Il existe de multiples technologies pour accéder à internet, surtout depuis que la fibre est arrivée sur le marché, au point qu’on y comprend plus grand-chose. Suivez le guide pour comprendre tout ce que se cache sous les acronymes barbares tels que xDSL, FTTH, FTTLA et d’autres, ainsi que les avantages et les inconvénients de chacune d’entre elles.

Ken Fager sur Flickr CC BY-NC SA

Fini le temps où l’on accédait à internet via sa prise téléphonique. Aujourd’hui, diverses familles de technologies cohabitent et au sein de ces familles il existe d’autres méthodes et toutes ne se valent pas. Avant de s’abonner à une offre fixe, il est important de faire son choix en connaissance de cause, car chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients. Haut débit, très haut débit, fibre, ADSL et autres, voilà comment cela fonctionne.

Haut débit, très haut débit

Avant même de commencer à parler de technologie, parlons un peu débit. Aujourd’hui les opérateurs distinguent trois types offres : haut débit (HD), très haut débit (THD) et enfin fibre. Ces appellations ne sont pas purement marketing, mais correspondent à des définitions précises retenues par l’ARCEP, l’autorité française se basant elle-même sur les définitions de la Commission européenne. Ce sont les suivantes :

  • Haut débit : de 512 Kb/s à 29,99 Mb/s
  • Très Haut Débit : 30 Mb/s et au-delà

On remarque donc que cette définition ne s’embarrasse pas des moyens, mais simplement des débits. C’est également celle-ci qui a été retenue par le plan France Très Haut Débit (ou France THD) qui vise à couvrir l’ensemble du pays en Très Haut Débit, peu importe le moyen, d’ici 2022. Vous pouvez consulter le débit disponible près de chez vous en consultant la carte de l’observatoire THD ou trouver la meilleure offre fixe grâce à notre comparateur d’abonnement Internet.

La famille xDSL

Pour atteindre ce cap du très haut débit, il n’y a pas besoin de fibre optique. Les technologies xDSL suffisent : elles regroupent deux grandes méthodes : l’ADSL et le VDSL, chacune possédant des variantes. Elles ont toutes en commun le fait de reposer sur des câbles en cuivre tirés depuis bien longtemps dans nos maisons, puisque ce sont les mêmes qui étaient utilisés pour la téléphonie fixe. Les fréquences sont simplement différentes et c’est pour cela que l’on peut utiliser le téléphone fixe en même temps qu’internet. C’est la grande avancée de l’ADSL par rapport à la connexion 56K d’antan.

Le modem ADSL « SpeedTouch » de Wanadoo aka « la Raie Manta », sorti au début des années 2000 avec un débit de 512 Kb/s. Image : Wikipédia Commons

ADSL et VDSL ont évolué depuis avec l’ADSL2+ et le VDSL2, c’est toujours le même principe général, mais elles exploitent plus de bandes-fréquences et permettent donc de faire transiter plus d’information. L’ADSL (et suivant) proposent des débits inférieurs au VDSL à savoir 25 Mb/s descendants théoriquement, mais ils sont moins atténués par la distance que le VDSL qui arrive en revanche à 200 Mb/s si la distance entre le DSLAM (le répartiteur) et l’abonné est courte, inférieure à 1 km. Ce dernier est donc utilisé dans les zones urbaines denses et moyennement denses, le premier se trouve plus volontiers dans les zones peu denses.

On l’a donc compris, les technologies xDSL ont l’avantage d’être disponibles sur une très grande partie du territoire. Les débits descendants du meilleur VDSL peuvent éventuellement être comparables à une petite fibre, mais le cuivre aura un désavantage dans le sens montant. Envoyer de gros fichiers est difficile en utilisant ces technologies qui, sauf cas très particuliers, n’arrivent pas à dépasser les 35 Mb/s en upload.

Ce qu’il faut retenir

  • Le xDSL est largement déployé
  • Les débits descendants peuvent être comparables à une petite fibre
  • Les débits montants sont en retrait

« Vraie » fibre et « fausse » fibre

On oublie les vieux câbles du XXe siècle, l’avenir, c’est la fibre optique. Le support n’a presque que des avantages par rapport aux technologies DSL. Le principal est évidemment le débit. Ils atteignent aujourd’hui 1 Gb/s la plupart du temps, Free monte même à 8 Gb/s avec la Fibre 10G EPON… et ce n’est qu’une petite partie de ses capacités. En 2012 une expérience réalisée par le FAI japonais NTT a montré qu’il était possible d’atteindre 1 Tb/s (1000 Gb/s) sur une seule fibre et sur une distance de 50 km. En clair, si les débits sont déjà largement supérieurs à ceux disponibles grâce au cuivre, ce n’est que le début.

Le terme fibre recouvre en fait trois méthodes différentes : La « vraie » fibre est celle dite « FTTH » pour Fiber to the Home, suivie de deux « fausses » : le « FTTB » et le « FTTLA » pour, respectivement, Fiber To The Building et Fiber To The Last Amplifier. Il existe également d’autres FTTx beaucoup moins couramment utilisés qui n’ont guère d’intérêt pour le grand public. Qui maîtrise l’Anglais comprend ce qui distingue les trois techniques. Pour ceux qui ne le maîtrise pas, voilà ce qu’il faut retenir : tout est question de la longueur de la fibre.

Un Point de Terminaison Optique. Indispensable pour le FTTH. Image : FrAndroid

Dans le cas de la FTTH, et c’est pour cela que l’on considère qu’il s’agit de la vraie fibre, la fibre arrive directement dans le logement de l’abonné dans lequel est un installé un point de terminaison optique (ou PTO). Tout le réseau est ainsi en fibre, et c’est ce qui offre les meilleures performances, tant sur les débits descendants que sur les débits montants. Dans le cas du FTTB, la fibre va s’arrêter à la base de l’immeuble, les logements individuels sont reliés en cuivre. On peut atteindre de bons débits descendants, mais le montant commence à traîner la patte. Reste enfin le FTTLA où la fibre s’arrête au dernier amplificateur — ce qui correspond grossièrement au pâté de maisons —, vous conservez des débits descendants à 1 Gb/s, mais vous ne dépasserez pas 60 Mb/s en montant.

Par ailleurs, FTTB et FFTLA sont plus sujets à l’encombrement des lignes puisque le cuivre supporte moins bien les multiples connexions, cela peut créer des instabilités aux heures de pointe. En revanche, les FTTB et FFTLA nécessitent moins de travaux puisqu’ils s’appuient en partie sur des infrastructures existantes. C’est le problème principal de la fibre FTTH : elle suppose de déployer un tout nouveau réseau, c’est ce qui explique qu’on ne la trouve pas encore partout.

Pour résumer

  • Il existe trois grandes façons de faire de la fibre
  • Le FTTH est la méthode maîtresse
  • Ses débits sont très largement supérieurs,
  • mais elle n’est pas déployée partout

Fibre Optique : tout comprendre sur son déploiement

Comment savoir à quelle technologie je suis éligible ?

Pendant un temps, les opérateurs ne s’embarrassaient pas de la distinction, tout était considéré comme de la fibre. Ce n’est plus le cas depuis un arrêté de 2016 pris par le ministre de l’Économie de l’époque, Emmanuel Macron. Les opérateurs sont désormais tenus d’indiquer le type de raccordement. Un arrêté d’ailleurs fortement critiqué par SFR qui est le principal utilisateur de FTTB et FFTLA, puisqu’il s’appuie sur le réseau cuivre de Numericable. Les avantages d’hier sont les inconvénients d’aujourd’hui. Au point que SFR est désormais le seul FAI à ne pas proposer uniquement des offres fibre FTTH.

Autrement dit, si Bouygues, Free ou Orange, vous proposent de la fibre, c’est qu’il s’agit de FTTH. SFR l’indique désormais lors du test d’éligibilité, il suffit de lire. Un autre bon moyen de vérifier qu’il s’agit de FTTH est de se fier aux débits descendants : s’ils sont inférieurs à 100 Mb/s, ce n’est pas de la vraie fibre. Au-dessus c’est le cas. Si vous n’êtes éligible qu’aux technologies xDSL, cela sera indiqué clairement. Et vous le verrez très vite sur les débits proposés. Pour vous faciliter la tâche vous pouvez notre comparateur d’abonnements Internet qui vous proposera une vue d’ensemble des offres et des débits disponibles chez vous.