sa Bolt par mois. Mais à terme, cette technique pourrait aussi être adaptée une fabrication de masse. C’est ce que prévoit justement de faire le constructeur, qui veut désormais encore améliorer sa solution. Car il envisage de poursuivre la production par lots bien après la fin de la compacte électrique.


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