Le Meizu M3E est désormais disponible en France. Il s’agit de la version améliorée du Meizu M3, sorti uniquement en Chine. Nous avons eu l’occasion de le prendre en main.

En Chine, Meizu a commercialisé le M3, un smartphone à petit prix, avant d’officialiser le M3E en août. En quelques mots, ce qu’il faut retenir c’est que cette version floquée d’un « E » est légèrement améliorée par rapport à son grand frère.

Il bénéficie, entre autres, d’un design plus soigné ainsi que d’un OS et d’un processeur différents. Et surtout, comme prévu, il a également la particularité d’être désormais disponible en France. Nous avons eu l’occasion de mettre la main dessus pour un test express. Nous vous livrons ici nos impressions.

Un design métallique bien soigné

Le Meizu M3 originel manquait cruellement d’élégance avec une coque en plastique peu esthétique. Sur la variante M3E, le dos se pare d’une belle couche d’aluminium. Le noble matériau rend la prise en main vraiment très confortable. Notons tout de même qu’il alourdit aussi l’appareil. Le Meizu M3E pèse en effet 172 grammes contre 132 pour son prédécesseur.

En dehors de cela, les bords du téléphone sont vraiment bien biseautés et permettent de tenir confortablement le terminal dans le creux de la main. D’autant plus que l’arrière métallisé a l’avantage de ne pas être trop glissant. En outre, le capteur photo ne dépasse pas et ne vient donc pas gâcher l’homogénéité.

Sur la face avant, la copie est également relativement réussie. On regrette cependant un cadre un peu trop épais de part et d’autre de l’écran, mais cela n’est pas rédhibitoire. Sur la partie inférieure, il n’y a qu’un seul et unique bouton et celui-ci sert à tout : (dé)verrouillage, navigation et lecteur d’empreintes. Cette touche n’est presque pas renfoncée par rapport au reste de la surface avant, mais elle est délimitée par un très fin contour en métal.

Ainsi à première vue, on pourrait prendre le Meizu M3E pour un concurrent des plus grands noms du marché du mobile. Le port micro USB nous ramène malheureusement à la réalité. Un smartphone sorti en 2017 devrait être doté du Type-C. On pourrait éventuellement contre-argumenter en avançant le fait que le terminal est déjà disponible en Chine depuis août dernier.

L’unique haut-parleur ainsi que la sortie jack se situent sur la tranche inférieure tandis que les contrôles du volume sont placés à droite. Le double port nano SIM (ou nano SIM + micro SD) est, quant à lui, à gauche.

Un écran convenable

Après l’avoir utilisé pendant un peu plus de deux jours, dans des conditions très variées, je n’ai pas été déçu par l’écran IPS Full HD du Meizu M3E. Ce dernier dispose d’une dalle de 5,5 pouces et s’est révélé satisfaisant en termes de luminosité. Dans un environnement très lumineux, je n’ai presque pas eu à plisser les yeux. Le fabricant chinois annonce sur sa fiche technique un luminosité maximale de 450 cd/m², ce qui est loin d’être mauvais.

Le contraste indiqué sur les caractéristiques cependant n’est pas terrible avec un rapport de seulement 1 000:1. Ce n’est pas catastrophique, loin de là, mais cela peut être considéré comme le strict minimum pour assurer une expérience décente. Quant à la température des couleurs, j’ai trouvé l’écran un peu trop bleu, mais il est possible de régler ce détail dans les paramètres pour obtenir un résultat satisfaisant.

Une interface un peu vide

Le Meizu M3E tourne sous Android 6.0 Marshmallow, à quoi s’ajoute l’interface maison FlyMe OS. Le rendu m’a laissé un peu mitigé. Dans l’ensemble, j’ai trouvé que le tout était un peu vide. Notez déjà que la suite Google n’est pas préinstallée, avec ce que cela peut comporter comme (avantages et) inconvénients.

Le panneau de notifications n’est pas mauvais et regroupe en un seul et même écran les raccourcis et les alertes. Comme beaucoup de systèmes d’exploitation proposés par des constructeurs chinois, FlyMe OS n’a pas de tiroir d’applications. Les icônes se rangent toutes sur différentes pages dans l’accueil.

Un léger toucher sur le bouton en façade permet de revenir à l’écran précédent tandis qu’un clic ramène sur la page d’accueil. Cela ne pose pas trop de problèmes dans l’ensemble. Néanmoins, j’ai eu plus de difficultés à m’habituer au mode multifenêtre. En effet, pour afficher celui-ci il faut glisser le doigt de bas en haut, en partant du bord de l’écran.

Parmi les fonctionnalités de base, on trouve l’application Boîte à outils. Celle-ci permet d’accéder à la lampe de poche, à la boussole, ou encore au niveau. On note également la présence d’autres options plus inopinées telles que Loupe (qui consiste en un simple zoom) ou Miroir, qui permet de prendre des selfies modifiés à l’instar de Photo Booth sur MacOS ou iPad.

Enfin, mon détail préféré est certainement l’indispensable Règle. Grâce à elle, vous pourrez mesurer des objets en les posant sur l’écran ou à côté. Il vous suffit de faire glisser les limites en pointillé pour qu’elles s’alignent avec ledit objet. Le ME3 affichera ainsi sa taille. Notez que la limite de la règle est de 10,05 cm, évitons donc les blagues salaces.

En termes d’affichage, si vous trouvez que les icônes sont trop petites, vous pouvez activer le mode « Facile extra-large » qui agrandit la taille des boutons. Faites attention : l’esthétique de l’interface en prend un coup. Toujours sur l’affichage, quelques erreurs ou bugs — appelez ça comme vous voulez — se sont glissés par-ci, par-là. En envoyant un fichier sur Google Drive, les mots « Enregistrer » et « Annuler » semblent fusionner pour former le terme inédit « Annulerenregistrer ». En outre, quand j’ai voulu accéder aux thèmes de personnalisation, j’ai pu me rendre dans l’onglet « Ma ». Je cherche toujours ce que cela signifie.

Photo : des couleurs délavées

Le capteur photo Sony IMX 258 bénéficie d’une définition de 13 mégapixels. Celui-ci s’en sort assez bien en termes de balance des blancs (le blanc des images ressemble bien à celui de la réalité). En ce qui concerne le niveau de détails, c’est plutôt moyen — sans être catastrophique — et il y a du bruit sur un bon nombre de clichés.

Enfin, malgré la balance des blancs correcte, les couleurs semblent un peu trop délavées et ne ressortent pas vraiment très bien. Cela s’explique sans doute par un mauvais contraste.

Cette tendance à délaver les couleurs se fait également ressentir sur les photos prises avec un flash.

Performances

Avec la variante MT6755 du Helio P10 — contre MT6750 sur le M3 — le Meizu M3E se cantonne à des caractéristiques modestes. Son processeur à huit cœurs, cadencé à 1,8 GHz, est couplé à 3 Go de RAM. Avec cette combinaison, il est possible de profiter sans problème de la plupart des fonctionnalités du téléphone.

C’est sur les jeux gourmands que j’ai remarqué des soucis plus importants. Par exemple, moins de dix minutes après avoir lancé Asphalt 8 : Airborne, des ralentissements se faisaient déjà ressentir à intervalles réguliers.

 Meizu M3EHuawei P9 LiteSony Xperia XA
SoCMediatek MT6755 Helio P10Kirin 650Mediatek MT6755 Helio P10
AnTuTu47 427 points53 530 points47 886 points
PCMark4 030 points5 337 points4 789 points

À l’exercice des benchmarks, le Meizu M3E souffre de la comparaison avec d’autres smartphones situés dans la même gamme de prix, surtout par rapport au Huawei P9 Lite. C’est donc globalement décevant.

Une autonomie satisfaisante

La batterie de 3 100 mAh a l’air de pouvoir tenir le coup pendant deux jours en utilisation normale. Néanmoins, elle s’est très vite épuisée pendant les sessions de jeu prolongées. Heureusement, l’accumulateur bénéficie de la recharge rapide et Meizu tient bien ses promesses à ce niveau-là avec une récupération de 0 à 50 % de la batterie en un tout petit peu plus de 30 minutes.

Prix et disponibilité

Le Meizu M3E est déjà disponible en France pour un prix conseillé de 249 euros, mais il peut être trouvé à environ à 226 euros sur Amazon. C’est tout de même une centaine d’euros de plus que le tarif de lancement de son prédécesseur.

Enfin, le M3E se décline en deux versions de 32 Go : Gris et Silver (argenté).

Note finale du test 6/10
Le Meizu ME3 n'est pas dénué de bonnes intentions, notamment par son design vraiment très élégant. Néanmoins, à cause d'une interface un peu trop pauvre, d'un appareil photo moyen et de performances décevantes, nous ne pourrons pas vraiment recommander ce téléphone juste parce qu'il est beau.

Dans la même gamme de prix, vous pouvez trouver le Samsung Galaxy A5 et son excellente autonomie, le Sony Xperia XA et son apparence bien travaillée ou encore le Huawei P9 Lite et son très bon écran.