
Parfois, il s’agit d’un seul modèle pour relancer la machine. Une machine bien huilée quand même, puisqu’on parle de la marque historique Alfa Romeo. Mais elle n’est pas à son apogée en ce moment, malgré une gamme « rajeunie » entre 2022 et 2024 (Tonale et Junior). Et quoi de mieux qu’un salon automobile pour attirer tous les regards. Car c’est bien là le projet.
Côté ventes, Alfa Romeo a certes vu ses immatriculations européennes grimper de 30,5 % en 2025 selon l’ACEA, essentiellement grâce au Junior. Mais la Giulia et le Stelvio, lancés en 2015 et 2016, attendent toujours leurs remplaçants : ceux-ci ne devraient pas arriver avant 2028, la marque ayant dû réintégrer des moteurs thermiques dans des projets pensés au départ en 100 % électrique.
À l’occasion du Mondial de l’auto, qui a ouvert ses portes à la presse ce lundi 12 octobre à Paris (le public y est accueilli jusqu’au dimanche 18 octobre), Alfa Romeo a dévoilé un spectaculaire concept-car nommé Cuorerosso. Derrière ce nom évocateur (cuore pour cœur, rosso pour rouge), la marque présente sa vision de l’avenir à travers une berline sportive très identitaire.

Alfa Romeo veut garder son héritage sans le recopier. Sans préfigurer un modèle de série, ce prototype repose sur les trois piliers que la marque met en avant : le design italien, la sportivité et le rouge, indissociable de son histoire.
Du design structural et racé
Le concept-car Cuorerosso prend la forme d’un grand coupé sportif aux proportions sculptées pour la performance. L’engin affiche une belle prestance, avec 4,70 mètres de long pour 1,98 mètre de large.

Sa silhouette ne dépasse pas 1,33 mètre de haut, pour un empattement de 2,93 mètres, et repose sur des jantes de 22 pouces. Alfa Romeo annonce un poids de 1 750 kg. Des mensurations idéales qui sentent bon la sportivité, non ?

Pour habiller cette plastique athlétique, rien de mieux qu’une peinture spécifique baptisée Liquid Ink Red, dont les reflets glissent du rouge très sombre, limite noir, au rouge le plus clair, selon la lumière et l’angle de vue. Cet effet vient d’une base en aluminium à grain très fin, recouverte d’une couche transparente teintée.
Il y aura du passage sur le stand italien, car cette ébauche de voiture attire vraiment l’œil.
Si on décortique le Cuorerosso, la face avant, sans aucun cadre, présente cette fameuse calandre triangulaire, maillée de petits triangles rétroéclairés. Ces triangles font écho à la Croix et au Biscione du logo d’Alfa Romeo, tandis que le Scudetto et le Trilobo, deux signatures qu’on connaît bien, sont complètement réinterprétés et modernisés. Ils sont coincés entre deux optiques et deux prises d’air latérales ultra fines.

Le capot est long et plongeant, tandis que la ligne de toit est plutôt fuyante. Ce coupé quatre portes 2+2 se dote aussi de portières antagonistes sans montants centraux. Ah, et les poignées n’existent pas : elles sont remplacées par une commande tactile intégrée au toit.

À l’arrière, la poupe est très courte et tronquée net, avec un élan vers le haut : c’est la Coda Tronca, un code historique d’Alfa Romeo. Alors que la lunette reprend la forme d’un triangle, son dessin est pour le coup taillé à la serpe, comme on dit, assez travaillé dans un méli-mélo de lignes et de reliefs. C’est assez looké, d’autant plus que deux feux ronds viennent encore rehausser ce travail de surface, accompagnés d’un diffuseur intégré. On n’y voit par ailleurs aucune protection de bas de caisse ni d’effet de démarcation.
Le coefficient de traînée aérodynamique (Cx) est annoncé à 0,28.
Un habitacle haute couture, qui sent la compet’
Dans ce concept Cuorerosso, la configuration est simple, à quatre places, avec une console centrale traversante et suspendue, offrant à chacun des passagers un espace individuel. On y décèle aussi une planche de bord horizontale et flottante. Le tout forme une croix, vous verrez, en clin d’œil au logo d’Alfa Romeo.

À bord, l’atmosphère évoque aussi bien le raffinement que l’esprit de la course. L’habitacle est soigné et fait la part belle aux matériaux de qualité : du nubuck Poltrona Frau, un cuir régénéré contenant 60 % de déchets post-industriels et des inserts métalliques.
Petite originalité, la boîte à gants est remplacée par un sac amovible, conçu pour être emporté en sortant de la voiture.
Attention, effet visuel garanti car tout baigne dans le… rouge. Allez, à l’exception du volant, de la séparation centrale et du haut des sièges baquets.
Mais Alfa a plutôt innové pour son instrumentation. Devant le conducteur, le système permet d’avoir deux configurations possibles : soit les compteurs numériques s’affichent en duo traditionnel à deux éléments, soit ils fusionnent physiquement en un seul bloc dans la configuration « Concentrato », pour ne diffuser que l’essentiel.

Ne cherchez pas, comme j’ai pu le faire longtemps, l’écran central habituellement posé sur la planche de bord : il n’existe pas. Tout passe par le « Magma Display », une surface tactile installée sur la console centrale, accompagnée de commandes physiques en métal (dont une molette rotative, un sélecteur de modes de conduite et des commandes à bascule).

Le regard est toutefois attiré par ce volant rectangulaire à trois branches, qui étrenne la direction électrique steer-by-wire du groupe Stellantis, prévue pour 2027 dans la future Peugeot e-208. Cette technologie supprime la liaison mécanique entre le volant et les roues ; sur le Cuorerosso, elle s’accompagne de retours haptiques et acoustiques.
Nous n’avons pas pu nous installer à bord du prototype, le constructeur ayant catégoriquement refusé. Mais l’espace y semble quand même bien confiné, les grands gabarits devront se plier en quatre pour pouvoir s’installer au volant. À l’arrière, n’en parlons pas.
Là encore, on sent à plein nez la sportivité de prototype.
Un laboratoire plus qu’une voiture de série
Si Alfa Romeo distille une proposition esthétique forte et un tempérament affirmé, la marque veut aussi surprendre côté mécanique, tout en restant discrète sur les détails.
Vous l’avez peut-être remarqué : une double sortie d’échappement verticale trahit la présence d’un moteur thermique dans ce concept-car. Alfa Romeo indique que sa version la plus performante pourrait recevoir un V6 2.9 Full Hybrid, associé à une transmission intégrale Q4, une boîte à convertisseur de couple et un arbre de transmission en fibre de carbone. La marque n’en a donc pas fini avec le moteur essence, qu’elle avait pourtant envisagé d’abandonner en 2027 en Europe.
Ce concept dévoilé au Mondial de l’auto préfigure tout de même une offre multiénergie pour la future gamme. « Le concept anticipe également l’approche multiénergie qu’Alfa Romeo entend adopter pour l’avenir, avec une offre prête à intégrer des motorisations 100 % électriques, hybrides rechargeables, hybrides légers et hybrides complets », indique-Alfa Romeo dans son communiqué.
Le Cuorerosso reçoit une suspension pneumatique et un freinage Brembo carbone-céramique avec des étriers spécifiques Alfa Romeo. En revanche, la marque ne donne aucun chiffre de puissance, de performances ni d’autonomie électrique.

De toute façon, ce concept n’a pas vocation à être commercialisé en l’état. Il n’est « ni préfiguration directe d’un modèle de série, ni simple exercice de style », mais « un véritable manifeste destiné à inspirer les futurs modèles », justifie le constructeur.
Alfa Romeo donne tout de même le cadre : la vision du Cuorerosso doit se décliner sur les principaux segments du marché, sur des architectures multiénergies, avec des modèles jusqu’à 4,70 mètres de long, soit la taille du concept. La marque laisse aussi la porte ouverte à des versions Quadrifoglio.
Contrairement à Jaguar, qui a fait table rase du passé avec sa Type 01 100 % électrique, la firme italienne privilégie la prudence pour garder de la souplesse face à des demandes très hétérogènes. Néanmoins, sur un secteur aussi concurrentiel, le style et l’image de marque ne suffiront plus. Alfa Romeo devra s’imposer par des arguments technologiques et commerciaux solides pour rivaliser avec les leaders actuels.
Le Cuorerosso est chargé de tracer la route des prochains modèles de la gamme, à commencer par les successeurs de la Giulia et du Stelvio, qui ne sont pas attendus avant 2028.
Utilisez-vous Google News (Actualités en France) ? Vous pouvez suivre vos médias favoris. Suivez Frandroid sur Google.
Pour nous soutenir gratuitement, dites simplement à Google d’ajouter Frandroid à vos sources préférées en cliquant ici.

Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs. Ce contenu est fourni par Disqus.
Pour pouvoir le visualiser, vous devez accepter l'usage étant opéré par Disqus avec vos données qui pourront être utilisées pour les finalités suivantes : vous permettre de visualiser et de partager des contenus avec des médias sociaux, favoriser le développement et l'amélioration des produits d'Humanoid et de ses partenaires, vous afficher des publicités personnalisées par rapport à votre profil et activité, vous définir un profil publicitaire personnalisé, mesurer la performance des publicités et du contenu de ce site et mesurer l'audience de ce site (en savoir plus)
En cliquant sur « J’accepte tout », vous consentez aux finalités susmentionnées pour l’ensemble des cookies et autres traceurs déposés par Humanoid et .
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment. Pour plus d’informations, nous vous invitons à prendre connaissance de notre Politique cookies.